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BEAUNE : Des sorties de la propriété impactées par le volum…

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BEAUNE : Des sorties de la propriété impactées par le volume de la récolte 2024

Après avoir soufflé le chaud, voire le brûlant, Donald Trump a révélé sa copie : ce sont finalement des droits de douanes de 20 % qui s’appliqueront désormais pour les vins européens exportés aux USA.

La filière regrette fortement cette décision qui est un coup dur pour les vins de Bourgogne sur son premier marché à l’export. Elle va impacter fortement les exportateurs, leurs partenaires mais aussi les consommateurs américains. Le sentiment dans le vignoble est toutefois partagé entre sidération et un certain soulagement.

Le couperet est tombé

Dans la mesure où des droits de douane à 200 % avaient été annoncés avec fracas le 13 mars dernier, l’annonce d’hier soir d’appliquer des droits de douane à hauteur de 20 % a été accueillie avec désolation mais aussi un certain soulagement, la filière ayant l’impression d’avoir d’échappé au pire. En effet, si cette nouvelle mesure affectera nos exportations, l’impact sur les vins de Bourgogne pouvant avoisiner les 100 millions d’euros, elle ne provoquera pas un coup d’arrêt brutal comme cela aurait été le cas avec des taxes supérieures…

Après deux belles campagnes, 2022-2023 et 2023-2024, la campagne 2024-2025 est marquée par un millésime 2024 moins généreux. Ce qui, automatiquement, impacte la dynamique des sorties de propriété en volume sur les 7 premiers mois de campagne :

 – 17,4 % / 7 mois 2023-2024. Comme pour la campagne 2021-2022, les transactions intrarégionales en vrac (de bourguignon à bourguignon) se calent en grande partie sur la récolte de la campagne et provoquent pour les 7 premiers mois de la campagne 2024-2025 une baisse de – 26,9 % en volume / 7 mois 2023-2024. Cette baisse est largement due au retrait des sorties de la catégorie « Raisin & Moût » (- 37,7 %), qui représentent 69 % du total des sorties de propriété en vrac des 7 premiers mois de la campagne 2024-2025 (70 % pour la moyenne quinquennale).

Même si les sorties de propriété en vrac sont en baisse, elles totalisent un volume d’environ 553 000 hl sur les 7 premiers mois de la campagne 2024-2025 et représentent presque les 2/3 des sorties de propriété. Les sorties en format bouteille sont, quant à elles, en croissance : + 3,9 % / 7 mois campagne 2023-2024. Elles représentent 38,5 % du total des sorties, ce qui les place au-dessus de la moyenne quinquennale (36,7 %).

A l’identique des sorties de propriété, les transactions enregistrées par le BIVB sont en baisse de 18,8 % pour les 7 premiers mois 2024-2025 / 7 mois 2023-2024, pour atteindre un volume de plus de 513 800 hl :

  • 82,2 % des volumes de transactions concernent le millésime de la campagne (2024), pour un volume de 422 460 hl (- 30,2 % / 2023 mais + 16,4 % / 2021, hors intragroupe).

  • Ce volume en transactions du millésime 2024 reste cependant supérieur aux campagnes de faibles récoltes de ces 10 dernières années, + 25,6 % / 2021.
  • • Les transactions des 7 mois 2024-2025 entre acteurs de la filière bourguignonne ont représenté 21 % du disponible en début de cette campagne, ce qui les place au niveau de la moyenne de ces 10 dernières années.
  • • Les stocks à la propriété en début de campagne 2024-2025 (début août 2024) étaient en hausse de + 19,2 % / août 2023 et + 11,2 % / moyenne quinquennale.

La campagne 2024-2025 démarre avec une récolte inférieure à la moyenne quinquennale : de 1,21 million d’hectolitres, soit un peu plus de 161 millions de bouteilles (- 36,4 % / 2023 mais + 20,8 % / 2021).

Toutefois, grâce aux très beaux millésimes 2022 et 2023 qui ont permis la reconstitution quantitative et qualitative des stocks, la Bourgogne est bien plus sereine qu’en 2016 ou 2021, avec plus de 2,49 millions d’hectolitres de disponible en début de campagne (289 300 hl de plus qu’en 2021, soit l’équivalent de plus de 25 millions de bouteilles). La variabilité importante des 5 dernières récoltes impacte peu la moyenne de production, mais l’écart type, élevé par rapport à cette moyenne, impacte les dynamiques de commercialisation. La légère croissance en volume (+ 0,7%) est inférieure à l’augmentation des surfaces (+ 1 % par an), qui ne vient donc que compenser l’érosion des rendements sous l’effet du dérèglement climatique.

La Bourgogne travaille depuis plusieurs années à préserver au mieux son attractivité auprès des consommateurs, qu’ils soient experts ou débutants, motivés à vivre de nouvelles expériences. Le fruit du travail de plusieurs générations de bourguignons et les décisions prises aux époques clés permettent aujourd’hui à certains vins de Bourgogne d’être dans des segments de marché avec encore de la croissance.