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PARIS : Décommercialisation – Le Sénat alerte sur la…

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PARIS : Décommercialisation – Le Sénat alerte sur la vacance commerciale et propose un plan d’action

Face à une vacance commerciale qui touche plus d’un local sur dix, une mission sénatoriale présentera le 1er juillet ses solutions pour revitaliser les cœurs de ville.

La « décommercialisation » des centres-villes et des zones commerciales n’est plus un simple ressenti, mais un phénomène quantifiable et préoccupant. C’est le constat dressé par une mission d’information de la commission des affaires économiques du Sénat, qui présentera les conclusions de son rapport le mercredi 1er juillet 2026 à 13h30. La présidente de la commission, Dominique Estrosi Sassone (Les Républicains – Alpes-Maritimes), réunira la presse pour entendre les rapporteurs Marie-Lise Housseau (Union Centriste – Tarn), Patrick Chaize (Les Républicains – Ain) et Philippe Grosvalet (Rassemblement Démocratique et Social Européen – Loire-Atlantique).

Un constat alarmant : plus d’un local sur dix inoccupé

Le rapport met en lumière une réalité économique difficile : la vacance commerciale, qui se définit par le nombre de locaux commerciaux vides, affecte désormais plus de 10 % du parc national. Ce phénomène, autrefois concentré dans certaines villes moyennes, n’épargne plus les grandes métropoles.

Les sénateurs identifient plusieurs causes structurelles à cette érosion du tissu commercial. La multiplication des faillites, notamment dans le secteur de l’habillement, est la partie la plus visible d’une mutation profonde. Celle-ci est alimentée par la croissance continue du e-commerce, le développement de l’économie de la seconde main, le succès des enseignes de discount et, plus récemment, l’essor fulgurant des places de marché chinoises proposant des produits à ultra bas prix. À ces facteurs s’ajoutent des évolutions démographiques, de nouvelles attentes des consommateurs privilégiant les circuits courts ou l’expérience en magasin, et des niveaux de loyers commerciaux souvent déconnectés de la rentabilité réelle des activités.

Une transformation profonde plus qu’une fatalité

Au terme de leurs auditions et de leurs travaux, les trois rapporteurs ont acquis la conviction que cette « décommercialisation » n’était pas inéluctable. Elle traduit avant tout des transformations majeures auxquelles le commerce de détail doit s’adapter. Loin de brosser un tableau uniquement pessimiste, le rapport se veut une feuille de route pour accompagner cette mutation et inverser la tendance à la désertification.

Cinq axes pour redynamiser le commerce français

Pour faire reculer la vacance commerciale et soutenir les commerçants, la mission sénatoriale formule une série de préconisations articulées autour de cinq grands axes. Il s’agit en premier lieu de lutter fermement contre ce qui est qualifié de concurrence déloyale, en ciblant particulièrement les plateformes de e-commerce étrangères ne respectant pas les mêmes normes sociales, fiscales et environnementales.

Le deuxième axe vise à soutenir directement les commerçants par le biais de la fiscalité. Le rapport suggère également de rééquilibrer les relations, souvent tendues, entre les commerçants-locataires et les propriétaires-bailleurs de locaux commerciaux. Le quatrième pilier insiste sur la nécessité d’une action locale volontariste, pilotée par les maires et les intercommunalités, pour redynamiser activement les centres-villes via des politiques d’urbanisme commercial adaptées. Enfin, la mission préconise de favoriser l’appropriation par les commerçants des nouveaux concepts (magasins éphémères, lieux hybrides) et des outils digitaux, indispensables pour répondre aux nouvelles habitudes de consommation.

La présentation de ce rapport est attendue par de nombreux acteurs économiques et élus locaux cherchant des leviers concrets pour préserver la vitalité de leurs territoires.

La conférence de presse sera diffusée en direct et pourra être suivie sur le site internet du Sénat.

via Presse Agence.