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DIGNE LES BAINS : Deux nouvelles expositions à la Maison …

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Floriane Dumont
11 Fév 2024

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DIGNE LES BAINS : Deux nouvelles expositions à la Maison Alexandra David-Neel

Deux nouvelles expositions captivantes sont sur le point de prendre place à la Maison Alexandra David Neel, à Digne-les-Bains.

Figure de proue de l’orientalisme au XXe siècle et intellectuelle engagée, Alexandra David Neel fut notamment la première et unique femme européenne à être jamais entrée dans la cité interdite de Lhassa. Fin des années 20, elle s’installe à Digne-les-Bains où elle poursuivra son oeuvre remarquable.

Ne manquez pas ces deux nouvelles expositions ! La première, « Le Long des Sentiers Entrelacés » de Golnaz Payani, présente des oeuvres textiles inédites, que l’artiste franco-iranienne fait dialoguer avec l’histoire de deux femmes aux destins remarquables et dont le centre de gravité est l’Asie : Alexandra David-Neel, exploratrice et conférencière qui a sillonné l’Asie et le Tibet en marchant, et Krishnā Riboud, collectionneuse franco-indienne qui a réuni un fonds exceptionnel d’étoffes orientales, dont certaines sont prêtées par le Musée national des arts asiatiques – Guimet de Paris.

La seconde, « Alexandra David-Néel, Lhassa, 2024 : Une (É)preuve Photographique », offrira un regard unique sur l’exploratrice et son périple jusqu’à Lhassa.

Les vernissages de ces deux expositions auront lieu le mercredi 14 février, promettant ainsi un début de voyage artistique et historique exceptionnel pour tous les passionnés d’aventure et de culture.

EXPOSITION LE LONG DES SENTIERS ENTRELACÉS

DE GOLNAZ PAYANI

DU 14 FÉVRIER AU 19 MAI 2024

Golnaz Payani, née à Téhéran en 1986, est une artiste iranienne, exilée en France à l’âge de 23 ans. De son pays d’origine, elle emporte avec elle une affinité pour les tissus, associés à la conception de jouets pendant son enfance et, plus tard, aux réalités d’un régime imposant le voile comme fondement de sa légitimité. L’invitation au musée de la Maison David-Neel est l’occasion, pour la plasticienne, de travailler son sujet de prédilection : la trace, entre présence et disparition, principalement narrée à travers des oeuvres en textiles. L’artiste explore aussi la question du voyage. Les notions de corps, de temps et d’itinéraires y sont abordées dans un cadre qui relate son existence personnelle et se déploie à travers un répertoire d’expériences auxquelles chacun est à même de s’identifier. Pour cette exposition, Payani esquisse des parallèles entre deux femmes dont les vies se chevauchent sans se toucher mais dont le centre de gravité est une passion pour l’Asie : Alexandra David-Neel (1868 – 1969), écrivaine exploratrice et féministe, première occidentale à entrer à Lhassa en 1924 ; Krishna Riboud (1926-2000) collectionneuse franco-indienne dont l’oeuvre fut de réunir près de 4000 étoffes venant d’Orient, transmises au Musée national des arts asiatiques – Guimet. Trois d’entre elles, des pièces rares ou archéologiques, sont exceptionnellement prêtées par l’institution et enrichissent la réflexion proposée par l’artiste sur le textile comme oeuvre d’art, révélateur de messages et d’identités.

