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HYÈRES : Jacques GUILLAUME : « Les ZMEL sont des parkings à…

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HYÈRES : Jacques GUILLAUME : « Les ZMEL sont des parkings à bateaux »

À l’approche des municipales, l’UPNCR interpelle les candidats sur la multiplication des zones de mouillage organisées jugées liberticides.

La tension monte sur le littoral varois et provençal à quelques semaines du scrutin municipal de mars 2026. L’Union pour la Préservation d’une Navigation Côtière Responsable (UPNCR), qui fédère une quarantaine d’associations nautiques de la Côte Bleue au golfe de Saint-Tropez, lance une offensive médiatique et politique. Représentant près de 4 000 plaisanciers et 20 000 usagers avec leurs familles, l’organisation dénonce la prolifération des Zones de Mouillage et d’Équipements Légers (ZMEL), perçues comme une entrave majeure à la liberté de naviguer.

Une opposition philosophique au « parcage »

Pour les représentants de l’UPNCR, le modèle actuel de gestion du littoral trahit l’esprit même de la plaisance. Jean-Pierre Ardisson, vice-président de l’association, ne mâche pas ses mots concernant le ressenti des navigateurs : « À quoi bon acheter ou conserver un bateau si, dès qu’on quitte son port d’attache, c’est pour aller s’amarrer sur une bouée dans un parking à bateaux ? », s’interroge-t-il.

L’obligation de réserver sa place sur internet, parfois plusieurs jours à l’avance, pour se retrouver « bord à bord avec des inconnus, serrés comme des sardines », est vécue comme une contrainte insupportable. « Quand nous sortons en mer, c’est pour respirer l’air du large, se déconnecter un temps des contraintes terrestres […] et non pas réserver une bouée payante pour une nuitée comme dans les hôtels », ajoute M. Ardisson.

L’argument écologique remis en cause

Au cœur du conflit se trouve la justification environnementale de ces installations, officiellement déployées pour protéger les herbiers de posidonies. Dans une note d’information adressée aux candidats, Jacques Guillaume, président de l’UPNCR, conteste fermement cette approche. « Il n’a jamais été démontré scientifiquement que le mouillage des bateaux de petite et moyenne plaisance a un impact significatif sur les herbiers », affirme-t-il.

Le président va plus loin en citant des experts selon lesquels les herbiers seraient « en expansion constante », particulièrement dans la baie des îles d’Or, grâce à l’amélioration du traitement des pollutions terrestres. Pour l’association, la protection de l’environnement sert de prétexte à un projet global « tronçonné » pour éviter les études d’impact obligatoires, notamment sur l’effet domino reportant les navires d’une zone à l’autre.

Un modèle économique et sécuritaire critiqué

L’UPNCR pointe également du doigt le coût exorbitant de ces dispositifs pour les finances locales, alors que les budgets publics sont sous tension. « Le coût d’implantation de ces bouées « écologiques » avoisine les 10 000 € l’une », précise Jacques Guillaume, soulignant que ces dépenses s’accompagnent de frais d’entretien, de remplacement et de gestion lourds.

Selon l’association, la rentabilité n’est pas au rendez-vous : « Actuellement la quasi-totalité des ZMEL existantes sont déficitaires, les navigateurs ne s’amarrant aux bouées que très exceptionnellement, quand ils ne les boycottent pas purement et simplement ». Ce déficit structurel finit inévitablement par peser sur le budget général des communes ou celui des ports.

Sur le plan de la sécurité, les plaisanciers s’alarment du retrait des bouées en période hivernale. Cette pratique prive les navigateurs d’abris sûrs en cas de coups de vent d’Est ou d’Ouest, mettant en danger les biens et les personnes. De plus, l’association déplore « l’artificialisation des perspectives paysagères » causée par ces champs de bouées blanches, souvent inoccupées dès que le vent se lève.

Un ultimatum aux futurs maires

Face à ce qu’ils qualifient de « réduction drastique de leur droit inaliénable d’utilisation du Domaine Public Maritime », les plaisanciers menacent de sanctionner les élus dans les urnes. L’organisation note déjà une tendance inquiétante : de nombreux propriétaires, découragés, mettent leurs bateaux en vente, ce qui pourrait impacter durement la filière nautique locale.

L’UPNCR somme donc les candidats, et notamment ceux briguant la mairie d’Hyères et des communes littorales voisines, de clarifier leur position sur les vingt projets de ZMEL prévus ou existants sur les 45 kilomètres de côte entre Hyères et Saint-Tropez. « Nous aimerions connaître rapidement votre position sur ce sujet, essentiel pour les plaisanciers de votre Commune », conclut Jacques Guillaume, attendant des réponses claires avant le premier tour.