HAMBOURG : Joachim N. STEINHOFEL : « Une négligence journal…
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HAMBOURG : Joachim N. STEINHOFEL : « Une négligence journalistique grave »
L’avocat d’Alisher Usmanov met en demeure un média slovaque pour avoir republié des allégations déjà jugées illégales par la justice.
Le cabinet d’avocats hambourgeois Rechtsanwälte Steinhöfel, représentant les intérêts de l’homme d’affaires Alisher Burkhanovich Usmanov, a engagé une action contre le média slovaque Denník N. En cause, un article publié le 11 mars 2026 contenant une série d’allégations jugées fausses et déjà condamnées par plusieurs tribunaux européens. Une mise en demeure, assortie d’une pénalité contractuelle, a été adressée à la publication le 12 mars afin d’éviter une procédure judiciaire.
Des accusations publiées à un moment critique
L’avocat de M. Usmanov, Joachim Nikolaus Steinhöfel, dénonce le timing et le contenu de l’article, qui intervient juste avant la décision de la Commission européenne sur la prolongation des sanctions. « L’article a été publié à la veille de la décision de la Commission européenne sur la prolongation des sanctions. On pourrait croire que ses auteurs ont pris un soin particulier à rassembler, en un seul texte, toutes les allégations factuelles que les tribunaux ont précédemment jugées illégales », a déclaré Me Steinhöfel.
Selon le cabinet d’avocats, l’article de Denník N contient une douzaine de déclarations concernant Alisher Usmanov qui ont fait l’objet, au cours des dernières années, d’interdictions de diffusion, de rétractations, de suppressions ou de corrections par voie de justice.
Une longue série de décisions de justice ignorées
Le communiqué rappelle que de nombreuses décisions judiciaires ont déjà été rendues en faveur de M. Usmanov. Le tribunal régional de Hambourg a notamment interdit des affirmations similaires dans le cadre de procédures engagées contre des médias de renom tels que Kurier, Forbes Media LLC, Frankfurter Allgemeine Zeitung, Der Tagesspiegel et RTL.
D’autres organes de presse, comme Il Tempo, Wiener Zeitung, Norddeutscher Rundfunk, WirtschaftsWoche et Basler Zeitung, ont signé des engagements de cessation et d’abstention sous peine de pénalités contractuelles. Des rétractations, corrections ou droits de réponse ont également été publiés par La Repubblica, Corriere della Sera et le réseau de journalistes d’investigation OCCRP. Au total, entre 2023 et 2025, la défense de M. Usmanov et de sa famille a obtenu 18 décisions de justice et injonctions, ainsi que 102 déclarations de cessation de la part de médias du monde entier. Ces actions ont conduit à la suppression de centaines d’articles et de liens jugés mensongers, et à la correction de plus de 2 000 publications.
« Quiconque republie les mêmes allégations dans ces circonstances ne se livre pas à une véritable enquête journalistique, mais fait preuve d’une négligence journalistique grave », a ajouté Me Steinhöfel.
Un appel au respect de l’État de droit
Pour la défense de M. Usmanov, cette affaire soulève une question fondamentale sur le respect des décisions de justice au sein de l’Union européenne. L’avocat soutient que si l’UE réexamine la validité juridique des sanctions imposées à un autre citoyen, elle ne peut ignorer les nombreux jugements rendus par des tribunaux européens en faveur de son client.
Il est notamment souligné que la décision du tribunal régional de Hambourg contre Forbes en janvier 2024 portait sur une allégation que le Conseil de l’Union européenne a néanmoins reprise telle quelle dans sa motivation de sanctions. « Un État de droit nuit à sa propre crédibilité s’il ignore de telles décisions », insiste le communiqué.
Le cabinet rappelle également que les enquêtes pénales menées contre M. Usmanov en Allemagne ont été classées sans suite, que la présomption d’innocence reste entière, qu’il est citoyen d’honneur d’une municipalité italienne et que le Sunday Times l’a classé en 2021 comme le donateur le plus généreux de sa « Giving List ». La levée des sanctions est donc présentée comme une « question de restauration de la confiance dans l’État de droit ».
Rappel des actions judiciaires récentes
Le communiqué détaille plusieurs victoires judiciaires récentes. En avril 2025, le Münchner Merkur a retiré 15 articles, dont certains avaient servi de base aux enquêtes en Allemagne et au dossier de sanctions de l’UE. Parallèlement, le Neue Osnabrücker Zeitung (NOZ) a supprimé ou révisé 36 articles, et la publication irlandaise EU Reporter a retiré 174 liens de son site web.
En février 2025, la principale agence de presse allemande, dpa, a retiré une dépêche affirmant à tort que la sœur de M. Usmanov était propriétaire du yacht Dilbar, forçant de nombreux médias majeurs (Frankfurter Allgemeine Zeitung, Süddeutsche Zeitung, Die Zeit) à supprimer ce contenu. En mars 2025, Tagesschau, le journal télévisé le plus regardé d’Allemagne, a également été contraint de retirer une information similaire.