HYERES : Crise agricole – Max BAUER dénonce une « éco…
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HYERES : Crise agricole – Max BAUER dénonce une « écoute de terrain » défaillante
Après une visite ministérielle annulée, Max Bauer juge la nouvelle loi agricole insuffisante face à l’urgence et la détresse du secteur.
L’annulation de la visite de la ministre de l’Agriculture dans le Var, initialement prévue comme une journée d’échanges cruciaux, a déclenché une vive réaction de la part de Max Bauer, qui déplore une occasion manquée de dialogue direct avec une profession en souffrance. Cette décision, qui serait motivée par la mobilisation d’un petit groupe d’agriculteurs sur un rond-point, est perçue comme le symptôme d’une déconnexion entre les annonces politiques et la réalité vécue sur le terrain.

Dans une tribune, Max Bauer s’est fait le relais de la colère de ces exploitants qui, réunis à l’appel d’une intersyndicale (CR/FD-JA), voulaient simplement exprimer leur détresse.
Loin d’une simple posture, leur mécontentement traduit, selon lui, « l’exaspération d’un monde agricole lassé des promesses et écrasé par les contraintes ».
Ils ne veulent pas « crever la bouche ouverte », mais réclament des actes forts et immédiats.
Une loi d’urgence face aux réalités du terrain
Cette interpellation intervient alors même que la ministre a présenté ce mercredi 8 avril en Conseil des ministres la nouvelle loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles.
Présenté comme un texte « construit à partir du terrain », il s’articule autour d’un triptyque : libérer, protéger, construire.
Si le syndicaliste reconnaît la pertinence des intentions, il met en garde « contre des mesures dont les effets concrets se font toujours attendre, alors que l’urgence est palpable dans un département comme le Var ».
La richesse agricole varoise, de la viticulture à l’horticulture en passant par le maraîchage et l’élevage, est aujourd’hui fragilisée par une accumulation de défis : pression foncière, raréfaction de l’eau et une compétitivité minée par une bureaucratie jugée étouffante.
Libérer : des promesses face aux blocages administratifs
Le premier volet de la loi vise à simplifier les procédures. Il est notamment question de faciliter la création de retenues d’eau, avec le déblocage potentiel de 90 projets actuellement paralysés, et de simplifier l’extension des bâtiments d’élevage. Le texte prévoit aussi un renforcement de la protection contre les recours jugés abusifs.
Pour Max Bauer : « Ces objectifs se heurtent cependant à la réalité quotidienne des agriculteurs. Ces derniers sont confrontés à des délais administratifs qu’il qualifie d’« incompréhensibles » et à des normes souvent inadaptées à leurs contraintes opérationnelles, ce qui rend l’application de ces nouvelles libertés hypothétique sans un changement profond des pratiques administratives ».
Protéger et construire : un arsenal réglementaire à l’épreuve des faits
Le volet « protéger » de la loi instaure une mesure d’équivalence pour interdire l’importation de produits traités avec des substances interdites en Europe. Il prévoit également un renforcement des contrôles et une meilleure préservation du foncier agricole contre le mitage.
L’élu insiste sur le fait que « ces outils n’auront de valeur que si leur mise en œuvre est rapide, ferme et suivie ».
Enfin, l’axe « construire » ambitionne de promouvoir un « patriotisme alimentaire » dans la restauration collective et de mieux prendre en compte les coûts de production dans la fixation des prix.
Des ambitions louables, mais qui, selon l’observateur, doivent impérativement « dépasser les effets d’annonce pour devenir des leviers économiques concrets ».
Alors que le projet de loi entame son parcours parlementaire, le message venu du Var est clair : le monde agricole attend une reconnaissance qui se traduit par une simplification immédiate et une valorisation tangible de son travail.
L’élu syndical conclut son propos en martelant une conviction partagée par de nombreux agriculteurs : « Le temps des discours est passé. Le temps de l’action est arrivé ».
via Presse Agence.


