Skip to main content

HYERES : A Porquerolles, une innovation mêlant sobriété e…

Print Friendly, PDF & Email

Partager :

HYERES : A Porquerolles, une innovation mêlant sobriété et solidarité

Le 24 mai, Jean-Pierre Giran, président de la Métropole accompagné des partenaires du projet, a inauguré la conduite sous-marine d’alimentation en eau potable (Sealine) entre la presqu’île de Giens et l’île de Porquerolles, en présence de François de Canson, vice-président de la Région Sud représentant le président Renaud Muselier.

Longue de 5.2 km, reposant sur les fonds marins jusqu’à 18m de profondeur, la canalisation fonctionne en complément des pompages dans les nappes de Porquerolles, en été lorsque la population de l’île peut atteindre 15 000 personnes par jour. Ce chantier hors normes, à fort enjeu environnemental, a été mené en deux phases en 11 mois (janvier 2023 à fin avril 2023 et octobre 2023 à avril 2024).

ACCCES DE L’EAU A TOUS

Pourtant, comme l’a fait remarquer avec pertinence, François de Canson, traiter de l’eau en Provence, c’est inexorablement se confronter à des paradoxes : « 3 chiffres suffisent pour s’en convaincre en région Sud avec plus de 3,7 degrés de température moyenne en été en 2100, c’est à dire la différence qu’il y a aujourd’hui entre Marseille et Tunis, 43 nuits tropicales en plus par an en 2100 contre 4 en 2005) et moins 18% de précipitations en été. À la lueur de ces résultats, comment appréhender la gestion de la ressource pour assurer un accès à tous dans le futur, en tenant compte à la fois des contraintes géographiques, écologiques et culturelles spécifiques à notre territoire régional, mais aussi des transformations économiques et démographiques potentielles ? Comment minorer les conflits d’usages ?

L’ensemble de ces questions prennent une dimension d’exemple lorsqu’elles touchent aux îles d’Or. Écrin aussi précieux que fragile qui porte en son sein l’ensemble des conflits d’usages possibles : consommation résidentielle, tourisme, protection incendies, agriculture », analyse, avec réalisme, François de Canson.

Le vice-président de la Région Sud ajoute : « La situation de Porquerolles, qui depuis 2004 dépend largement du tanker Saint-Christophe et de ses livraisons, n’est pas à la hauteur. Ce vaillant ravitailleur de 75 printemps fut un soutien inestimable, mais le risque était grand de revivre la situation de carence, due à sa panne du 14 juillet 2020, sans parler du poids financier pour le territoire des 10 000 litres de carburant notamment. Soumettre plus longtemps ces îles, leurs habitants, leurs professionnels et visiteurs à un tel risque environnemental, sanitaire et sécuritaire n’était pas concevable.

Aussi, en charge de la construction de l’avenir de nos territoires, il nous faut accélérer sans posture, assumer la nuance, imaginer les équilibres. Il nous a fallu ensemble mesurer la hauteur de la marche à passer et nous coordonner pour la franchir ensemble État-Région et Métropole. Ainsi, le président Renaud Muselier a tenu à être parmi les grands financeurs de Sealine avec le vote, le 28 octobre 2021, d’une subvention de 1 319 172€. Illustration, s’il en fallait, d’une démarche d’écologie de croissance.

Après le défi technique, à nous de bâtir l’utilisation raisonnée de cette innovation mêlant sobriété et solidarité.

Exemplaires dans la gestion de la ressource, vous étiez jusqu’à présent cités pour la réutilisation de 10% de vos eaux usées, je ne doute pas que vous le serez maintenant aussi pour l’utilisation raisonnée, sobre et solidaire de ce nouveau mode d’approvisionnement », a conclu le maire de La Londe-les-Maures.

ENJEU ENVIRONNEMENTAL

Pourquoi une canalisation d’eau potable ? Sécuriser l’approvisionnement en eau de l’île, tout en préservant l’esprit, la qualité de l’île et son patrimoine naturel, faire face aux consommations estivales (800 m3/jour), sans augmenter les capacités actuelles, préserver les nappes souterraines de l’île.
L’eau acheminée jusqu’à Porquerolles est issue de la nappe alluviale du Gapeau. La canalisation fonctionne en complément des pompages dans les nappes de Porquerolles, lorsque ces nappes permettent de subvenir aux besoins de l’île, la canalisation n’est plus sollicitée. De nombreuses autorisations environnementales durant les travaux 5 ans d’études, au titre de l’environnement, de la santé publique et de l’occupation du domaine public maritime, ont été nécessaires avant le lancement des travaux.

Photos Philippe OLIVIER.

A NOTER…

Coût de l’opération :

4 651 802€ dont :
• Métropole TPM : 2 332 315€
• Région : 1 319 172€
• État : 1 000 315€
Le Département doit encore valider le montant de sa participation. (1,4 million demandé)

La canalisation en chiffres :

• 5,2 km de long dont 5,1 km en mer
• 200 mm de diamètre
• Profondeur de fond jusqu’à 18 m
• Débit journalier de 800 m3
soit un débit moyen de 34 m3/h (9,4 l/s).