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BORDEAUX : Formation – Alain Rousset s’insurge…

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BORDEAUX : Formation – Alain Rousset s’insurge contre les coupes budgétaires de l’État

Le président de la Région Nouvelle-Aquitaine demande au gouvernement de revenir sur la baisse drastique des financements dédiés à l’apprentissage et à la formation.

Le bras de fer se durcit entre les Régions et l’État concernant le financement de la formation professionnelle. Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, a adressé un courrier à Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, pour contester les orientations budgétaires de France Compétences pour l’année 2026. Au cœur du conflit : une réduction de moitié des dotations destinées au soutien de l’apprentissage et une diminution significative des fonds pour les Pactes régionaux d’investissement dans les compétences (Pric). Le budget 2026 de l’opérateur public, adopté le 27 novembre dernier dans un climat de tension ayant entraîné la démission des représentants régionaux du conseil d’administration, prévoit une enveloppe nationale de 134 millions d’euros pour le soutien à l’apprentissage, contre 268 millions en 2025.

Les investissements dans les CFA menacés.

Pour l’exécutif régional, cette coupe budgétaire de 50 % met en péril le modèle de développement de l’apprentissage sur le territoire.

« La Région Nouvelle-Aquitaine, qui a toujours soutenu l’apprentissage et qui a toujours investi massivement dans les CFA, va se retrouver dans une impasse financière l’an prochain », alerte Alain Rousset.

Les conséquences concrètes pourraient être l’arrêt pur et simple de nombreux chantiers. La Région fait état de près de 50 opérations de construction ou de rénovation en cours dans les Centres de Formation d’Apprentis (CFA). Ces engagements représentent 32 millions d’euros de dépenses pour 2026, alors que la dotation de l’État ne devrait s’élever qu’à 16 millions d’euros.

Plusieurs projets emblématiques sont désormais en suspens, notamment la construction de la « Tonnellerie du futur » à Cognac (6 millions d’euros), la Maison de l’industrie à Limoges (2 millions d’euros), ou encore les aménagements pour l’accueil des apprentis en situation de handicap au lycée d’Ahun. Alain Rousset s’inquiète également pour les formations « de premier niveau, celles attendues par les TPE, PME et artisans » ainsi que pour les cursus ruraux à faibles effectifs.

Une réduction massive des places de formation.

L’autre volet de cette inquiétude concerne la formation des demandeurs d’emploi. L’État envisage une réduction de 150 millions d’euros (-20 %) de son fonds de concours aux Pactes régionaux d’investissement dans les compétences (Pric). Selon les projections de la Région, l’impact social sera immédiat.

« Une perte supplémentaire de 15 millions d’euros amènerait la Région à retirer de son programme de formation plus de 10 000 places », prévient le président de Région. Cela représenterait une baisse de plus de 33 % de la capacité d’accueil des demandeurs d’emploi en formation.

Un risque juridique pour la collectivité.

Au-delà de l’aspect financier, la Région redoute une insécurité juridique. Karine Desroses, vice-présidente en charge de la Formation professionnelle, souligne que ces coupes placeraient la collectivité « en risque » vis-à-vis de ses prestataires. La Région pourrait ne plus être en mesure d’honorer les contrats pluriannuels déjà signés, les modifications budgétaires excédant les seuils de tolérance habituels.

Alain Rousset, qui avait déjà interpellé le ministère en novembre sur ce sujet, qualifie ces baisses de « brutales et drastiques » et appelle l’État à revoir sa copie pour éviter un « coup d’arrêt » à la dynamique de formation en Nouvelle-Aquitaine.

Le courrier détaillé est consultable ici : Lettre au ministre (https://www.datapressepremium.com/rmdiff/2005566/20260119-CP-LettreRoussetFarandou.pdf)