GENÈVE : Transports – L’International Road Inst…
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GENÈVE : Transports – L’International Road Institute plaide pour la création d’une agence mondiale de la route
L’International Road Institute dévoile ce mardi un ouvrage stratégique appelant à la fondation immédiate de l’Organisation Routière Internationale (IRO) pour harmoniser les normes et endiguer l’hécatombe mondiale des accidents de la route.
Alors que l’aviation et le transport maritime bénéficient depuis des décennies de structures de gouvernance mondiale éprouvées, telles que l’OACI et l’OMI, le secteur routier reste le parent pauvre de la régulation internationale. C’est le constat dressé par l’International Road Institute (IRI) dans son nouvel ouvrage publié ce 3 février 2026, intitulé *The International Road Organization (IRO) – A Global Intergovernmental Agency for the Road Sector*. L’organisation pointe du doigt une anomalie historique : bien que la route assure 80 % du transport de marchandises et que le parc automobile mondial avoisine les 1,78 milliard de véhicules, il n’existe aucune institution intergouvernementale dédiée capable d’imposer des standards universels.
Un bilan humain et économique insoutenable.
Le rapport met en lumière l’urgence de la situation. Avec plus d’un million de décès par an sur les routes, le secteur fait face à une crise sanitaire et sécuritaire que les structures actuelles peinent à endiguer. « Pour améliorer et maintenir véritablement la sécurité routière, une organisation intergouvernementale mondiale pour le secteur routier est indispensable », affirme Emily Smith, porte-parole de l’initiative. Le document s’appuie notamment sur une étude de la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP) de l’ONU datant de 2016 (https://www.unescap.org/sites/default/files/Study%20report%20on%20making%20the%20road%20sector%20a%20key%20vehicle%20for%20sustainable%20development.pdf), qui avait déjà identifié ce « vide institutionnel » comme la cause racine des défis actuels, allant de la sécurité aux émissions de gaz à effet de serre.
L’échec des solutions régionales.
L’ouvrage de l’IRI analyse sans concession les tentatives existantes pour combler ce manque. Selon les experts, ni l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), dont le mandat reste sanitaire, ni la Commission économique pour l’Europe des Nations Unies (CEE-ONU), jugée trop régionale et limitée budgétairement, ne peuvent assumer ce rôle global. Le rapport critique notamment la stratégie de la CEE-ONU visant à transformer son comité des transports intérieurs en organe mondial, une tentative qualifiée d’échec faute de moyens et de représentativité politique équitable pour les pays non-européens.
Un modèle calqué sur l’aviation civile.
Pour l’IRI, la solution réside dans la création de l’IRO (International Road Organization), sur le modèle exact de ce qui a été fait pour l’aviation civile (OACI) ou le maritime (OMI). L’objectif est d’établir une plateforme permettant d’adopter des stratégies coordonnées, d’harmoniser les réglementations techniques (véhicules, infrastructures, signalisation) et de fournir une assistance aux pays membres. Le rapport détaille plusieurs approches viables, privilégiant la création initiale d’une organisation intergouvernementale par un groupe de pays intéressés, qui pourrait par la suite devenir une institution spécialisée des Nations Unies, conformément aux articles 57 et 63 de la Charte de l’ONU.
Des retombées économiques majeures.
Au-delà de l’impératif humanitaire, l’argumentaire est également économique. L’analyse coûts-avantages présentée estime que pour un budget de fonctionnement annuel d’environ 2,5 millions de dollars (similaire aux débuts des autres agences), les bénéfices pour l’économie mondiale se chiffreraient en milliards, grâce à la réduction des accidents, la fluidification du transport international et la baisse des émissions polluantes. L’IRI appelle désormais les gouvernements et les grandes puissances économiques à se saisir du dossier pour lancer les négociations constitutives de cette future agence mondiale.