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CANNES : Cause animale – Le souvenir du rendez-vous manqué de Brigitte BARDOT sur la Croisette

En marge des hommages à Brigitte Bardot, la FLAC rappelle que l’icône faillit briser son serment pour défendre la cause animale à Cannes en 2002.

Alors que le monde de la culture et de la protection animale salue la mémoire de Brigitte Bardot, décédée fin 2025, des souvenirs remontent à la surface. La Fédération des Luttes pour l’Abolition des Corridas (FLAC) et l’association No Corrida ont récemment honoré l’engagement de la star lors d’une cérémonie à l’église Saint-Roch à Paris. Mais au-delà du recueillement, c’est une anecdote historique méconnue que Thierry Hely, président de la FLAC, a souhaité mettre en lumière : le jour où « BB » a failli faire son grand retour au Festival de Cannes.

Un serment presque brisé pour la cause

L’histoire remonte au printemps 2002. L’actrice légendaire avait quitté la Croisette avec fracas en 1967, provoquant à l’époque une véritable émeute médiatique. Elle avait alors juré de ne plus jamais remettre les pieds dans la cité du cinéma. Une promesse tenue pendant des décennies, avec toutefois une unique exception possible à ses yeux : soutenir un film défendant la cause animale.

C’est précisément ce qui devait se produire le 22 mai 2002. Brigitte Bardot avait prévu de briser son exil cannois pour venir présenter et défendre le court-métrage *Juste pour le plaisir*. Ce film, tourné à Béziers en 2000, dénonçait la réalité de la corrida, un sujet qui révoltait l’actrice. Selon la FLAC, les images l’avaient « horrifiée », la poussant à accepter ce retour médiatique pour donner un écho mondial à la lutte anticorrida. Une version remastérisée du film est d’ailleurs visible en ligne (https://flac-anticorrida.org/juste-pour-le-plaisir-nouvelle-version-remasterisee/).

Le choix de l’Autriche

Le retour tant attendu n’a finalement pas eu lieu. Un conflit d’agenda a contraint Brigitte Bardot à modifier ses plans à la dernière minute. L’Autriche lui décernait, le 25 mai de la même année, le prix « My Way », une distinction internationale couronnant l’ensemble de son œuvre et son inlassable combat pour les animaux.

L’icône française a privilégié ce déplacement en terre autrichienne, renonçant à la montée des marches pour le court-métrage. « Sans cette remise de prix, compte tenu de sa notoriété, la cause anticorrida aurait eu un retentissement mondial », déplore aujourd’hui la fédération, soulignant l’occasion manquée de porter le débat au cœur du plus grand festival de cinéma du monde. Les détails de cet épisode sont relatés par le site Savoir Animal (https://savoir-animal.fr/brigitte-bardot-devait-faire-son-grand-retour-au-festival-de-cannes-en-2002-pour-defendre-un-film-anticorrida/).

Des alliés de poids dans le combat

Si ce rendez-vous cannois n’a pas abouti, l’engagement de Brigitte Bardot a fédéré de nombreuses personnalités autour d’elle, y compris sur la Côte d’Azur. Thierry Hely rappelle notamment le soutien audacieux de Jeanne Augier, l’emblématique propriétaire du Negresco à Nice. Cette dernière n’avait pas hésité à afficher, pendant neuf mois, un panneau anticorrida monumental de 4 mètres par 3 devant la façade de son célèbre palace, défiant ainsi les conventions.

Plus récemment, lors de la messe célébrée à Saint-Roch, la « paroisse des artistes » à Paris, c’est l’animateur Michel Drucker qui était présent pour saluer la mémoire de son amie de longue date. Membre du Comité d’Honneur de la FLAC, il témoigne de la persistance de ce combat éthique au sein du monde culturel.

Les associations FLAC et No Corrida, unies dans ce moment de souvenir, ont déposé des gerbes portant l’inscription : « Merci pour son combat contre l’horreur des corridas ». Pour ces militants, la disparition de Brigitte Bardot marque la perte d’une pionnière, mais son héritage et les occasions, même manquées, continuent de servir de levier pour la sensibilisation du public.