DUNKERQUE : Logistique – Le futur terminal de ferrout…
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DUNKERQUE : Logistique – Le futur terminal de ferroutage opérationnel au printemps 2026
Le Groupe Modalis et Dunkerque-Port finalisent la construction d’une plateforme multimodale de 25 millions d’euros conçue pour transférer annuellement 50 000 unités de transport de la route vers le rail.
La logistique bas-carbone prend une nouvelle dimension dans les Hauts-de-France. Alors que la première pierre a été posée fin 2025, le nouveau terminal de ferroutage du port Ouest de Dunkerque s’apprête à entrer en service au printemps 2026. Ce projet d’envergure, fruit d’une collaboration étroite entre le Groupe Modalis et Dunkerque-Port, répond à une urgence écologique et économique : décongestionner les axes routiers et réduire drastiquement l’empreinte carbone du transport de marchandises.
Un investissement stratégique de 25 millions d’euros
Réalisé en moins de deux ans, ce site intermodal représente un investissement conjoint de 25 millions d’euros. Implanté sur 9,6 hectares le long du faisceau ferroviaire de Loon-Plage, au cœur d’un tissu industriel dense, le terminal est dimensionné pour accueillir les flux massifs. Il pourra traiter simultanément quatre trains de fret de 750 mètres de long, soit l’équivalent de 130 à 150 semi-remorques par convoi, et dispose d’une zone de stockage de plus de 600 unités.
Pour Maurice Georges, président du directoire de Dunkerque-Port (www.dunkerque-port.fr), cette infrastructure est vitale pour l’avenir de la zone : « Grâce à ce projet, nous maintenons la fluidité de la desserte terrestre du port et de son territoire tout en s’inscrivant dans les objectifs européens de report modal à longue distance. C’est une étape décisive vers une logistique plus durable et plus performante ».
Un corridor ferroviaire connectant l’Europe du Nord au Sud
L’ambition du terminal dépasse les frontières régionales. Dès son ouverture, une première liaison régulière opérée par Delta Rail (filiale de Modalis) reliera Dunkerque à Piacenza, en Italie, via Lyon. Ce corridor connectera ainsi les grands bassins industriels européens, tout en assurant une continuité logistique avec le Royaume-Uni grâce aux lignes maritimes de l’armateur DFDS.
Bernard Meï, président du groupe Modalis (https://www.modalis.com/), souligne l’importance de cette interconnexion : « La complémentarité entre les écosystèmes logistiques, portuaire et ferroviaire est un des enjeux majeurs de décarbonation. Les ports maritimes ont un rôle essentiel à jouer dans les arbitrages intermodaux : 80 % des marchandises arrivent par eux ».
Technologie verte et impact environnemental
L’objectif affiché est de retirer jusqu’à 50 000 unités de transport de la route chaque année, ce qui permettrait d’éviter l’émission de 70 000 tonnes de CO₂. Pour atteindre cette performance écologique, le terminal mise sur des équipements de dernière génération. Les manœuvres ferroviaires seront assurées par des locotracteurs électriques, tandis que les véhicules de manutention fonctionneront au HVO (huile végétale hydrotraitée), réduisant leurs émissions de 85 %.
Le site intègre également une zone de maintenance mutualisée pour l’entretien des wagons et des caisses mobiles, limitant ainsi les trajets à vide. À son lancement, l’activité générera une quinzaine d’emplois directs et contribuera à la formation de techniciens spécialisés dans le transport combiné.