Skip to main content

HYERES : Une conduite sous-marine d’alimentation en eau p…

Print Friendly, PDF & Email

Partager :

HYERES : Une conduite sous-marine d’alimentation en eau potable (Sealine) entre la presqu’île de Giens et Porquerolles »

Ce vendredi 24 mai 2024, Jean-Pierre Giran, président de la Métropole accompagné des financeurs et partenaires du projet, a inauguré la conduite sous-marine d’alimentation en eau potable entre la presqu’île de Giens et l’île de Porquerolles.

Longue de 5.2 km, reposant sur les fonds marins jusqu’à 18m de profondeur, la canalisation fonctionne en complément des pompages dans les nappes de Porquerolles, en été lorsque la population de l’ile peut atteindre les 15000 personnes par jour. Ce chantier hors normes, à fort enjeu environnemental, a été mené en deux phases en tout juste 11 mois. Cette saison, le Saint-Christophe, navire ravitailleur en eau depuis 2004, n’accostera pas à Porquerolles.

I – Conduite sous-marine d’alimentation en eau potable entre la presqu’île de Giens et Porquerolles : un chantier en mer et sur terre

Pourquoi une canalisation d’eau potable ?

  • Sécuriser l’approvisionnement en eau de l’île, tout en préservant l’esprit, la qualité de l’île et son patrimoine naturel.
  • Faire face aux consommations estivales (800 m3 /jour), sans augmenter les capacités actuelles.
  • Préserver les nappes souterraines de l’île.

La canalisation en chiffres

  • 5,2 km de long dont 5,1 km en mer
  • 200 mm de diamètre
  • Profondeur de fond jusqu’à 18 m
  • Débit journalier de 800 m3 soit un débit moyen de 34 m3 /h (9,4 l/s).

L’eau acheminée jusqu’à Porquerolles est issue de la nappe alluviale du Gapeau. La canalisation fonctionne en complément des pompages dans les nappes de Porquerolles, lorsque ces nappes permettent de subvenir aux besoins de l’île, la canalisation n’est plus sollicitée.

Coût de l’opération

Un total de 4 651 802 euros répartis ainsi :

  • Métropole TPM : 2 332 315 euros
  • Région : 1 319 172 euros
  • État : 1 000 315 euros

Deux phases de travaux

Diurnes, hors périodes estivales, week-ends et jours fériés

  • Janvier 2023 à fin avril 2023
  • Octobre 2023 à avril 2024

II – Un chantier à fort enjeu environnemental

De nombreuses autorisations environnementales durant les travaux

5 ans d’études, au titre de l’environnement, de la santé publique et de l’occupation du domaine public maritime, ont été nécessaires avant le lancement des travaux. Compte tenu de la nature du projet et du milieu marin, de nombreuses mesures ont été prises durant les travaux, afin d’éviter et réduire leur impact sur l’environnement et la biodiversité :

  • Contournement ou passage le plus court possible dans les herbiers de posidonies sur le tracé ;
  • Passage sur le plus long linéaire possible dans la zone d’interdiction de mouillage et de chalutage;
  • Raccordement sur la digue du port de Porquerolles, sans empiéter sur le cœur du Parc national de Port-Cros ;
  • Réduction de la turbidité et du risque pollution avec utilisation systématique de matériaux non polluants ;
  • Sur les parties terrestres, la canalisation a été cachée (enrochement, ponton refait à l’identique à la Tour Fondue) et les espaces requalifiés pour ne pas impacter les paysages ;
  • Suivis environnementaux, en particulier sur les grandes nacres, herbiers de Posidonie et Cymodocée.

Un chantier précis et à impact maitrisé

La conduite fonctionne de manière gravitaire et est maintenue au fond par des ancres à vis sur les fonds sableux, et à spire sur les herbiers de posidonie pour réduire l’impact sur les mattes. Le nombre d’ancrages a été optimisé : réduits au maximum et leur implantation privilégiée dans les zones dépourvues de posidonies. Au niveau des atterrages, la conduite est protégée par des coques en fonte pour éviter les dégradations dues aux bateaux.

