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BAYONNE : Municipales 2026 – Les langues régionales s…

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BAYONNE : Municipales 2026 – Les langues régionales s’invitent au cœur des programmes électoraux

Le collectif Pour que vivent nos langues exhorte les candidats aux municipales à intégrer la revitalisation des idiomes territoriaux dans leurs projets.

Alors que la campagne pour les élections municipales de mars 2026 bat son plein sur l’ensemble du territoire, la question de l’identité culturelle et linguistique s’impose dans le débat public. L’association « Pour que vivent nos langues », structure de référence dans la défense de la diversité linguistique, a interpellé hier, depuis Bayonne, l’ensemble des candidats en lice. L’objectif est clair : rappeler l’importance capitale de la mise en place de politiques linguistiques à l’échelle communale, un échelon jugé indispensable à la revitalisation des langues régionales dans les différents territoires de l’Hexagone.

Une compétence partagée par la loi

L’association tient avant tout à rappeler le cadre légal qui régit l’action publique en la matière. Si les grandes lignes législatives sont votées par les parlementaires au niveau national, la mise en œuvre de la promotion de ces langues relève de tous les échelons institutionnels, sans exception. Le collectif s’appuie sur l’article L. 1111-4 du Code général des collectivités territoriales (CGCT) pour étayer son propos.

Ce texte de loi précise en effet que « les compétences en matière de culture, de sport, de tourisme, de promotion des langues régionales et d’éducation populaire sont partagées entre les communes, les départements, les régions et les collectivités à statut particulier ». Il ne s’agit donc pas d’une option facultative ou d’une prérogative exclusive des Régions, mais bien d’une responsabilité partagée qui incombe également aux maires et à leurs équipes municipales.

Le rôle prépondérant de l’échelon communal

Si des politiques linguistiques publiques sont déjà développées dans certains territoires, souvent pilotées à l’échelle régionale par le biais d’Offices publics dédiés, « Pour que vivent nos langues » insiste sur le rôle prépondérant des communes. En tant que collectivités de très grande proximité avec les administrés, elles disposent des leviers les plus efficaces pour inscrire la langue dans le quotidien des habitants.

Pour le collectif, une véritable politique linguistique communale ne se limite pas à des déclarations d’intention. Elle doit se traduire par l’adoption, en conseil municipal, de plans de revitalisation construits à travers des mesures concrètes et tangibles. Ces plans doivent permettre de normaliser l’usage de la langue territoriale et d’assurer sa transmission aux générations futures.

Quatre axes majeurs pour agir concrètement

Pour guider les futurs élus, l’association détaille une série de mesures pouvant s’articuler autour de quatre axes stratégiques. Le premier concerne les moyens alloués : il s’agit de voter un budget de fonctionnement propre à la politique linguistique ou encore de créer un poste de chargé de mission dédié à la langue territoriale au sein de la mairie.

Le deuxième axe porte sur la transmission. La commune peut jouer un rôle moteur en formant ses agents municipaux ou en facilitant le développement de l’offre d’enseignement en langue régionale sur son territoire. Le troisième volet vise la pratique sociale de la langue. Cela implique de développer son usage au sein des services municipaux eux-mêmes, mais aussi de mener un travail de sensibilisation auprès du tissu associatif et des commerces locaux.

Enfin, la visibilité constitue le quatrième pilier de cet engagement. L’association préconise le développement d’un bilinguisme équilibré dans toute la communication municipale, ainsi que dans la signalétique des rues et sur les bâtiments publics. C’est par cette présence visuelle quotidienne que la langue retrouve sa place légitime dans l’espace public.

Un appel à la clarté démocratique

À quelques semaines du scrutin, « Pour que vivent nos langues » demande solennellement que les candidats prennent en considération cette thématique, au même titre que l’urbanisme ou la sécurité. Pour l’organisation, il est essentiel que « les électeurs soient éclairés sur leurs intentions en la matière ». Les citoyens sont ainsi invités à examiner les programmes pour y déceler ces engagements concrets, indispensables à la pérennité du patrimoine linguistique local.