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ABIDJAN : Économie – Afreximbank mobilise les experts contre le déficit de financement du commerce

Réunis à Abidjan par Afreximbank, des experts internationaux ont exploré des solutions structurées pour combler le déficit commercial africain estimé à 100 milliards de dollars par an.

Alors que les marchés émergents continuent de naviguer dans un contexte financier mondial complexe, la capitale économique ivoirienne a été, en novembre dernier, le théâtre d’échanges cruciaux pour l’avenir économique du continent. La 25ème édition du séminaire sur le financement du commerce (ATFS2025), orchestrée par la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank), a permis de poser les jalons d’une nouvelle approche pour soutenir les échanges intra et extra-africains.

Des solutions structurées face à la crise.

L’enjeu abordé lors de cette rencontre était de taille : le déficit de financement du commerce en Afrique demeure un obstacle majeur au développement, chiffré à environ 100 milliards de dollars américains annuels. Ce manque de liquidités frappe de plein fouet les petites et moyennes entreprises (PME), qui constituent pourtant plus de 90 % du tissu entrepreneurial africain mais restent largement sous-desservies par les banques traditionnelles.

Pour pallier cette carence, les discussions se sont concentrées sur les mécanismes de financement innovants.

Gwen Mwaba, Directrice générale du Financement du commerce et des services bancaires correspondants pour Afreximbank, a souligné l’importance de l’ingénierie financière lors de son intervention : « Le financement structuré du commerce est le moyen pour l’Afrique de transformer des accords non bancables en échanges commerciaux viables. Ce séminaire donne aux dirigeants financiers les outils nécessaires pour libérer une croissance à grande échelle, en particulier dans un contexte difficile ».

L’impératif de l’autonomie financière.

Le séminaire a également mis en lumière la nécessité pour l’Afrique de renforcer sa souveraineté technique en matière de finance. Face au durcissement des réglementations mondiales et au retrait progressif de certains prêteurs internationaux, le continent doit compter sur ses propres forces.

« L’Afrique doit renforcer sa propre capacité à déployer des financements commerciaux structurés », a insisté Gwen Mwaba.

L’organisation de ce type de formation directement sur le sol africain, plutôt que dans les places fortes habituelles comme Londres ou Singapour, répond à une logique d’accessibilité et d’efficacité, permettant de former un plus grand nombre de professionnels locaux à moindre coût.

L’affacturage et l’énergie au cœur des débats.

Au-delà des grands principes, les travaux d’Abidjan ont permis d’approfondir des thématiques techniques spécifiques. L’atelier sur l’affacturage, qui s’est tenu en clôture de l’événement, a offert des pistes concrètes pour optimiser la trésorerie des entreprises. Des experts de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et de S&P Global Commodity Insights sont également intervenus sur des sujets pointus tels que le rôle émergent de l’Afrique dans le financement mondial de l’énergie et les prêts basés sur les réserves. Cette mobilisation des acteurs du secteur bancaire, des entreprises et des régulateurs confirme le rôle central d’Afreximbank, notée A par GCR et Baa1 par Moody’s, dans la mise en œuvre de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf).