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JOHANNESBURG : NJ Ayuk : « Si vous voulez faire des affaire…

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JOHANNESBURG : NJ Ayuk : « Si vous voulez faire des affaires en Afrique, vous devez investir dans les Africains »

La Chambre africaine de l’énergie sonne la charge contre les événements délocalisés et l’exclusion des talents africains du secteur.

Le coup de sifflet a retenti. Dans une offensive percutante, la Chambre africaine de l’énergie (AEC) monte au créneau pour dénoncer une pratique jugée inacceptable : l’organisation d’événements majeurs sur l’énergie africaine hors du continent, et pire encore, par des entités qui écarteraient systématiquement les professionnels africains de leurs équipes dirigeantes. Un tacle virulent qui vise à redéfinir les règles du jeu et à replacer l’Afrique au centre de son propre destin énergétique.

Le terrain de jeu est mondial, les enjeux colossaux, mais pour l’AEC (https://EnergyChamber.org), le match doit se jouer à domicile.

La Chambre, qui se pose en ardent défenseur du secteur, condamne fermement cette « fracture frontalière » qui voit les discussions stratégiques sur les ressources du continent se tenir à des milliers de kilomètres, sans ses principaux acteurs.

Un carton rouge brandi à l’exclusion

Dans le viseur de l’AEC : des organisateurs comme Frontier Energy Network. L’accusation est grave. Leur événement phare, l’Africa Energy Summit, se déroule à Londres et, selon la Chambre, n’emploierait aucun professionnel noir à des postes de responsabilité. Une stratégie d’exclusion qui heurte de plein fouet les politiques de « potentiel local » que les nations africaines s’efforcent de promouvoir.

« Le potentiel local ne commence pas à la tête de puits, mais par le choix des personnes embauchées, celles à qui l’on donne du pouvoir et celles qui dirigent », martèle l’organisation.

L’AEC rappelle que si elle se bat pour garantir un environnement stable et juste pour les investisseurs internationaux, ce partenariat doit être une voie à double sens. L’Afrique ouvre ses marchés, mais les plateformes qui façonnent son avenir doivent en retour investir dans ses talents.

NJ Ayuk, le capitaine monte au front

Porte-voix de cette contre-attaque, NJ Ayuk, le président exécutif de l’AEC, ne mâche pas ses mots. Son intervention est un plaidoyer passionné, une harangue de capitaine pour remobiliser les troupes et exiger le respect.

« Tenter de briser les barrières pour les Noirs et les femmes dans le secteur pétrolier et gazier est un combat ancien et ultime. Je suis tout à fait favorable au « Drill Baby Drill », mais nous avons également besoin du « Hire Baby Hire ». La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des Noirs et des femmes qualifiés, pleinement capables de s’engager dans le secteur pétrolier et gazier s’ils en ont l’accès et l’opportunité. En tant qu’Africains, nous ne pouvons pas continuer à accepter un modèle dans lequel les décisions concernant nos ressources sont prises sans nous », a déclaré NJ Ayuk.

Il poursuit, ciblant directement les pratiques qu’il dénonce : « L’African Energy Summit […] veut notre argent et notre soutien, mais ne veut pas faire affaire avec nous, ni nous embaucher et travailler avec nous. S’il n’investit pas en nous, nous n’investirons pas en lui. L’industrie pétrolière et gazière devrait cesser de soutenir cette pratique. […] Je n’appelle pas à un boycott pour l’instant, mais si nous ne voyons aucun engagement à embaucher des Noirs, nous nous réservons le droit de faire pression sur les gouvernements africains et le secteur privé pour qu’ils ne participent pas ».

Les champions du jeu à domicile

Pour prouver que la victoire est possible, l’AEC met en avant les exemples de fair-play. Des organisateurs comme DMG Events, avec des rendez-vous comme l’Egypt Energy Show au Caire, démontrent qu’excellence mondiale et promotion des talents locaux sont parfaitement compatibles. De même, l’African Energy Week (AEW) au Cap et le Forum des PDG africains à Kigali s’imposent comme des modèles. Ces événements majeurs, organisés sur le continent par des équipes africaines, prouvent que l’Afrique a la capacité et la légitimité de piloter sa propre stratégie, attirant des délégations du monde entier. Ils sont la preuve vivante qu’une vision globale et une appropriation africaine se renforcent mutuellement.

Pour l’AEC, le message est limpide : l’Afrique n’est pas un simple cas d’étude à analyser depuis l’étranger. Elle est l’acteur principal de son avenir énergétique. Le match pour la reconnaissance et l’inclusion ne fait que commencer.

via PA Sport.