DIJON : Art contemporain – Benoît BARBAGLI plonge la…
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DIJON : Art contemporain – Benoît BARBAGLI plonge la photographie dans son bain originel
À l’occasion du bicentenaire de la photographie, l’artiste niçois Benoît Barbagli présente à l’ENSAD une exposition où l’eau devient un révélateur.
Deux siècles après l’invention de la photographie par Nicéphore Niépce, l’artiste plasticien Benoît Barbagli propose un retour aux sources aussi poétique que radical. Son exposition, intitulée « L’eau comme chambre noire », s’installe à l’École nationale supérieure d’art et de design (ENSAD) de Dijon du 1er juillet au 20 septembre 2026, avec un vernissage prévu ce mardi 30 juin. Une exploration où l’élément aquatique, qu’il soit marin ou de source, devient le principal acteur du processus créatif.
Un hommage à l’acte fondateur de Niépce
En 1826, la toute première photographie naissait d’un bain d’huile de lavande. En 2026, Benoît Barbagli s’empare de ce geste fondateur en y substituant l’eau, « eau-matière du vivant ». L’exposition, dont le commissariat est assuré par Amel Nafti, s’inscrit pleinement dans les commémorations du bicentenaire de cette invention qui a bouleversé notre rapport au monde. L’artiste ne cherche pas seulement à rendre hommage, mais bien à réactiver la magie originelle du développement, en confiant à l’élément liquide le soin de finaliser l’image.
L’eau comme milieu et processus créatif
Pour Benoît Barbagli, l’eau n’est jamais un simple décor, mais un véritable milieu, une « chambre noire à ciel ouvert ». Le processus est au cœur de sa démarche : la prise de vue, souvent réalisée à la verticale à l’aide d’un drone, n’est qu’une première étape. Les tirages sont ensuite immergés, livrés au hasard des courants et des réactions chimiques naturelles. Dans la série Double Immersion, des photographies sur papier coton sont plongées dans un bain de sel de bore. Celui-ci cristallise sur l’image, la modifie, la « mange », comme si la mer elle-même venait apposer sa signature finale sur le tirage.
L’artiste y explore aussi la notion de collectif, effaçant la figure de l’auteur unique. En collaborant avec le collectif PALAM, il fait passer l’appareil de main en main, transformant le portrait en une œuvre chorale. Cette démarche interroge notre lien intime à la nature, loin d’une contemplation à distance.
« Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend », souligne Benoît Barbagli, citant un slogan des marches pour le climat.
Une expérience immersive pour le visiteur
L’exposition est conçue comme une traversée. Les visiteurs sont invités à déambuler au milieu de rideaux monumentaux en voile transparent, comme les séries Sisyphe collectif VI et Tentative Liquide. Imprimées de corps flottants, ces œuvres transforment le spectateur qui ne regarde plus une image, mais la pénètre, comme on entre dans l’eau. Au sol, des sculptures complètent le dispositif. Les colonnes de l’anthropocène, en béton et résine biosourcée, figent le mouvement de l’eau en une stratigraphie temporelle, tandis qu’Oceanide Tempête présente le moulage en plâtre d’une vague, son négatif tangible.
L’artiste, né en 1988 et représenté par la Galerie Eva Vautier à Nice, poursuit une œuvre polymorphe explorant les frontières entre les éléments. D’autres de ses travaux sont également visibles cet été à Paris, à la Galerie Wagner, et à Nice, au Palais de la Méditerranée et à la Galerie Eva Vautier.
Informations pratiques
L’exposition « L’eau comme chambre noire » se tiendra dans la salle Bossu 3 de l’ENSAD, 3 rue Michelet à Dijon. L’exposition sera accessible au public du 1er juillet au 20 septembre 2026.
Pour plus de détails sur les œuvres présentées, le site de l’artiste propose un aperçu de l’accrochage : https://benoit-barbagli.com/oeuvre/zoom-ensad-dijon-leau-comme-chambre-noire/
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).


