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BOULOGNE BILLANCOURT : Fabien MOLLET : « Le Cloud souverain ne doit pas être un simple argument marketing »
Fabien Mollet, CTO de cegedim.cloud, alerte sur les faux-semblants du Cloud souverain et dévoile cinq piliers pour un choix éclairé.
Face à la généralisation de l’externalisation des systèmes d’information et à un contexte géopolitique tendu, la souveraineté numérique est devenue une préoccupation majeure pour les entreprises et les organisations publiques. Dans ce cadre, le concept de « Cloud souverain » s’impose comme une priorité stratégique. Cependant, derrière cette appellation se cachent des réalités très diverses, parfois éloignées des garanties attendues.
Pour Fabien Mollet, Directeur Technique (CTO) de cegedim.cloud, il est impératif de se prémunir contre ce qui peut n’être qu’un « simple argument marketing opportuniste ». Afin d’aider les décideurs à évaluer la réalité de la souveraineté d’un fournisseur, il propose une grille d’analyse reposant sur cinq piliers fondamentaux.
- Actionnariat et propriété des infrastructures
Le premier critère, souvent sous-estimé, est la nature de l’actionnariat de l’hébergeur. Selon l’expert, la structure du capital est un indicateur clé de l’indépendance réelle du fournisseur.
« Opter pour une société détenue par un actionnariat français est une approche différente que de sélectionner un fournisseur détenu par un fond américain par exemple », souligne Fabien Mollet.
Cette première analyse permet de s’assurer que les décisions stratégiques et le contrôle de l’entreprise ne sont pas soumis à des intérêts ou des législations extraterritoriales.
- Indépendance technologique et maîtrise verticale
La souveraineté ne peut être complète si le fournisseur est lui-même dépendant de technologies étrangères ou de partenaires monopolistiques. Il est essentiel d’évaluer la capacité du prestataire à proposer des solutions alternatives sans risque de rupture de service. La maîtrise de l’ensemble de la chaîne de valeur est un gage de robustesse. Cela inclut la capacité à concevoir, détenir et opérer ses propres datacenters. Cette maîtrise verticale garantit non seulement une souveraineté technique totale, mais aussi une plus grande résilience et une agilité commerciale, en évitant tout verrouillage technologique (« vendor lock-in »).
- Localisation des données : un prérequis non négociable
C’est le critère le plus connu, mais il reste fondamental. L’hébergement des données sur le territoire national, en l’occurrence la France, est une condition indispensable. Cette localisation garantit que les données sont exclusivement soumises à la législation française et européenne, notamment le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD). Cela les met à l’abri de lois étrangères potentiellement intrusives, comme le Patriot Act ou le Cloud Act américains, qui permettent aux autorités de ce pays d’accéder à des données stockées par leurs entreprises, même à l’étranger.
- Un pilotage et un support entièrement localisés
La souveraineté des données doit s’accompagner d’une souveraineté opérationnelle. Il est crucial que la gestion des projets, les opérations de maintenance et les services de support technique soient assurés depuis la France. Cette proximité garantit une meilleure réactivité et une compréhension fine des enjeux locaux. De plus, la gestion des aspects liés à la cybersécurité doit également être pilotée localement pour assurer une protection cohérente et conforme aux réglementations nationales.
- Conformité et certifications : la preuve de l’engagement
Enfin, un fournisseur se réclamant du Cloud souverain doit pouvoir attester de ses engagements par des certifications et des qualifications reconnues. Ces labels, délivrés par des organismes indépendants, valident le respect des meilleures pratiques et du cadre réglementaire. Parmi les plus importants en France, on peut citer la qualification SecNumCloud de l’ANSSI (Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information), qui représente le plus haut niveau d’exigence en matière de sécurité, ou encore la certification HDS (Hébergeur de Données de Santé) pour les acteurs du secteur médical.
Pour Fabien Mollet, ce n’est qu’en analysant rigoureusement ces cinq piliers que les organisations pourront faire un choix véritablement éclairé.
« Seules les organisations qui prendront le temps de bien qualifier toutes les spécificités des offres pourront alors faire un choix éclairé, souverain et travailler dans une bulle de confiance », conclut-il.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).
