ARLES : Exposition « Photographie générée et dégénérée » au…
Partager :

ARLES : Exposition « Photographie générée et dégénérée » au Festival OFF, du 8 au 26 juillet
En 1937, le régime nazi présentait l’exposition Entartete Kunst : « Art dégénéré ».
Le mot désignait ce qui devait être rejeté : les formes impures, les imaginaires réfractaires, les artistes qui échappaient à l’ordre esthétique et politique.
Près d’un siècle plus tard, le terme n’a rien perdu de sa violence. Il continue de circuler, parfois sous d’autres noms. Chaque époque invente ses catégories, ses exclusions, ses normes du visible. Chaque époque décide quelles images rassurent et quelles images dérangent. Les périodes brunes s’affirment rarement tout de suite par les autodafés. Elles commencent par le classement des corps, des récits et des images.
Nous vivons dans une période où les discours affirment une simplification désirable. Les identités se cristallisent, les récits se ferment, les nuances deviennent suspectes, les lignes sont droites, l’organique ne résiste plus à la rigidité des normes. Les algorithmes privilégient ce qui ressemble déjà à ce que nous connaissons. Le doute devient un défaut, la complexité : un obstacle.
De cette sensation, Nicolas Havette a lancé un appel à participation sous le titre (DÉ)GÉNÉRÉ(E)S. Non pour rejouer une histoire connue, mais pour interroger ce que pourrait être, aujourd’hui, une photographie dégénérée. Une photographie qui refuse de se tenir tranquille. Une photographie qui déborde de son cadre, contamine les catégories, trouble les certitudes. Près d’une vingtaine d’artistes ont été retenus pour la singularité de leur démarche et la pertinence avec laquelle ils interrogent les mutations contemporaines. Tous ont accepté de se retrouver sous cette bannière volontairement provocatrice, conscients que certains mots méritent parfois d’être retournés contre leur propre histoire.
Ce qui réunit ces artistes n’est ni une esthétique commune ni une génération. Leurs pratiques sont parfois contradictoires. Elles utilisent l’archive, le document, la fiction, le collage, l’installation, l’image vernaculaire, l’intelligence artificielle ou les procédés photographiques les plus divers.
Mais toutes partagent une même méfiance envers les récits trop simples.
Le commissariat devient ici un acte de montage. Les œuvres ne sont pas réunies pour illustrer un thème mais pour produire des écarts et des collisions. Présentées sous la forme d’un vaste cabinet de curiosités contemporain, les images se répondent, se contredisent parfois, se contaminent souvent.
Cette exposition gratuite s’inscrit dans le cadre du Festival OFF Arles.
LES ARTISTES EXPOSÉS
Pepe Atocha, Roger Ballen, Jacques Bastide, Zoé Borie, Jean-Christian Bourcart, Francesco Canova, Myriam Chastagnier, Denis Darzacq, Frédérique Daubal, Léa Devenelle, Frédéric Fornini, Isabelle Ha Eav, Jordan Horion, Chia Huang, Françoise Lambert, Marthe Lazarus, Stephane Lenthal, Adrien Limousin, Clara Montrieul, Matthias Olmeta, Ayline Olukman, Fabienne Paradeis, Lilie Pinot, Marion Pons, Adeline Praud, Bruno Privat, Kaëlis Robert, Valia Russo, Myriam Santos, Neckel Scholtus, Vladimir Seleznev, Luc Texier, Lou Thiebaut et Isabelle Vaillant.
(DÉ)GÉNÉRÉ(E)S
Photographie générée et dégénérée
8 – 26 juillet 2026
À l’Étoile de la Roquette, Arles
SOURCE : Actualités estivales arlésiennes 2026.

