BORDEAUX : Solidarité – RamDam Social transforme les…
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BORDEAUX : Solidarité – RamDam Social transforme les courses du quotidien en aide concrète
La start-up bordelaise transforme chaque achat ordinaire en don concret pour lutter contre la précarité alimentaire et hygiénique en France.
Dans un contexte économique où près d’un Français sur cinq déclare se trouver en situation de précarité, l’acte de consommation devient un levier d’action sociale. C’est le pari réussi de RamDam Social, une entreprise fondée à Bordeaux (Gironde) par Julie Boureau et Luc-Olivier Pieret. Leur modèle est simple mais redoutablement efficace : transformer les courses de tous les jours en un geste de solidarité, sans demander d’effort supplémentaire au consommateur.
Le principe repose sur le mécanisme du « produit partage ». Pour chaque paquet de chips, boîte de gâteaux ou produit d’hygiène acheté, une partie du prix est reversée à une association partenaire pour financer un don matériel précis. Il ne s’agit pas d’une promesse vague, mais d’une équivalence directe : un achat déclenche un repas, une douche ou une protection périodique pour une personne dans le besoin.
Une alliance avec les grandes associations.
Pour garantir l’impact de sa démarche, l’entreprise reverse 7 % de son chiffre d’affaires à des acteurs historiques de la solidarité. Parmi les bénéficiaires figurent le Samusocial de Paris, les Banques Alimentaires, le Secours Populaire, Dons Solidaires ou encore l’association Linkee.
Les résultats sont tangibles. Depuis février 2024, plus de 1 500 000 dons ont été financés grâce aux consommateurs. Le rythme s’est accéléré pour atteindre aujourd’hui une moyenne d’un don généré toutes les 20 secondes. Vanessa Benoit, directrice générale du Samusocial de Paris, témoigne de l’importance de ce soutien : « Depuis février 2024, grâce à Ramdam Social, nous avons pu distribuer près de 650 000 en-cas, ce qui nous a permis de créer encore plus de lien avec les personnes démunies. Ce partenariat d’un nouveau genre est un moyen simple et concret, pour les consommateurs, de lutter contre la grande précarité ».
Le choix du Made in France et des circuits courts.
Loin de se contenter d’être un intermédiaire financier, la marque a développé ses propres gammes en s’appuyant sur le savoir-faire des PME françaises. L’objectif est double : soutenir l’économie locale tout en proposant des produits de qualité au même prix que les équivalents classiques.
La carte de France des fournisseurs de RamDam Social illustre cet ancrage territorial. Les chips sont produites par Chipizh à Guérande (Loire-Atlantique), utilisant des pommes de terre bretonnes et du sel local. Pour les biscuits, l’entreprise s’est tournée vers la biscuiterie familiale Lou Bio, installée à Manosque, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Engagée pour l’environnement, cette PME fabrique les sablés apéritifs qui financent des repas.
Dans le Vaucluse, c’est la Conserverie Davin, basée à Carpentras, qui élabore les plats cuisinés (chili sin carne, boulgour aux légumes). Chaque plat acheté permet de financer deux portions de fruits et légumes pour un étudiant via l’association Linkee. Côté hygiène, les gels lavants sont formulés à Vichy (Allier) par les laboratoires BioSeasons, tandis que les protections périodiques proviennent de la Cellulose de Brocéliande en Bretagne.
Lutter contre toutes les formes de précarité.
L’initiative vise à couvrir l’ensemble des besoins essentiels, souvent négligés. La précarité menstruelle, qui touche une femme sur trois en France, est ciblée par la vente de serviettes hygiéniques : un paquet acheté équivaut à une journée de protection offerte via Dons Solidaires. De même, la précarité étudiante et infantile fait l’objet d’une attention particulière, alors que 20 % des parents admettent avoir déjà peiné à subvenir aux besoins de leurs enfants.
Annaïk Payen, Responsable des Relations Entreprise chez Dons Solidaires, salue cette approche systémique : « Ramdam Social représente le pont dont nous avons besoin entre le monde associatif, les industriels, les distributeurs et les consommateurs. Nous croyons fermement qu’il s’agit d’un des modèles qui peut faire bouger les lignes pour l’avenir du don et de la solidarité en France ».
Une distribution grand public.
Pour maximiser son impact social, la start-up a misé sur une accessibilité maximale. Ses produits sont désormais référencés dans plus de 4 000 points de vente à travers l’hexagone, incluant des enseignes majeures comme Carrefour, Monoprix, Franprix, ainsi que dans les réseaux Relay et en pharmacie.
Avec une équipe de 15 personnes, Julie Boureau et Luc-Olivier Pieret entendent prouver que la consommation courante, qui représente 1 625 milliards d’euros par an, peut devenir une « forteresse contre la précarité ». En rendant le don indolore et intégré à la routine des courses, ils offrent aux citoyens le pouvoir d’agir concrètement, paquet par paquet.