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BIOT : Edition 2024 Biot et les Templiers, « A l’au…

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Floriane Dumont
10 Mar 2024

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BIOT : Edition 2024 Biot et les Templiers, « A l’aube de l’Europe »

Du 5 au 7 avril 2024 aura lieu la 8e édition de Biot et les Templiers, dont le thème sera cette année « À l’aube de l’Europe », mettant en lumière l’expansion des commanderies templières à travers le continent européen qui ont constitué ainsi la première communauté européenne avant l’heure.

Après 9 années d’absence, cette manifestation d’envergure a fait son grand retour en 2023 et s’est achevée sur un bilan extrêmement positif : 100 000 visiteurs ont été accueillis tout au long du week-end, soit près de deux fois plus que lors de la précédente édition en 2014 ! Un succès qui a fait de Biot et les Templiers le premier événement de la Côte d’Azur.

Pendant 3 jours, Biot se transforme en une véritable cité médiévale au temps des Templiers, permettant aux visiteurs de s’immerger au cœur du XIIIe siècle afin de revivre un incroyable voyage dans le temps. Reconstitution de campements, village d’artisans médiévaux, défilé aux flambeaux, combats, tournois, spectacles équestres, gueux, troubadours et musiques médiévales embarqueront le public tout droit au Moyen-Âge. Sans oublier les spectacles de haut vol (avec des nouveautés inédites) et les animations 100% gratuites qui font le succès de l’événement.

LE THÈME DE L’ÉDITION 2024 : À L’AUBE DE L’EUROPE

L’Ordre du Temple apparaît dans un contexte tourmenté, après la première Croisade. En 1120, les Etats Latins d’Orient sont formés et les pèlerins chrétiens affluent par milliers en pèlerinage pour rejoindre la sainte cité de Jérusalem. Cependant, les guerres post[1]croisade sont incessantes et les chemins de pèlerinage incertains. Àvcette époque, les chevaliers chrétiens sont retournés sur leurs terres à travers l’Europe et seuls les chanoines du Saint-Sépulcre et les Hospitaliers de Saint-Jean restent à Jérusalem. Chacun a des missions distinctes et encadrées par l’Eglise.

Les premiers, l’ordre du Saint-Sépulcre, assurent la sécurité de la cité de Jérusalem et ne peuvent quitter les lieux pour secourir les pèlerins en danger sur les routes qui mènent à la ville sainte, tandis que les autres, l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean, assurent les soins à la population locale et offrent l’hospitalité aux pèlerins (ils donneront d’ailleurs leur nom au mot « hôpital »). Ils n’ont pas encore l’autorisation d’être en arme. Face à ce constat, Hugues de Payns, chevalier champenois ayant participé à la première croisade et resté à Jérusalem, souhaite fonder un ordre à la fois religieux et militaire dont la mission première serait de parcourir le territoire chrétien pour assurer la sécurité des pèlerins à travers l’Europe et défendre la chrétienté en Orient. Accompagné de quelques dizaines de chevaliers restés en terre sainte, Hugues de Payns forme la milice des Pauvres Chevaliers du Christ.

Le roi de Jérusalem Baudouin II fait appel à cette milice du Christ pour défendre Antioche qui subit de nombreuses attaques par les Turcs Seljukides. Pour les remercier, il les accueille dans son palais bâti sur le Temple de Salomon. Les Pauvres chevaliers du Christ deviennent alors les chevaliers du Temple ou templiers. Afin d’obtenir une légitimité de l’Eglise et faire grossir ses rangs, le champenois Hugues de Payns parcourt l’Europe à la recherche d’appuis ecclésiastiques et de chevaliers aguerris. Les rangs de la milice grandissent et se composent de chrétiens venus de tous les royaumes, duchés, comtés et marchés d’Europe. Avec le concours du bourguignon et abbaye, Bernard de Clervaux, auteur de la règle de la « Nouvelle chevalerie » qui l’inspirera fortement pour la rédaction de la règle de l’ordre du Temple, le pape accorde sa confiance à cette nouvelle milice.

Après le concile de Troyes en 1129 et la définition de la règle de l’ordre du Temple rédigée en langue d’Oil alors que les textes religieux n’emploient d’usage que le latin, les Templiers constituent l’armée permanente des Etats Latins aux côtés des Hospitaliers de Saint-Jean et de l’ordre Teutonique issus du Saint-Empire Romain Germanique. La position de l’ordre du Temple se consolide en Orient et dans la péninsule ibérique et les donations se multiplient en Occident. En 1145, une bulle papale autorise les chevaliers du Temple à voyager à travers l’Europe en toute liberté et à y installer des commanderies. Après la France, les commanderies fleurissent en Angleterre, puis en Ecosse, dans l’actuelle Italie, au Portugal, en République Tchèque, dans les Flandres, en Allemagne…

Entre le XIIème siècle et le début du XIVème siècle, près de 2000 commanderies templières s’installent en Europe dont 900 sur le seul territoire de l’hexagone. Au-delà des missions militaires et des devoirs religieux, les Templiers exploitent eux-mêmes leurs terres et deviennent les acteurs d’un commerce fleurissant à travers l’Europe et l’Orient. De nombreux échanges culturels, culinaires, vestimentaires et architecturaux sont directement hérités de ces liens que les Templiers ont tissé à travers l’Europe. Pour l’anecdote, la langue d’Oil (français du nord) était également la langue officielle des Templiers à travers le monde.