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GRENOBLE : Sport et Société – Une exposition photo plaide pour l’ouverture des Jeux d’hiver au handicap mental
L’exposition itinérante « Moi aussi j’veux jouer » met en lumière des athlètes exclus des Jeux Paralympiques d’hiver pour réclamer leur intégration dès 2030.
C’est un constat méconnu du grand public : à ce jour, les sportifs porteurs de handicap mental ou psychique restent à la porte des Jeux Paralympiques d’hiver. Si leurs pairs souffrant de handicaps physiques sont célébrés sur les podiums, ceux vivant avec un handicap intellectuel, comme la trisomie ou l’autisme, se voient refuser l’accès à cette compétition mondiale par la réglementation internationale. Pour dénoncer cette injustice et changer les regards, le collectif jeux2030inclusifs (https://www.jeux2030inclusifs.fr/) porte le projet « Moi aussi j’veux jouer ».
Briser l’invisibilité par l’image.
Née à Grenoble, cette initiative artistique et citoyenne entend donner un visage à cette exclusion. Conçue par Marie Wattier, militante du sport et vice-présidente du CDOS Isère, l’exposition présente quinze portraits d’athlètes. Sous l’objectif des photographes Joseph Caprio et Meaghan Major, ces sportifs sont capturés dans une double temporalité : en pleine action sportive et en studio. Cette juxtaposition vise à révéler l’intensité de leur engagement, leur fierté et la réalité de leurs performances, bien loin des clichés misérabilistes. « Ce n’est pas seulement une célébration du sport comme spectacle, mais une invitation à repenser ce qu’il signifie pour ceux qui sont souvent exclus du jeu », expliquent les organisateurs.
Des soutiens de poids pour l’échéance 2030.
L’exposition sert de fer de lance à une revendication politique précise : l’ouverture des Jeux d’hiver de 2030 à ces catégories de handicap. Ce combat est relayé par une tribune nationale intitulée « Jeux 2030 inclusifs », lancée par Sandrine Chaix, vice-présidente de la région Auvergne-Rhône-Alpes, et Marc Truffeau, président de la Fédération Française de Sport Adapté.
De grandes figures du paralympisme français ont apporté leur soutien en signant cet appel, notamment la skieuse Marie Bochet (9 médailles paralympiques), l’athlète Arnaud Assoumani ou encore le triathlète Alexis Hanquinquant. Des personnalités du football comme Jérémy Berthod et Maxime Gonalons se sont également jointes au mouvement.
Une mobilisation qui traverse la France.
Le projet ne se limite pas aux frontières iséroises. Après avoir été présentée chez HP France à Grenoble, où elle a sensibilisé les collaborateurs via un e-book, et avoir transité par la Foire de Grenoble et le Summum, l’exposition poursuit sa route. Elle a vocation à voyager à Lyon, Voiron ou Clermont-Ferrand. L’ambition affichée par l’équipe organisatrice est de porter ce message jusqu’au cœur de la capitale, avec l’espoir d’une installation sur les grilles du jardin du Luxembourg à Paris.
Agir pour une société inclusive.
Au-delà de l’émotion esthétique, il s’agit d’un appel à l’action. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2024, sur les 380 membres de l’équipe paralympique de France, seulement 7 vivaient avec un handicap intellectuel. L’exposition invite donc chaque citoyen à signer la tribune en ligne pour peser sur les instances internationales.


