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PARIS : Souveraineté numérique et énergétique – L’avenir des réseaux au cœur des Assises du Très Haut Débit
Les Assises du Très Haut Débit réuniront le 2 juillet à Paris experts, industriels et régulateurs pour débattre des enjeux cruciaux de la résilience des infrastructures.
La convergence des crises énergétique, géopolitique et technologique place la France et l’Europe face à des défis stratégiques majeurs. C’est dans ce contexte que se tiendront les Assises du Très Haut Débit le jeudi 2 juillet 2026 à la Maison de la Chimie à Paris. Cet événement réunira un parterre d’experts, de décideurs politiques et de dirigeants d’entreprise pour aborder les questions fondamentales de la souveraineté numérique et de la résilience des réseaux de télécommunications.
La journée sera ouverte par Jacques Marceau, président d’Aromates, et Damien Michallet, sénateur de l’Isère, avant une allocution de la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Anne Le Henanff. Un premier dialogue entre Laure de la Raudière, présidente de l’Arcep, et Emmanuelle Wargon, présidente de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), posera d’emblée le cadre : celui d’une interdépendance croissante entre les mondes du numérique et de l’énergie.
Un carrefour énergétique et numérique critique
La première session, intitulée « Transformation numérique et électrification des usages », s’attaquera au changement de paradigme en cours. L’explosion des usages liés au cloud, à l’intelligence artificielle et au très haut débit soulève une question centrale : la souveraineté numérique peut-elle encore être pensée indépendamment de la souveraineté énergétique ? Les débats, introduits par une présentation du rapport « Data 2040 » du CEA, s’articuleront autour des risques de dépendance, qu’ils concernent l’approvisionnement en énergie décarbonée, la concentration des capacités de calcul ou la fragilité des réseaux de connectivité. Les intervenants, parmi lesquels la sénatrice Patricia Demas et des représentants d’Orange et d’Enedis, se demanderont si la résilience passe par la sobriété ou par la construction d’infrastructures massives et maîtrisées.
Fibre, 5G, satellite : concurrence ou complémentarité ?
La deuxième table ronde s’interrogera sur l’économie des réseaux face à la montée en puissance des technologies sans fil. Alors que la 5G et les constellations satellitaires du « new space » se développent, la fibre optique reste-t-elle l’infrastructure structurante à long terme ? La discussion portera sur la nature de la concurrence, technologique ou purement économique, entre ces différentes solutions. La pertinence de la course aux débits sur les réseaux optiques (vers 20 Gbit/s et au-delà) sera également questionnée face aux usages réels du marché. Des acteurs comme Ilham Djehaich-Mezouar, présidente d’Infranum, Christian Leon, directeur général d’Ericsson France, et Ariel Turpin, délégué général de l’Avicca, débattront de l’avenir des réseaux : compétition frontale ou complémentarité organisée pour garantir performance et équité territoriale.
Datacenters : l’enjeu de la souveraineté industrielle
La dernière session se concentrera sur un maillon essentiel de la chaîne numérique : les datacenters. Peut-on réellement parler de souveraineté lorsque ces infrastructures critiques, bien que localisées en France, sont majoritairement exploitées par des acteurs non européens et dépendent de chaînes de valeur extra-européennes pour leurs composants matériels (serveurs, processeurs) ? Le débat, modéré par Agnès Le Meil d’Infranum, et auquel participeront notamment Jacques Oberti, député de la Haute-Garonne, et des représentants de la Banque des Territoires et de Nokia, posera la question d’une véritable politique industrielle. Faut-il continuer de privilégier l’attractivité économique ou conditionner l’implantation de nouveaux centres de données à des exigences stratégiques européennes pour éviter une dépendance jugée irréversible ?
La journée, qui s’achèvera par une intervention de Thomas Courbe, directeur général des Entreprises (DGE), s’annonce donc comme un moment clé pour définir les contours de l’autonomie stratégique française et européenne à l’ère numérique.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).


