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JOHANNESBURG : Énergie – La Chambre africaine appelle…

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JOHANNESBURG : Énergie – La Chambre africaine appelle au boycott des entreprises excluant les talents noirs

Face aux pratiques discriminatoires, la Chambre africaine de l’énergie menace de boycott les acteurs du secteur pétrolier refusant l’inclusion locale.

Alors que le secteur des hydrocarbures connaît une expansion significative sur le continent, la question de la répartition des bénéfices et de l’emploi local devient un point de friction majeur. Ce lundi 16 février 2026, la Chambre africaine de l’énergie (AEC) (http://EnergyChamber.org) hausse le ton. L’organisation dénonce vigoureusement les discriminations à l’embauche qui persistent au sein de certaines institutions opérant en Afrique et menace de lancer des actions de boycott ciblées.

Pour l’AEC, la défense de l’industrie pétrolière et gazière contre les « militants anti-énergie » occidentaux ne peut être légitime que si elle profite directement aux populations locales. « L’Afrique ne peut se permettre de suivre cette voie » de restrictions énergétiques, martèle l’organisation, tout en soulignant que le soutien à cette industrie est vital pour la souveraineté économique du continent. Cependant, ce soutien est conditionné par une exigence de justice sociale et d’accès à l’emploi pour les Africains.

L’inclusion comme impératif économique

L’argumentaire de la Chambre repose sur un constat pragmatique : pour contrer le scepticisme des populations vis-à-vis de l’exploitation des ressources, l’industrie doit apporter des réponses concrètes en matière d’emplois. « Où sont les emplois et les opportunités ? », s’interroge l’organisation, rappelant que « attendre de l’industrie qu’elle crée des emplois pour les Africains n’est pas radical, c’est juste ».

Le communiqué met en lumière les progrès déjà réalisés, citant l’émergence de dirigeants africains au sein d’entreprises comme Seplat, Renaissance Energy, Oando ou encore Etu Energias. Ces réussites sont souvent le fruit de pressions gouvernementales en faveur du contenu local, exercées par des régulateurs au Nigeria, en Angola ou au Ghana. « L’inclusion stimule la croissance, et lorsque ce secteur se développe, tout le monde y gagne. C’est tout simplement une bonne affaire », analyse la Chambre.

Frontier Energy Network et le sommet « Africa Energies » dans le viseur

Malgré ces avancées, l’AEC pointe du doigt des résistances tenaces. L’organisation cible explicitement Frontier Energy Network et son dirigeant, Daniel Davidson, accusés de maintenir des pratiques d’embauche excluant les professionnels noirs. « Les pratiques d’embauche de Frontier Energy Network […] sont inacceptables. Point final », tranche le communiqué.

L’AEC critique sévèrement l’attitude de ces institutions qui cherchent à profiter des marchés africains tout en refusant un accès équitable à l’emploi. L’organisation utilise une métaphore sportive pour décrire cette exclusion : « Lorsque Daniel Davidson refuse d’embaucher des professionnels noirs […] c’est comme un quarterback borgne qui ne voit que la moitié du terrain ».

Une menace de boycott « légal et sélectif »

Face à l’absence d’évolution, la Chambre africaine de l’énergie annonce envisager « un boycott ciblé, légal et sélectif » contre les entités ne respectant pas les principes d’inclusion. L’avertissement s’adresse également aux ministres et régulateurs africains participant au sommet « Africa Energies Summit ».

« Les ministres et les régulateurs africains […] ne peuvent pas prétendre valoriser le potentiel local tout en s’alignant sur des institutions qui refusent d’embaucher des professionnels noirs », prévient l’AEC. Elle appelle également les entreprises partenaires et les investisseurs, tels que TGS, à choisir leur camp, citant Martin Luther King : « Il arrive un moment où le silence est une trahison ».

Ultimatum et dialogue

L’organisation indique qu’elle engagera le dialogue avec les responsables africains et les dirigeants du secteur « au cours des prochaines semaines » pour obtenir des engagements clairs. Si les professionnels du pétrole sont qualifiés de « gens bien » essentiels à la sécurité énergétique, la Chambre prévient qu’elle exercera son « droit légitime de protester » en l’absence de progrès.

« Nous ne pouvons pas répéter les erreurs du passé ni donner aux extrémistes anti-pétrole l’occasion de dire aux jeunes Africains : « Nous vous l’avions bien dit » », conclut la Chambre, réaffirmant que l’avenir énergétique de l’Afrique ne peut se construire sur l’exclusion.