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PARIS : Précarité énergétique – Des ONG appellent à une loi d’urgence face à la hausse du gaz

À la veille d’une nouvelle hausse du prix du gaz, un collectif d’associations exhorte le Gouvernement à légiférer pour garantir l’accès à l’énergie.

Le portefeuille des ménages français s’apprête à subir un nouveau choc. Dès demain, mercredi 1er juillet 2026, les tarifs réglementés du gaz connaîtront une augmentation significative de 7,1 %, tandis que les offres à prix fixe subiront une hausse plus modérée de 1,5 %. Cette flambée, justifiée par le contexte géopolitique au Moyen-Orient et l’application de nouveaux mécanismes de financement, ravive les inquiétudes sur la précarité énergétique.

Face à cette situation, un collectif d’organisations composé du réseau Cler, du Réseau Action Climat, du Secours Catholique-Caritas France et de T&E France monte au créneau. Il appelle le Gouvernement à présenter sans délai un projet de loi visant à sanctuariser l’accès à l’énergie pour tous, que ce soit dans le logement ou pour la mobilité.

Un arbitrage insoutenable pour les plus fragiles

Pour les associations, l’urgence est absolue. La hausse continue des coûts de l’énergie contraint des millions de personnes à des choix impossibles au quotidien.

« Il y a urgence à légiférer pour que plus personne n’ait à choisir entre se déplacer, se chauffer, se nourrir, se soigner… et améliorer durablement les conditions de logement et de déplacements pour toutes et tous », alerte Etienne Charbit, responsable de projet Europe au réseau Cler.

Le constat s’appuie sur des chiffres alarmants. En 2023, la France comptait déjà 3,1 millions de ménages en situation de précarité énergétique. Les passoires thermiques, qui concernaient 3,9 millions de résidences principales au 1er janvier 2025, aggravent une situation où le logement et la mobilité pèsent pour 9,3 % du budget des ménages.

Une feuille de route sociale pour le climat

Le projet de loi défendu par le collectif vise à mettre fin à ce qu’il qualifie de « cercle vicieux ». Il propose notamment que la France transpose enfin le droit européen en élaborant sa propre « feuille de route sociale pour le climat », un document attendu depuis un an.

Cette feuille de route permettrait de structurer et de renforcer les dispositifs d’aide existants. Les organisations citent en exemple un renforcement de MaPrimeRénov’ pour les rénovations énergétiques d’ampleur, avec des plafonds revus à la hausse et une enveloppe budgétaire beaucoup plus conséquente pour les ménages les plus vulnérables. La France doit en effet doubler ses investissements annuels pour la transition écologique d’ici 2030, soit une augmentation de 82 milliards d’euros par an.

Un soutien direct et des solutions de long terme

À court terme, pour amortir l’impact de la hausse des prix, les quatre organisations préconisent la mise en place d’un « soutien temporaire pour l’accès à l’énergie ». Concrètement, il s’agirait d’un versement financier direct destiné aux ménages modestes et intermédiaires.

Cependant, les signataires insistent sur le caractère temporaire d’une telle mesure.

« Cette mesure n’a de sens que si elle est combinée à moyen et long terme avec des solutions de transition plus accessibles pour sortir enfin de la dépendance aux énergies fossiles », précise le document commun.

L’objectif final reste d’accélérer la sortie des énergies fossiles, qui représentent encore près de 60 % de l’énergie consommée en France. Cela passe par un investissement massif dans la rénovation des bâtiments et le déploiement d’alternatives à la voiture individuelle thermique, deux leviers essentiels pour réduire durablement les factures et renforcer la souveraineté énergétique du pays.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).