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BERLIN : Les allemands diplômés quittent le pays

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Floriane Dumont
10 Déc 2023

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BERLIN : Les allemands diplômés quittent le pays

Du fait de la politique allemande désastreuse au niveau économique et énergétique axée sur les énergies vertes et l’arrêt du nucléaire, les allemands ont été 270000 à quitter le pays en 2022.

Une tendance qui devrait bientôt arriver en France, la même politique conduisant aux mêmes effets…

L’Allemagne n’a pas compris les leçons de la seconde guerre et s’obstine comme l’UE à refaire les mêmes erreurs. L’implication de l’Allemagne dans la guerre entre l’Ukraine et la Russie,a conduit à une hausse des prix vertigineuse des prix de l’énergie pour les ménages et les entreprises mettant en péril l’industrie allemande.

Le sabotage de Nordstream orchestré contre l’économie allemande et européenne n’a bizarrement jamais été élucidé même si quelques journalistes comme Seymour Hersh ont émis des hypothèses sourcées impliquant des alliés.

Parallèlement l’idéologie prime au sein des gouvernements allemands et des investissement faramineux ont été effectués dans les énergies renouvelables avec l’EnergieWende sans grand succès.

Sans gaz russe et sans nucléaire, l’industrie allemande est dans une impasse

En se coupant du gaz russe, le pays prive son industrie d’une source d’énergie peu chère. Et en décidant d’abandonner le nucléaire les verts allemands ont aussi coupé l’accès à une énergie abondante et relativement peu chère. Il est amusant de noter qu’alors que la société allemande Duravit s’est installée au Canada du fait de son énergie peu chère, l’Ontario vient de décider d’investir à nouveau dans le nucléaire après 30 ans d’arrêt: tout le contraire de la politique suivie en Allemagne sous l’impulsion des Verts. Et contrairement à l’opinion générale la guerre en Ukaraine est loin d’être la cause de ce coût de l’énergie démesuré : avant la guerre les entreprises allemands payaient leur électricité 50% plus cher qu’aux Etats-Unis du fait notamment de l’EnergieWende et du coût des renouvelables.

Récemment le gouvernement a du octroyer à Siemens 15 milliards d’euros de garanties bancaires suite aux pertes faramineuses enregistrées par le conglomérat allemand dans le secteur des éoliennes : une gabegie qui résume tout le problème des énergies renouvelables censée être très rentables sur le papier mais beaucoup moins dans les faits sans parler de leurs impact non négligeable sur l’environnement comme l’emprise au sol et la pollution dans les pays producteurs pour les panneaux solaires ou les effets sur la faune, l’environnement marin, le bétonnage des sols et le recyclage pour les éoliennes. On ne parle pas non plus de l’intermittence de ces énergies qui nécessitent de nombreuses centrales à gaz qu’on interdit aux citoyens mais qu’on développe en cœur de réseau mais nos gouvernements ne sont pas à un paradoxe près. Ou de leur durée de vie souvent réduite : ainsi on estime que 15% de la capacité des panneaux solaires allemands serait affectée par un vieillissement prématuré. A mettre en parallèle avec les coûts immenses générés par les dysfonctionnement des éoliennes de Siemens. « Un examen technique interne approfondi des parcs d’éoliennes a fait ressortir des résultats qui sont « bien pires que ce que j’aurais cru possible », avait reconnu Jochen Eickholt, patron de Siemens Gamesa. Les problèmes du groupe concernent des composants défectueux, principalement liés aux roulements et aux pales de rotor des turbines sur des installations terrestres » précisait alors le Figaro.

270000 allemands jeunes et diplômés ont quitté l’Allemagne en 2022

Beaucoup d’allemands commencent à se rendre compte que la politique suivie par le pays est suicidaire et en tirent les conséquences.

270000 allemands ont quitté le pays en 2022 pour s’installer à l’étranger soit le chiffre le plus élevé depuis 2016. Et ces allemands qui partent sont parmi les plus dynamiques. Ces allemands sont jeunes avec 35 ans en moyenne et 75% de ces migrants ont fait des études supérieures. « Ce sont tout simplement des gens qui sont insatisfaits de la politique et des réglementations en vigueur. Avec les restrictions que le gouvernement a imposées aux gens pendant la crise du Covid, les départs ont encore augmenté. Si je pense que je ne peux pas changer le système ici, alors il n’y a que deux possibilités : soit je m’adapte, soit je pars » a déclaré Jochen Schuppener à France Info, un conseiller pour les candidats qui souhaitent partir d’Allemagne. La plupart de ces allemands diplômés se rendent en Suisse, en Autriche ou aux Etats-Unis.

Ainsi en 2022, il y plus d’allemands qui ont quitté l’Allemagne qui y sont revenus. Et cette tendance n’est pas nouvelle mais s’accentue. Selon le journal Cicero, « les chiffres bruts  montrent que depuis 2005, chaque année, plus d’Allemands quittent leur pays que n’en reviennent de l’étranger. Quelque chose ne va plus ».

L’Allemagne perd des travailleurs hautement qualifiés et accueille des migrants sans diplômes

C’est un signe d’avertissement qui doit être pris au sérieux. L’Allemagne perd donc des travailleurs hautement diplômés et accueille des migrants venant d’Afrique ou du Moyen-Orient sans qualification. «On estime qu’environ 3,8 millions d’Allemands vivent hors d’Allemagne. Avec un taux d’émigration de 5,1 %, l’Allemagne se classe au troisième rang de l’OCDE, l’association des 38 principales nations industrielles du monde » note Contrepoints. On voit bien que cela risque d’entrainer l’Allemagne dans une spirale de tiers-mondisation.

Le journal allemand Cicero avait senti cette tendance : «beaucoup de gens trouvent la situation de plus en plus oppressante : un climat social rigide, des incursions politiques jusqu’à l’intimité. Et maintenant, il y a aussi l’inflation, les pénuries d’électricité et de gaz et, en même temps, l’insistance contrefactuelle du gouvernement sur les prétendus bienfaits de la transition énergétique allemande. L’idée pourrait bien vous venir à l’esprit de donner un nouveau souffle à la vie et de chercher le bonheur ailleurs » notait alors un journaliste  allemand en 2022. On pourrait faire ces reproches d’ailleurs à la politique similaire de l’UE.

Actuellement un débat vise à restreindre fortement l’immigration en provenance de Syrie, de Turquie ou d’Afghanistan. Les demandes d’Asile ont augmenté de 73% de janvier à septembre par rapport à l’an passé soit 250000 demandes. Sur 2023 il devrait donc y avoir plus de migrants illégaux entrés que d’allemands  ayant quitté le pays. SI cette tendance se confirme l’Allemagne plus d’immigrés extra-européens que d’allemands de souche d’ici 20-30 ans. Ces migrants s’ajoutent aux 1 million d’Ukrainiens arrivés depuis 2022.

De nouvelles mesures ont été implémentés qui visent à réduire l’immigration illégale avec des contrôles aux frontières de la République Tchèque, de la Pologne et de la Suisse depuis le 16 octobre ce qui a permis une très forte réduction de l’immigration illégale.

De plus, le Guardian rapporte que des mesures strictes ont été annoncées en début de mois qui visent notamment à réduire les droits aux prestations sociales pour les migrants.

Parallèlement pour palier au départ des allemands diplômés le pays veut faire venir plus d’immigrés diplômés alors que la main d’œuvre manque dans les secteurs des technologies de l’information, du médical…Selon le Deutsche Welle ces mesures visent à faciliter l’immigration de travailleurs qualifiés. Un autre problème se pose : le départ des industriels. L’Association allemande de l’automobile a indiqué que plus d’un cinquième de ses membres délocalisait à l’étranger. BASF, l’une des plus grands entreprises chimiques au monde a délocalisé une partie de sa production d’Allemagne vers la Chine.

La France va-t-elle connaitre une vague de départ massive de diplômés alors que les mesures économiques à base coercition écologique vont dans la mauvaise direction?

En France la même politique devrait logiquement conduire aux mêmes effets alors que la politique de l’UE est copiée sur le modèle allemand soit le développement des énergies vertes sans réel intérêts pour notre économie dotée du nucléaire, la fin des voitures thermiques qui va tuer notre industrie automobile au profit de pure players comme l’américain Tesla ou des constructeurs chinois ou les DPE qui vont paupériser toute une classe de petits propriétaires français et vont renchérir considérablement le coûts des loyers du fait des travaux énormes nécessités dans de nombreux logements pour ces règles staliniennes. On ne parle pas non de l’immigration massive d’une population non éduquée des pays d’Afrique et du Moyen-Orient qui transforme totalement la structure de la main d’oeuvre en France.

Les pays hors UE à privilégier pour les départs

Comme on le voit les allemands privilégient des pays en UE (Portugal, Suisse, Autriche) mais aussi hors UE comme la Suisse ou les Etats-Unis ayant sans doute fait le constat que l’UE prend de plus en plus la direction de l’ex URSS avec ses lois autoritaires et collectivistes…Les Etats-Unis n’interdisent pas la vente de voitures thermiques, n’obligent pas leurs citoyens à rénover à grand frais leurs maisons, à se passer du gaz ou du fiuol ou ne sacrifient par leur accès à l’énergie par idéologie. Malgré la guerre en Ukraine les prix de l’essence ont très peu augmenté aux Etats-Unis : l’Europe étant la grande perdante de ce conflit comme en 40…

Sans changement drastique du mode de la politique, du fonctionnement et des dirigeants de l’UE, les états membres vont perdre de la compétitivité et vont être encore plus déclassés vis à vis des Etats-Unis. Cela conduira à une vague encore plus massive de départs d’allemands, de français ou de citoyens membres d’états de l’UE…En France personne n’ose dire que la politique actuelle de l’UE nous conduira à la faillite. Le départ de nos meilleurs éléments n’est pas une solution mais un aveux d’échec.