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PARIS : Wiktor Bourée : « L’immobilier entre dans une crise…

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PARIS : Wiktor Bourée : « L’immobilier entre dans une crise silencieuse de l’énergie »

Pour Wiktor Bourée, CEO de Technis, la performance énergétique devient le facteur clé de la valeur immobilière, instaurant une rupture sur le marché.

Alors que les acteurs de l’immobilier continuent de s’appuyer sur des repères traditionnels comme l’emplacement ou les taux d’intérêt, une transformation profonde et silencieuse redéfinit la valeur des actifs. Dans une tribune, Wiktor Bourée, CEO de Technis, alerte sur l’émergence d’un nouveau paradigme où la maîtrise des coûts énergétiques devient un facteur de compétitivité majeur, voire un enjeu de survie économique pour les bâtiments.

Un changement de paradigme pour la valeur immobilière

Selon l’expert, le marché vit une rupture progressive et non une simple variation cyclique. La valeur d’un bien ne se mesure plus seulement à son prix d’achat, mais de plus en plus à son coût d’exploitation sur le long terme.

« Ce n’est plus seulement ce qu’un actif vaut à l’achat qui compte, mais ce qu’il coûte à exploiter dans le temps », souligne Wiktor Bourée.

Cette nouvelle réalité met en lumière une vulnérabilité économique massive, illustrée par un chiffre de la Commission européenne : près de 75 % du parc immobilier en Europe est jugé énergétiquement inefficace. Ce retard, bien au-delà de son impact environnemental, constitue une bombe à retardement financière qui commence déjà à hiérarchiser les actifs sur des bases entièrement nouvelles.

Des actifs majoritairement pilotés à l’aveugle

Malgré la pression réglementaire croissante et les exigences de reporting ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance), la gestion des bâtiments reste largement opaque. Les données de consommation, lorsqu’elles existent, sont fragmentées, dispersées et rarement exploitées en temps réel, empêchant toute action corrective rapide. Les décisions se fondent sur des relevés partiels et a posteriori.

« Piloter avec des données mensuelles revient à constater les écarts une fois qu’ils ont déjà produit leurs effets », analyse le CEO de Technis.

Cette absence de pilotage fin engendre des dérives structurelles : équipements fonctionnant sans lien avec l’occupation réelle, réglages figés, anomalies non détectées. Le gaspillage qui en résulte est considérable.

« Entre 10 et 20 % de l’énergie consommée dans les bâtiments tertiaires est gaspillée faute de pilotage fin », estime-t-il.

À l’échelle d’un portefeuille immobilier, cette inefficacité se traduit par une perte directe de valeur et des coûts opérationnels significatifs.

La donnée énergétique, nouveau levier opérationnel

Face à ce constat, la solution ne réside pas uniquement dans la rénovation lourde, mais dans la capacité à rendre les bâtiments existants intelligents et pilotables. Les avancées en matière de collecte de données et d’intelligence artificielle permettent désormais une gestion beaucoup plus fine. En croisant en temps réel les données énergétiques avec le taux d’occupation ou les conditions météorologiques, il devient possible d’ajuster en continu le fonctionnement des équipements.

Ces nouvelles approches technologiques peuvent générer de 10 à 30 % d’économies d’énergie sans engager de travaux structurels coûteux. Le bâtiment n’est plus un objet passif, mais un système dynamique capable de s’adapter pour optimiser sa performance. La donnée n’est plus un simple outil de reporting, elle devient un levier d’action et d’anticipation.

Vers une fracture irréversible du marché

Cette transformation est en train de redessiner le paysage immobilier. Une ligne de fracture se dessine entre deux catégories d’actifs. D’un côté, les bâtiments pilotés, qui maîtrisent leurs consommations, optimisent leurs coûts et répondent aux attentes des investisseurs. De l’autre, les bâtiments « subis », dont le fonctionnement opaque et les coûts instables les exposent à une obsolescence progressive.

« La prochaine crise immobilière s’installera progressivement, à mesure que l’écart se creusera entre les actifs capables de se piloter et ceux qui resteront subis », prévient Wiktor Bourée.

Pour le dirigeant, la conclusion est sans appel : un bâtiment sera désormais jugé sur sa capacité à fonctionner efficacement dans la durée. La distinction fondamentale sur le marché se fera entre les propriétaires qui maîtrisent leur énergie et ceux qui la subissent.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).