PARIS : Vacances – Près de 4 Français sur 10 toujours…
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PARIS : Vacances – Près de 4 Français sur 10 toujours privés de départ
Une étude du cabinet Astères révèle que 39 % des Français ne partent pas en vacances, pointant des freins structurels et proposant des solutions.
Alors que la France s’apprête à célébrer, le 20 juin 2026, le 90ème anniversaire de la loi sur les congés payés, une conquête emblématique du Front populaire, la réalité de l’accès aux vacances reste marquée par de profondes inégalités. Une étude inédite publiée ce jour par le cabinet Astères, mandaté par le fonds de dotation Essentiem, dresse un constat saisissant : en 2025, 39 % des Français, soit 22 millions de personnes de 15 ans et plus, ne sont pas partis en vacances.
Le phénomène est loin d’être conjoncturel. L’analyse révèle l’existence d’un « noyau dur » de 22 % de non-partants systématiques, qui n’ont pris aucun séjour sur une période de trois années consécutives. Si la France se classe au 7ème rang européen en matière de taux de départ, elle est l’une des seules grandes économies d’Europe occidentale à ne pas avoir progressé entre 2015 et 2024, contrastant avec les améliorations notables de ses voisins.
Un phénomène massif aux freins multiples
Le frein financier est la première cause de non-départ citée par 38 % des Français concernés, un chiffre qui grimpe à 65 % pour les seules vacances d’été. Cependant, l’étude souligne que l’argent n’explique pas tout. La situation des seniors en est l’illustration la plus frappante : chez les plus de 65 ans, dont le taux de non-départ atteint 60 %, les raisons de santé (citées par 43 %) et le désintérêt (36 %) supplantent les motifs financiers (25 %).
L’enquête met également en lumière un puissant déterminisme social. Parmi les adultes qui ne partiront pas en vacances, 64 % déclarent n’être jamais partis durant leur jeunesse. Cette absence de pratique vacancière durant l’enfance semble installer un éloignement durable, une sorte d’autocensure qui dépasse la simple contrainte budgétaire.
Des inégalités structurelles au-delà du revenu
L’un des apports majeurs de l’étude est de démontrer l’existence de freins structurels indépendants des ressources financières. À niveau de revenu médian comparable, les employés partent nettement plus que les ouvriers. Cet écart suggère un accès inégal aux dispositifs d’aide collectifs, comme les comités sociaux et économiques (CSE) et les chèques-vacances, plus répandus dans les grandes entreprises et le secteur tertiaire.
Les disparités territoriales sont également considérables. Le taux de non-départ atteint 49 % dans les communes rurales de moins de 2 000 habitants, contre seulement 28 % dans l’agglomération parisienne. Cet écart de 21 points reflète des différences de revenus mais aussi un accès plus limité aux infrastructures de transport. Enfin, le non-recours aux aides existantes amplifie le phénomène : en 2021, 39 % des personnes éligibles aux aides sociales n’y recouraient pas, de plus en plus par frein psychologique (crainte de la stigmatisation, volonté d’autonomie) que par simple manque d’information.
Sept propositions pour agir sans dépense publique
Face à ce constat, le cabinet Astères formule sept propositions concrètes, articulées autour de la mobilisation de ressources existantes, sans augmentation significative de la dépense publique.
Côté demande, l’étude suggère de créer une « Prime vacances » en versant une partie des primes annuelles en mai, mois clé pour les réservations. Elle préconise aussi de généraliser le don de jours de congés, monétisés par l’entreprise et reversés à des opérateurs du tourisme social. Pour les 18-25 ans, un « Pass vacances Jeunes » distribué par tirage au sort pourrait être mis en place, sur le modèle du programme européen DiscoverEU.
Côté offre, les propositions visent à libérer des capacités d’hébergement. Il s’agirait d’ouvrir la plateforme d’aides VACAF à tous les hébergeurs professionnels (hôtels, campings) en échange de tarifs sociaux pour remplir leurs lits vacants en basse saison. L’étude propose aussi d’inciter les particuliers à mettre à disposition leurs résidences secondaires, via des mécanismes d’assurance ou des incitations fiscales, comme l’octroi d’une nuitée locative marchande supplémentaire pour chaque nuitée offerte à un public social. Enfin, le développement d’offres de transport régional à prix réduit, inspiré du Deutschlandticket allemand, est avancé pour favoriser un tourisme de proximité.
via Presse Agence.


