BORMES-LES-MIMOSAS : Urbanisme – La Municipalité conj…
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BORMES-LES-MIMOSAS : Urbanisme – La Municipalité conjugue protection environnementale et accès au logement
Lors de ses vœux, le maire François Arizzi a réaffirmé sa volonté de protéger 93 % du territoire communal tout en déployant des solutions innovantes pour loger actifs et saisonniers.
Dans un département du Var soumis à une forte pression démographique et immobilière, Bormes-les-Mimosas fait figure de village gaulois. Pourtant, le sujet du logement ne se résume pas ici à des statistiques administratives. Comme l’a souligné François Arizzi lors de la cérémonie des vœux, il s’agit d’un « combat pour la vie » de la cité, visant à permettre aux populations locales de résider là où elles travaillent.
Un bouclier environnemental inédit.
La municipalité mène depuis douze ans une stratégie claire : protéger l’identité borméenne sans figer le village. Cette volonté politique s’est concrétisée en juin dernier par le vote d’un nouveau Plan Local d’Urbanisme (PLU) aux ambitions écologiques marquées. Les chiffres présentés par la mairie illustrent ce tournant : sur les 10 000 hectares que compte la commune, plus de 9 000 sont désormais sanctuarisés.
Ce document d’urbanisme agit comme un rempart contre le bétonnage excessif. Les zones constructibles dans la plaine ont été réduites de 30 hectares. Par ailleurs, la création de nouvelles zones dites « Uj » impose des espaces de jardins obligatoires, empêchant ainsi la prolifération de collectifs sauvages qui dénatureraient les quartiers pavillonnaires.
L’exemplarité pour le logement saisonnier.
Si la préservation des paysages est acquise, la question de l’hébergement des travailleurs reste centrale pour cette commune touristique. Bormes-les-Mimosas se distingue par une politique proactive en faveur des saisonniers, essentiels au bon fonctionnement de l’économie locale.
Les résultats sont tangibles : après la livraison de 11 logements dédiés en 2025, 11 nouveaux appartements sont attendus pour 2026 dans les locaux de l’ancienne gendarmerie. Cette initiative, rare pour une commune de cette strate, a d’ailleurs été saluée au niveau national par l’obtention du prix « Territoria ». Une distinction qui valide une approche pragmatique : assurer le logement de ceux qui font vivre le territoire lors des pics d’activité.
Le Bail Réel Solidaire comme solution.
Pour lutter contre la spéculation immobilière qui pousse les jeunes générations à l’exil, la municipalité mise sur le Bail Réel Solidaire (BRS). Ce dispositif dissocie le foncier du bâti, permettant une économie de 20 à 30 % sur les prix du marché.
Pour François Arizzi, l’accession sociale est un devoir. Sans ces mécanismes de régulation, la loi de l’offre et de la demande condamnerait les jeunes Borméens à quitter leur commune natale. Le BRS apparaît ainsi comme une « petite révolution » locale, offrant une perspective concrète d’accession à la propriété pour les familles du cru.
Une urbanisation à visage humain.
Face à la complexité des sigles administratifs (PADD, ALUR, SRU), l’équipe municipale prône la transparence. L’ouverture à l’urbanisation du quartier de la gare, rendue obligatoire par des décisions de justice, s’accompagne de mesures compensatoires fortes. Le projet intègre une « coulée verte » de 7 hectares, garantissant le maintien d’une urbanisation à taille humaine. C’est cet équilibre précaire mais assumé, entre obligations légales et préservation du cadre de vie, qui permet aujourd’hui à Bormes-les-Mimosas de rester maître de son destin.