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JOHANNESBURG : Énergie – Eni confirme deux découverte…

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JOHANNESBURG : Énergie – Eni confirme deux découvertes majeures en Côte d’Ivoire et en Angola

Le géant Eni officialise deux découvertes majeures d’hydrocarbures en Côte d’Ivoire et en Angola, consolidant sa stratégie d’expansion sur le continent africain.

Le paysage énergétique africain continue de se redessiner sous l’impulsion des grandes compagnies internationales. Eni, le géant italien des hydrocarbures, vient d’annoncer, ce mois de février 2026, deux succès d’exploration significatifs qui valident sa double stratégie sur le continent : l’ouverture de nouvelles frontières géologiques et la maximisation des réserves à proximité des infrastructures existantes.

Ces découvertes, réalisées respectivement en Côte d’Ivoire et en Angola, interviennent dans un contexte où la sécurité énergétique et l’industrialisation sont devenues des priorités absolues pour les économies africaines. Selon la Chambre africaine de l’énergie (AEC), ces résultats confirment l’attractivité intacte du sous-sol africain pour les investisseurs mondiaux.

Une percée stratégique en Côte d’Ivoire

La première annonce concerne la Côte d’Ivoire, pays qui s’affirme de plus en plus comme un hub énergétique régional. Eni a foré avec succès le puits d’exploration « Murene South-1X » dans le bloc CI-501. Cette opération, techniquement complexe, a été réalisée à une profondeur d’eau impressionnante d’environ 5 000 mètres. Les travaux ont permis de confirmer la découverte de « Calao South », située dans le complexe géologique du canal de Calao.

Les données techniques sont prometteuses : le puits a rencontré des sables du Cénomanien de haute qualité, présentant d’excellentes propriétés pétrophysiques. Les estimations préliminaires des ressources font état de volumes considérables : environ 5 000 milliards de pieds cubes de gaz et 450 millions de barils de condensats. Bien que des tests complets de la tige de forage soient encore nécessaires pour évaluer précisément la capacité de production, l’ampleur de ces ressources laisse présager une transformation radicale du marché gazier ivoirien.

Cette découverte vient compléter le développement rapide du champ « Baleine », également opéré par Eni. Ce dernier produit actuellement plus de 62 000 barils de pétrole et 75 millions de pieds cubes de gaz par jour (phases 1 et 2). La phase 3 prévoit une montée en puissance spectaculaire, visant 150 000 barils de pétrole et 200 millions de pieds cubes de gaz quotidiens. Ce modèle de développement par phases illustre la capacité d’Eni à convertir rapidement l’exploration en production, soutenant ainsi la génération d’électricité locale et les besoins industriels ivoiriens.

L’Angola, pilier de la production pétrolière

En parallèle, Eni consolide ses positions en Afrique australe via sa coentreprise angolaise, Azule Energy. La société a annoncé le succès du puits « Algaita-01 » dans le bloc 15/06, situé dans le prolifique bassin du Bas-Congo. Foré par le navire de forage *Saipem 12000* à une profondeur d’eau de 667 mètres, ce puits a traversé des grès pétrolifères sur plusieurs intervalles du Miocène supérieur.

L’acquisition complète de données et l’échantillonnage des fluides ont permis d’estimer les ressources initiales à 500 millions de barils de pétrole. L’importance de cette découverte réside avant tout dans sa localisation stratégique : sa proximité immédiate avec le FPSO *Olombendo* (unité flottante de production, de stockage et de déchargement).

Cette approche, qualifiée d’exploration de proximité (« near-field »), permet de raccorder les nouveaux réservoirs aux infrastructures existantes. Cela réduit considérablement les coûts d’investissement et accélère la mise sur le marché des hydrocarbures. Pour l’Angola, producteur mature, ces découvertes additionnelles sont vitales pour maintenir la production nationale au-dessus du seuil symbolique d’un million de barils par jour, compensant ainsi le déclin naturel des champs historiques.

Une offensive continentale à 24 milliards d’euros

Ces succès s’inscrivent dans une campagne d’exploration beaucoup plus large menée par Eni à travers l’Afrique. La compagnie affiche des ambitions claires en Afrique du Nord, prévoyant d’investir jusqu’à 24 milliards d’euros en Algérie, en Libye et en Égypte au cours des quatre prochaines années. Preuve de ce dynamisme, Eni a obtenu ce mois-ci la licence d’exploration offshore O1 en Libye, à l’issue du cycle d’octroi de licences de 2025.

L’entreprise mise également massivement sur le gaz naturel liquéfié (GNL) pour répondre à la demande mondiale. Des projets structurants comme « Congo LNG », dont la phase 2 a débuté en décembre 2025, et « Coral North » au Mozambique, lancé en octobre 2025, sous-tendent cette stratégie gazière ambitieuse.

Un signal fort pour l’attractivité africaine

Pour les représentants du secteur, ces annonces dépassent le simple cadre commercial. Elles valident la pertinence économique de l’exploration pétrolière et gazière en Afrique au 21ème siècle.

« Les récentes découvertes d’Eni en Côte d’Ivoire et en Angola envoient un signal fort au marché mondial, indiquant que l’Afrique reste ouverte, prometteuse et compétitive », analyse la Chambre africaine de l’énergie (AEC).

NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC, insiste sur le rôle moteur de ces ressources pour le développement : « Le pétrole et le gaz ne sont pas des vestiges du passé pour notre continent, ils sont le fondement de l’industrialisation, de la production d’électricité et de la souveraineté économique. Les entreprises qui continuent à explorer, à investir et à établir des partenariats avec les pays africains sont les moteurs d’un développement réel et d’une sécurité énergétique à long terme ».

D’après les informations de la Chambre africaine de l’énergie (https://energychamber.org/), ces découvertes devraient catalyser une nouvelle vague de dynamisme en amont sur le marché africain, offrant aux producteurs émergents comme aux acteurs établis des perspectives de résilience fiscale et de croissance durable.