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PARIS : Alexandre BORN : « La canicule est une bombe à reta…

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PARIS : Alexandre BORN : « La canicule est une bombe à retardement sociale »

Face aux canicules, la foncière solidaire Bellevilles prône la réhabilitation du bâti ancien comme une réponse écologique et sociale.

Alors que la France est de nouveau confrontée à un épisode de canicule d’une intensité exceptionnelle ce samedi 27 juin 2026, la question de l’adaptation au changement climatique se pose avec une acuité renouvelée. Derrière l’enjeu sanitaire se cache une réalité plus complexe et profondément inégalitaire : la fracture thermique. Les ménages les plus modestes, ainsi que de nombreuses structures associatives ou artisanales logées dans des bâtiments anciens et mal isolés, subissent de plein fouet ces vagues de chaleur, sans disposer des moyens pour y faire face.

C’est dans ce contexte que des acteurs comme Bellevilles, une foncière solidaire, proposent de changer de paradigme. Plutôt que de miser sur des solutions palliatives comme la climatisation, leur approche se concentre sur la réhabilitation du parc immobilier existant pour le rendre plus sobre et résilient.

Une fracture climatique et sociale

La canicule n’est pas qu’un phénomène météorologique ; elle est aussi un révélateur et un accélérateur d’inégalités sociales. Vivre ou travailler dans une « passoire thermique » en hiver se traduit par des factures d’énergie exorbitantes. En été, ces mêmes lieux se transforment en véritables fournaises, créant une précarité énergétique estivale aux conséquences sanitaires graves. Cette double peine frappe en premier lieu les populations les plus vulnérables.

« La canicule révèle et aggrave des inégalités profondes. Subir plus de 30°C dans un logement mal isolé n’est pas une fatalité, c’est le symptôme d’une fracture sociale que nous devons combattre à la racine : celle de l’habitat », souligne Alexandre Born, cofondateur de Bellevilles.

Pour lui, la réponse ne peut être uniquement technologique ou individuelle, elle doit être structurelle et collective.

La réhabilitation, une alternative durable à la climatisation

Face à l’urgence, le recours massif à la climatisation apparaît pour beaucoup comme la seule solution. Or, cette réponse, en plus d’être coûteuse et énergivore, participe au réchauffement des villes par le rejet d’air chaud et l’émission de gaz à effet de serre. Bellevilles défend une vision opposée, axée sur la sobriété et l’intelligence constructive.

« Le réflexe de la climatisation est une solution de court terme qui aggrave le problème à long terme. Notre approche est de traiter la cause : nous transformons les passoires thermiques en refuges climatiques, sobres en énergie et accessibles à tous », poursuit-il.

L’objectif est de rénover en profondeur les bâtiments pour améliorer leur isolation, favoriser la ventilation naturelle et créer des espaces plus résilients, démontrant qu’il est possible de conjuguer confort d’été, transition écologique et justice sociale.

Repenser la ville à l’heure du changement climatique

La démarche de Bellevilles s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’avenir de nos villes. En privilégiant la réhabilitation à la démolition-reconstruction, la foncière s’attaque à l’immense enjeu du carbone « gris », c’est-à-dire l’énergie et les émissions liées à la production des matériaux de construction et au chantier lui-même.

Conserver et adapter le bâti existant est non seulement plus vertueux sur le plan environnemental, mais cela permet aussi de préserver le patrimoine et le tissu social des quartiers. À travers ses projets menés sur l’ensemble du territoire national, Bellevilles montre qu’une autre voie est possible, où la rénovation écologique devient un levier d’adaptation climatique et d’utilité sociale, au service des territoires et de leurs habitants.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).