GENÈVE : Diamants de couleur – GemGenève met en lumiè…
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GENÈVE : Diamants de couleur – GemGenève met en lumière un marché d’exception
À l’occasion de sa 10e édition, GemGenève met à l’honneur les diamants de couleur, un marché d’exception qui fascine collectionneurs et investisseurs.
Pour sa 10e édition, qui se tiendra du 7 au 10 mai 2026 à Palexpo, le salon GemGenève place sous les feux des projecteurs un segment aussi fascinant que confidentiel : celui des diamants de couleur. Loin d’être une simple tendance, ces pierres rarissimes confirment leur statut de valeur refuge et d’objet de désir absolu, comme en témoignent les records régulièrement battus en salles des ventes. Avec des adjudications atteignant 71,2 millions de dollars pour le Pink Star ou 57,5 millions pour l’Oppenheimer Blue, ce marché de niche démontre une solidité et un dynamisme qui séduisent une nouvelle génération d’acheteurs.
« On parle souvent du marché de la joaillerie et des pierres dans sa globalité. Pourtant, cette appellation recouvre une multitude de segments ultra-rares, chacun régi par ses propres codes. À GemGenève, notre mission est aussi de révéler ces univers, parfois perçus comme complexes », explique Nadège Totah, co-organisatrice du salon.
Un capital inaltérable et un marché d’experts
La fascination pour les diamants de couleur n’est pas nouvelle, du mythique Hope Diamond au légendaire Tiffany Diamond, mais leur rareté intrinsèque en fait aujourd’hui un actif particulièrement prisé. Issus d’anomalies naturelles telles que la présence de bore ou d’azote, ils ont prouvé leur résilience à travers les cycles économiques. « Ils ont démontré une capacité exceptionnelle à préserver leur désirabilité et leur valeur, là où d’autres classes d’actifs ont été mises à l’épreuve », souligne Mike Akiki, CEO d’Antwerp Cut, l’un des acteurs majeurs du secteur.
Ce marché est cependant l’apanage d’une poignée de spécialistes. La taille d’un diamant de couleur est un processus stratégique et risqué où la valeur de la pierre peut être magnifiée ou irrémédiablement perdue. « Chez Antwerp Cut, nous avons choisi de ne pas considérer les diamants de couleur comme une catégorie, mais comme une discipline. Une discipline où la précision prime sur la vitesse et où la constance constitue la forme la plus aboutie du luxe », ajoute Mike Akiki.
Le marché décrypté : rareté, couleur et certification
L’attrait de ces gemmes repose sur une statistique implacable. « Leur pouvoir de fascination repose avant tout sur leur extrême rareté : seul un diamant extrait sur 10 000 est un diamant de couleur », précise Kunal Sheth, directeur général de House of Gems 1986. Pour les couleurs les plus intenses, dites « vivid », ce ratio tombe à 1 sur 25 000.
Le marché possède ses propres codes. Si les diamants jaunes sont les plus négociés en volume, les roses et les bleus sont les plus recherchés par les collectionneurs, tandis que les spécialistes s’orientent vers des teintes encore plus rares comme le violet ou le rouge. La pureté de la couleur, sans teintes secondaires, est souvent le critère le plus recherché. Pour Kunal Sheth, leur statut de pierre d’investissement ne fait aucun doute, à condition d’être accompagné d’un certificat d’un laboratoire de référence comme le GIA, qui apporte « à l’acheteur une véritable tranquillité d’esprit ».
La taille, un art de haute voltige
Le savoir-faire du lapidaire est au cœur de la valeur d’un diamant de couleur. Contrairement au diamant blanc, dont la taille vise à maximiser la brillance, celle d’un diamant de couleur a un objectif opposé. « Pour un diamant blanc, les facettes sont conçues pour rendre la pierre plus blanche et plus brillante. Pour un diamant de couleur, c’est exactement l’inverse », détaille Paul Chieveley Williams, de la maison Diamwill B.V.
L’artisan doit concentrer et homogénéiser la couleur, un exercice d’équilibriste entre science et sensibilité. Les facettes du pavillon sont taillées pour agir comme des miroirs, renvoyant un maximum de couleur vers l’observateur. C’est une discipline de haute précision où l’erreur n’est pas permise, certaines couleurs, comme le vert, pouvant même être altérées par une surchauffe lors du polissage.
De la mine à la légende : l’origine des trésors chromatiques
Chaque gisement possède sa signature chromatique. La mine d’Argyle en Australie était célèbre pour ses roses, tandis que la mine de Cullinan en Afrique du Sud a livré des bleus exceptionnels. Depuis la fermeture d’Argyle en 2020, les regards se sont tournés vers la mine de Kao, au Lesotho. C’est de là qu’a été extrait un brut rose de 108,39 carats.
Acquise et transformée par le diamantaire anversois AMC, cette pierre a donné naissance à la collection « Kao Legend », une série de sept diamants roses. La pièce maîtresse, un diamant de plus de 20 carats, est classée Fancy Intense Purplish Pink. « Ces sept pierres sont des diamants de type IIa, réputés pour leur pureté chimique exceptionnelle et leur extrême rareté. Ils représentent moins de 2 % de l’ensemble des diamants naturels », note Julie Maldonado, directrice des ventes Europe et RSE chez AMC.
Le salon GemGenève offrira une occasion unique de découvrir ces merveilles. Sur les 202 exposants de cette 10e édition, plus d’une cinquantaine présenteront des diamants de couleur, dont une dizaine de maisons exclusivement spécialisées, garantissant une offre d’une qualité exceptionnelle.


