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JOHANNESBURG : NJ AYUK : « Les centres de données et l’IA sont des catalyseurs d’investissement et d’innovation »

L’African Energy Week 2026 lance un volet dédié à l’IA pour lier transformation numérique et investissements énergétiques sur le continent.

La Chambre africaine de l’énergie (AEC) a annoncé ce jour l’intégration d’un volet inédit consacré à l’intelligence artificielle (IA) et aux centres de données lors de la prochaine conférence African Energy Week (AEW). L’événement, qui se tiendra du 12 au 16 octobre 2026 au Cap, ambitionne de positionner le développement des infrastructures numériques comme un levier majeur pour attirer des investissements énergétiques à l’échelle du gigawatt et lutter contre la précarité énergétique en Afrique.

Cette nouvelle plateforme, pilotée par l’AEC (https://www.energychamber.org/), vise à réunir décideurs politiques, investisseurs et experts technologiques pour élaborer une stratégie commune. L’objectif est clair : utiliser la demande croissante et prévisible générée par les centres de données pour financer et développer la production d’électricité sur le continent.

Une demande énergétique mondiale en pleine mutation

L’initiative de l’AEC s’inscrit dans une tendance mondiale où les centres de données, indispensables à l’IA, au cloud et aux services numériques, deviennent l’une des principales sources de croissance de la demande d’électricité. À l’échelle planétaire, les besoins en alimentation électrique continue pour les seuls équipements informatiques devraient atteindre 249 GW d’ici 2030, pour une capacité installée totale estimée à 374 GW. Ce virage structurel représente à la fois un défi et une formidable opportunité pour les marchés énergétiques.

L’Afrique, un marché à fort potentiel

Bien que la pénétration des centres de données en Afrique ait été plus modérée jusqu’à présent, les investissements s’accélèrent. L’Afrique du Sud mène la danse avec des zones cloud de Microsoft et AWS déjà opérationnelles, bientôt rejointes par Google. Le Kenya, de son côté, dispose d’une capacité de charge informatique de 40 MW et anticipe un taux de croissance annuel composé de 30 % jusqu’en 2028.

Cependant, des investissements massifs restent nécessaires pour accompagner une évolution numérique fulgurante, marquée par une utilisation des données qui devrait quadrupler par appareil mobile d’ici 2028. De plus, les exigences croissantes en matière de faible latence et le renforcement des réglementations sur la souveraineté des données poussent les acteurs à privilégier des infrastructures locales plutôt que de dépendre de l’Europe, renforçant l’attrait pour des centres de données nationaux.

Une opportunité stratégique pour le continent

Cette dynamique coïncide avec une demande énergétique africaine qui, selon les projections, devrait plus que doubler d’ici 2040. Dans ce contexte, l’Afrique peut façonner sa croissance énergétique en l’alignant directement sur les besoins de l’économie numérique émergente.

« L’Afrique dispose d’une occasion unique de dépasser les systèmes hérités en alignant sa croissance énergétique sur l’économie numérique. Les centres de données et l’IA ne sont pas seulement des consommateurs d’énergie : ce sont des catalyseurs d’investissement, d’innovation et d’accès. Si nous structurons cela correctement, nous n’alimentons pas seulement des serveurs ; nous alimentons des économies et comblons le fossé d’accès à l’énergie à grande échelle. Nous allons lancer une révolution des centres de données et de l’IA au Cap », déclare NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC.

Un nouveau paradigme pour l’investissement énergétique

Le volet « IA et centres de données » de l’AEW 2026 propose de redéfinir le discours. Plutôt que de considérer ces infrastructures comme des projets isolés, la plateforme les présente comme une demande phare, prévisible et bancable, capable de débloquer des projets de production d’électricité à grande échelle. Ces centres, en nécessitant des volumes importants d’énergie fiable, justifient la construction de nouvelles capacités de production et l’extension des réseaux, ce qui bénéficiera in fine à l’ensemble des marchés locaux en consolidant les systèmes énergétiques nationaux.

L’AEC travaillera également avec les gouvernements pour adapter les cadres réglementaires et fiscaux afin de stimuler cette double expansion, numérique et énergétique. En intégrant cette thématique au cœur de l’AEW 2026, la Chambre africaine de l’énergie positionne l’Afrique pour capter une demande mondiale en plein essor et, par la même occasion, redéfinir sa propre trajectoire énergétique.