AIX EN PROVENCE : Angelin PRELJOCAJ : « C’est le meil…
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AIX EN PROVENCE : Angelin PRELJOCAJ : « C’est le meilleur hommage à rendre à Marius Petipa que de réinventer les choses »
Le Grand Théâtre de Provence présente du 10 au 14 février une relecture contemporaine et écologique du chef-d’œuvre de Tchaïkovski signée par le chorégraphe Angelin Preljocaj.
C’est un monument du répertoire classique qui s’installe à Aix-en-Provence la semaine prochaine. Après avoir revisité *Blanche Neige* et *Roméo et Juliette*, Angelin Preljocaj s’attaque au mythe de la princesse-cygne. Du mardi 10 au samedi 14 février, le Grand Théâtre de Provence accueillera cette pièce pour 26 interprètes, mêlant la partition originale de Tchaïkovski à des arrangements électro, pour une durée d’1h50 d’intensité chorégraphique.
Un Everest de la danse revisité
S’attaquer à une telle œuvre n’est pas anodin pour un créateur contemporain. « Pour moi c’est un Everest, un monument de la danse. S’y attaquer est un vrai défi en soi », confie Angelin Preljocaj.
Loin de la simple reprise, le chorégraphe a choisi de transposer le conte féerique dans les problématiques brûlantes de notre époque. L’histoire oppose désormais l’univers de l’industrie et de la finance à celui de la Nature. Si la trame amoureuse et le sortilège demeurent, le contexte change radicalement : au bord du lac, le sorcier Rothbart souhaite exploiter un gisement d’énergie fossile, un plan contrarié par la jeune Odette.
Une fable écologique et sociale
Dans cette version, les personnages acquièrent une nouvelle dimension sociale. « Rothbart est toujours là, c’est un sorcier à ses heures, un personnage très ambigu. Il n’est pas seulement magicien, il a d’autres fonctions sociales. Il peut représenter des hommes d’affaires ou des industriels exploiteurs, qui peuvent être néfastes à nos sociétés », explique le chorégraphe.
Les parents de Siegfried, souvent secondaires dans les versions classiques, jouent ici un rôle central. Le père de Siegfried, figure tyrannique, tente de s’associer à Rothbart pour construire une usine, scellant ainsi une alliance délétère où le mariage des enfants sert des intérêts financiers. « En réalité le père et Rothbart se mettent d’accord pour marier le fils à la fille, pour faire fructifier le patrimoine », ajoute Angelin Preljocaj.
Respecter l’œuvre en la bousculant
Musicalement, la production conserve 90% de la partition de Piotr Ilitch Tchaïkovski, complétée par des musiques additionnelles du collectif 79D pour apporter une touche contemporaine. Sur scène, la scénographie est sublimée par les vidéos de Boris Labbé et les lumières d’Éric Soyer.
Si Angelin Preljocaj s’est appuyé sur certains traits chorégraphiques originaux tel un palimpseste, il a entièrement réécrit la danse. « En vérité, la chorégraphie n’est pas du tout d’après Marius Petipa, car je l’ai entièrement réécrite […] C’est peut-être le meilleur hommage à rendre à Marius Petipa que d’entrer dans son processus créatif, de réinventer les choses », conclut l’artiste.
Informations pratiques
Le spectacle sera joué au Grand Théâtre de Provence (380 avenue Max Juvénal, Aix-en-Provence) aux horaires suivants :
* Mardi 10 février à 20h
* Mercredi 11 février à 19h
* Jeudi 12 février à 11h
* Vendredi 13 février à 20h
* Samedi 14 février à 20h
La billetterie et les informations complémentaires sont disponibles sur le site des Théâtres (https://www.lestheatres.net/) ou par téléphone au 08 2013 2013. Un teaser vidéo du spectacle est également visible en ligne (https://www.youtube.com/watch?v=HC3z9jM–aw).