Création d’une ZMEL

La création et la gestion d’une Zone de Mouillage et d’Équipements Légers (ZMEL) est prévue dans les 5 ans, comprenant jusqu’à une cinquantaine de postes d’amarrage.

III- La faune et la flore préservées durant le chantier

Une étude environnementale a été menée en amont des travaux pour mettre en évidence les espèces présentes sur le tracé et apporter des solutions techniques pour les préserver durant le chantier. Trois espèces ont été identifiées :

  • l’herbier de posidonie,
  • la cymodocée,
  • la grande nacre.

L’herbier de posidonie

  • Héberge une incroyable diversité biologique,
  • Offre des supports de fixation ainsi qu’une source de nourriture et d’abris aux animaux pour se cacher et se reproduire,
  • Produit de l’oxygène,
  • Absorbe le gaz carbonique.

Les posidonies, contre l’érosion

Sur les plages, les feuilles s’empilent en banquettes compactes et protègent de l’érosion. Qu’elle soit vivante ou morte, la posidonie est protégée au niveau national et européen. La Métropole TPM déploie des solutions durables et naturelles pour préserver la posidonie, comme le maintien en millefeuille, en banquettes pour fixer le sable et éviter qu’il soit entrainé au large.

La cymodocée

  • Plante à fleurs marine submergée ;
  • Se développe en milieu abrité entre la côte et les herbiers de posidonies, dans des parties peu profondes et aux eaux claires ;
  • Favorise la biodiversité ;
  • Protégée au niveau national et européen.

La grande nacre

  • Un des plus grands coquillages existants dans le monde, peut dépasser 1 mètre de haut ;
  • Vit à la verticale dans les fonds sableux, jusqu’à 40 ans ;
  • Évolue au milieu des posidonies, et est fragilisé par son recul ;
  • A une forme semblable à celle d’une moule, l’intérieur est en partie nacré ;
  • Classée en danger critique d’extinction ; espèce devenue très rare.

IV- L’eau à Porquerolles

Avec 300 habitants permanents, les 1 000 m3 de nappe phréatique de l’île de Porquerolles alimentée par des forages, suffisent à répondre aux besoins en eau potable l’hiver. Mais en saison estivale, avec jusqu’à 15 000 personnes par jour, l’île est dépendante de l’approvisionnement en eau. C’est le Saint-Christophe, un navire-citerne, qui effectuait depuis 2004 deux rotations quotidiennes en été pour pallier au manque. La Métropole TPM et la ville d’Hyères ont fait le choix de la conduite d’eau sous-marine entre Porquerolles et le continent pour faire face au déficit d’eau.

L’eau potable est devenue salée

Malgré de gros efforts, la demande en eau reste supérieure à la capacité de la réserve souterraine. Cette diminution des réserves d’eau souterraine pose un autre problème : la nappe phréatique se salinise. C’est-à-dire qu’en certains points, son niveau se trouve plus bas que celui de la mer. L’eau de mer progresse jusqu’à atteindre les captages d’eau potable.

Que devient l’eau de pluie sur l’île ?

  • 88% retournent dans l’atmosphère ;
  • 2% arrivent à la mer par les cours d’eau temporaires ;
  • 10% seulement s’infiltrent dans le sol et renouvellent la nappe phréatique.

La consommation d’eau

  • 80 m3/jour sont consommés en hiver sur l’île
  • 800 m3/jour en été

Source bulletin de Porquerolles février 2023

Depuis 2004, Porquerolles n’était plus indépendante du continent pour son approvisionnement en eau : elle était acheminée par bateau-citerne depuis le continent.

Le Saint Christophe, ravitailleur en eau

  • Construit à Toulon en 1950 ;
  • Capacité de 400 m3 d’eau douce dans ses cuves ;
  • Liaisons entre Port Pothuau aux Vieux Salins et les îles d’Or depuis 2004 ;
  • Deux livraisons quotidiennes en été.