Pour l’artiste exilée, le voyage explore un paysage, réel ou fictif, dont la durée excède celle de l’itinéraire lui-même. Dans l’exposition « Le long des sentiers entrelacés », Golnaz aborde trois façons de voyager :

Celle d’Alexandra, faite de marches et de rencontres, dont l’expérience sensorielle fait émerger des trajectoires et des récits littéraires.
Celle de Krishna, dont le périple, scientifique autant qu’imaginaire, s’effectue avant tout par sources documentées et tissus interposés. Son travail de mémoire sur les techniques des peuples d’Asie est devenu une référence au niveau mondial. À sa manière, l’artiste franco-iranienne voyage aussi, dans l’espace de son atelier. Elle explore les limites de la matière textile en détissant des fils, comme à rebours du temps, pour rendre hommage à ces femmes libres et synonymes de mouvement.
En mêlant son récit à d’autres, Golnaz Payani ouvre un roman optimiste et généreux, dont les trames, jamais figées, transcendent époques, pays et vécus individuels. Ambulo, pôle artistique et muséal de Digne-les-Bains – Centre d’art contemporain d’intérêt national, regroupe le Musée Gassendi, la Maison Alexandra David-Neel et le Cairn Foyer d’art contemporain.

EXPOSITION ALEXANDRA DAVID-NEEL, LHASSA, 2024

UNE (É)PREUVE PHOTOGRAPHIQUE

DU 14 FÉVRIER AU 31 MARS 2024

La Maison Alexandra David-Neel célèbre le centenaire de l’entrée d’Alexandra David-Neel à Lhassa à travers une exposition de photographies orchestrée par Hervé Jézéquel. À partir de l’image iconique d’Alexandra David-Neel prise en février 1924 dans la capitale du Tibet, alors interdite aux étrangers, cette exposition dossier propose d’analyser le rôle des images tout au long du parcours d’Alexandra David-Neel.

De ce voyage à Lhassa, en ayant bravé l’interdit, Alexandra David-Neel revient avec des images qui témoignent de sa présence sur place et de l’authentique réalité d’un exploit.

L’étude des images prises à Lhassa lève le voile sur ce qui relève en partie du mystère. L’image emblématique, montrant entre autres l’écrivaine orientaliste avec Yongden, le jeune lama qui l’accompagne durant son périple, posant devant le Palais du Potala, reste la preuve unique de la présence d’Alexandra David-Neel à Lhassa en 1924.

Les images collectées durant ses deux mois à Lhassa, de février à mars 1924, nous racontent une histoire parallèle à celle du récit (Voyage d’une Parisienne à Lhassa) et la complètent en nous faisant basculer de l’imaginaire d’un lointain à une proximité visuelle. En approchant les images, en les interrogeant, en étudiant leurs techniques, leur format… nous reconstituons une part de leur histoire, identifions leur probable auteur tout en croisant les différents personnages, protagonistes qu’Alexandra David-Neel rencontre avant, après et pendant son séjour à Lhassa.

Les images rapportées de la capitale tibétaine illustre nombre d’ouvrages de l’autrice, mais également les articles qu’elle publie à travers le monde et jusqu’à la fin de sa vie. On comprend alors l’usage qu’Alexandra David-Neel fait de la photographie (recadrage, retouche, annotations) et son intérêt pour certains aspects techniques.

Les photographies sont remises en contexte avec son célèbre ouvrage Voyage d’une Parisienne à Lhassa, publié d’abord en Angleterre en 1925 puis en France aux éditions Plon en 1927, ainsi que le très secret Souvenirs du Voyage au Tibet imprimé en 1925 et tiré à 10 exemplaires, puis les multiples éditions qui suivront ainsi que des articles.

L’exposition Alexandra David-Neel, Lhassa, 1924 : une é(preuve photographique) permet aussi de mieux comprendre le contexte politique et géographique de ces années 1920-1925 au Tibet où la tension est très importante. Ceci explique la dimension incroyable de l’exploit physique et intellectuel de l’écrivaine voyageuse, toujours portée par un intérêt constant de dévoiler sa relation au pays par la puissance visuelle et documentaire de l’image.

TARIFS

Entrée musée + visite guidée de la villa + jardin : 8€
Entrée musée + jardin : 6€
Visite guidée de la villa : 6€

HORAIRES

Tous les jours sauf le lundi
Du 1er décembre au 31 mars, de 14h à 17h
Du 1er avril au 30 novembre, de 10h à 18h
Dernière entrée 45 minutes avant la fermeture