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KOCHI : Appel aux gouvernements lors d’une réunion …

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KOCHI : Appel aux gouvernements lors d’une réunion clé pour protéger l’Antarctique et sa faune face à une crise climatique croissante

La 46e réunion consultative du Traité sur l’Antarctique (ATCM) commence cette semaine à Kochi, en Inde, alors que l’inquiétude grandit devant les impacts de la crise climatique, des activités humaines et de la grippe aviaire sur les écosystèmes fragiles et la faune emblématique de l’Antarctique.

La Coalition pour l’Antarctique et l’Océan Austral (ASOC) appelle les Parties au Traité sur l’Antarctique à faire appel à l’esprit de collaboration au cœur du Traité et à saisir cette opportunité pour adopter des mesures solides visant à réduire et prévenir les impacts sur les écosystèmes antarctiques.

En réponse à une expansion constante du tourisme en Antarctique, la réunion de l’ATCM de cette année se concentrera spécifiquement sur ce phénomène et ses impacts. Elle devrait commencer à travailler sur un cadre approfondi en vue de réguler l’impact croissant des visiteurs en Antarctique. Ce cadre contiendra des règles et réglementations contraignantes. L’ASOC plaide en effet pour une approche holistique et une protection qui devra être rapidement renforcée en accord avec l’objectif du Cadre mondial pour la biodiversité de la Convention sur la diversité biologique, visant à protéger au moins 30 % des terres et des mers.

« La mise en place d’une réglementation stricte du tourisme a été retardée depuis trop longtemps. Mais la prochaine ATCM offre une opportunité clé, celle d’adopter enfin des réglementations contraignantes et de prévenir les impacts sur la biodiversité de l’Antarctique. » a déclaré Claire Christian, Directrice exécutive de l’ASOC.

Le nombre croissant de touristes et de stations de recherche dans la région signifie également davantage de microplastiques et d’eaux grises – les eaux utilisées pour la toilette, la lessive, etc. – qui sont rejetés dans les eaux antarctiques. Les rejets d’eaux grises, qui contiennent souvent des fibres de microplastiques issues de tissus synthétiques, ne sont pas réglementés à l’heure actuelle. Des microplastiques ont d’ores et déjà été détectés dans les eaux et les espèces antarctiques. Pour lutter contre cette menace émergente, l’ASOC et ses membres appellent l’ATCM à imposer des conditions plus strictes aux navires et aux stations de recherche.

L’ASOC soutient également la désignation du manchot empereur en tant qu’espèce spécialement protégée. L’espère est en effet menacée par des déclins démographiques significatifs d’ici 2100 en raison du changement climatique accéléré dans la région. La proposition est étayée par une récente étude du British Antarctic Survey, qui a constaté que des niveaux records de banquise ont causé la mort de colonies entières de poussins de manchots empereurs l’année dernière et a averti que leurs populations pourraient chuter de 99 % d’ici la fin du siècle. L’ATCM qui n’avait pu parvenir à un consensus sur cette proposition les années précédentes malgré des éléments de preuves indiscutables, doit maintenant agir pour protéger cette espèce emblématique.

L’ASOC et ses partenaires Deutsche Umwelthilfe et l’Agence fédérale allemande pour l’environnement, ainsi que le Centre national de recherche polaire et océanique en Inde, lanceront également un programme « Jeunesse pour l’Antarctique » et organiseront des activités avec des enfants à Kochi. Le 22 mai, une fresque en terre cuite représentant huit espèces emblématiques de l’Antarctique réalisée par des enfants et des jeunes locaux sera dévoilée aux délégués avant d’être ouverte au public au Centre national de recherche polaire et océanique à Goa, en Inde.

Pour plus d’informations veuillez cliquer ici.

Déclarations des partenaires

« Que ce soit par le stockage de carbone, l’apport en nutriments ou la production d’oxygène, toutes les espèces antarctiques sont essentielles à l’existence humaine sur la planète Terre. Mais les menaces imminentes du changement climatique, de la pêche concentrée et de la pollution mettent en péril les fonctions essentielles de l’océan Austral de l’Antarctique. Les dirigeants mondiaux ont convenu de protéger au moins 30 % de l’océan d’ici 2030, et peuvent faire un premier pas vers cet objectif en désignant des protections marines dans la péninsule Antarctique en octobre prochain lors de la réunion annuelle de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR). En protégeant 30 % de l’océan Austral, les dirigeants démontreront qu’ils prennent au sérieux leur responsabilité en tant que gardiens de l’environnement. » a déclaré Andrea Kavanagh, directrice du Projet Pew Bertarelli Ocean Legacy. 

« La crise climatique évolue à un rythme alarmant – et la cryosphère, élément critique de l’équilibre écologique de notre planète, supporte le poids de cette crise dont la rapidité et la sévérité sont sans précédent. Comme notre rapport sur l’état de la cryosphère 2023 l’a averti, même un réchauffement mondial à 2°C signifierait la perte de portions significatives des deux calottes glaciaires polaires, ce qui entraînera une montée catastrophique et irréversible du niveau de la mer. L’ATCM doit reconnaître de toute urgence l’importance mondiale du « service écosystémique » le plus essentiel rendu par l’Antarctique. Elle doit permettre le maintien de calottes glaciaires intactes grâce à une action suffisamment urgente pour réduire les émissions de combustibles fossiles, et ainsi ralentir les impacts du changement climatique sur les régions vulnérables éloignées des pôles. Le sort de l’Antarctique, et donc de la planète telle que l’humanité l’a connue, est en jeu. » – a déclaré Pam Pearson, directrice de l’ICCI.

« La menace imminente des crises climatique et de la biodiversité met en péril les fonctions essentielles de l’Antarctique et de son océan Austral environnant. Les Parties à l’ATCM, ainsi que les membres de la CCAMLR, qui se réuniront plus tard en octobre, ont l’impérieuse responsabilité d’agir pour protéger cet écosystème vital et toutes les espèces clés qui dépendent d’un habitat sain, y compris le charismatique manchot empereur » a déclaré Emily Grilly, responsable de la conservation de l’Antarctique, WWF-Australie.

« Les enfants et les générations futures devront affronter les pires conséquences de la crise climatique et de la biodiversité. Les dirigeants doivent de toute urgence les écouter et garder à l’esprit leur avenir lorsqu’ils se réunissent à l’ATCM et à la CCAMLR. En respectant leur promesse de protéger 30 % de l’océan et des terres d’ici 2030, ils peuvent non seulement sauvegarder la biodiversité antarctique, mais aussi contribuer à la stabilité climatique de notre planète. Les générations futures ont encore une chance de s’émerveiller de la biodiversité et des merveilles uniques de l’Antarctique et de l’océan Austral. Pour que cela soit possible, les dirigeants doivent agir maintenant. » a déclaré Sascha Müller-Kraenner, directeur exécutif de Deutsche Umwelthilfe.