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PARIS : Jean-Charles Colas-Roy (Coénove) : « Changer un coe…

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PARIS : Jean-Charles Colas-Roy (Coénove) : « Changer un coefficient ne réduit ni les factures, ni la précarité »

Coénove dénonce le projet de loi « Relance Logement » et sa modification du coefficient énergétique, jugée arbitraire et contre-productive.

PARIS – L’association Coénove, qui regroupe les acteurs de l’efficacité énergétique du bâtiment, tire la sonnette d’alarme. En cause, la présentation du projet de loi « Relance Logement », qui confirme l’intention du Gouvernement d’abaisser une nouvelle fois le coefficient de conversion entre énergie primaire et énergie finale (Ep/Ef) pour l’électricité. Ce dernier passerait de 1,9 à 1,7 dès le 1er janvier 2027, une décision qualifiée d’« aberration » par l’association qui y voit un artifice statistique dangereux pour la rénovation énergétique.

Un indicateur scientifique devenu une variable d’ajustement

Coénove rappelle que cet indicateur, censé refléter une réalité physique, est resté stable à 2,58 pendant 45 ans, de 1976 à 2021. Depuis, il a subi des révisions successives et contestées : 2,3 en 2021, puis 1,9 au 1er janvier 2026, et bientôt 1,7. Selon les calculs scientifiques de l’association basés sur le mix énergétique français de 2026, le coefficient devrait au contraire augmenter au-delà de 2,5, rendant la valeur actuelle de 1,9 déjà très favorable au chauffage électrique.

Cette manipulation des chiffres a des conséquences concrètes et trompeuses. La précédente révision a déjà permis de reclasser artificiellement près de 700 000 logements, les sortant du statut de « passoires énergétiques » sans le moindre travaux. Selon Coénove, un nouvel abaissement à 1,7 en ferait sortir 260 000 de plus. Le résultat : une amélioration sur le papier des étiquettes du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), mais aucune baisse réelle des consommations, des factures ou de la précarité énergétique pour les ménages.

Un risque économique et un brouillage des politiques publiques

Au-delà de l’effet d’aubaine statistique, l’association pointe des risques majeurs. Cette mesure favoriserait les technologies à « effet Joule » (radiateurs électriques classiques) et les équipements de climatisation, majoritairement importés d’Asie. Cela entraînerait une électrification excessive du parc immobilier, augmentant la tension sur le réseau électrique durant les pics de froid hivernaux et menaçant la sécurité d’approvisionnement du pays.

De plus, ce « yo-yo permanent » sur les normes et les indicateurs crée une confusion qui paralyse le marché. Les propriétaires et locataires, perdus face à l’instabilité des règles, reportent leurs projets de rénovation. Cette situation se traduit par une atonie générale du secteur du bâtiment, avec des conséquences économiques et sociales graves. Coénove souligne également le décalage croissant avec la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments (DPEB), qui prône le principe de l’« energy efficiency first » et un raisonnement en énergie primaire.

« Ce sont les bâtiments qu’il faut rénover »

Le président de Coénove, Jean-Charles Colas-Roy, dénonce un dévoiement de l’objectif initial de la politique de rénovation.

« Après 1,9, voici un projet de nouvelle baisse à 1,7 du coefficient Ep/Ef de l’électricité. Jusqu’où ira cette aberration ? À force de modifier les indicateurs scientifiques pour améliorer les statistiques, on finit par perdre de vue l’objectif principal : rénover réellement les logements. Changer artificiellement un coefficient ne réduit ni les consommations, ni les factures, ni la précarité énergétique », déclare Jean-Charles Colas-Roy, président de Coénove.

« N’oublions pas que les pertes en énergie primaire ont des conséquences tangibles avec, par exemple, l’arrêt de certains réacteurs nucléaires en été pour éviter de réchauffer les cours d’eau au-delà du raisonnable. Ce n’est pas le coefficient Ep/Ef qu’il faut modifier, ce sont les bâtiments qu’il faut rénover », ajoute-t-il.

Face à ce constat, Coénove appelle le Gouvernement à renoncer à ces ajustements qu’elle juge déconnectés des réalités scientifiques et techniques, et à engager un véritable débat avec la filière pour définir une stratégie de rénovation cohérente et durable.

À propos de Coénove

Constituée en octobre 2014, l’association Coénove rassemble les acteurs majeurs de l’efficacité énergétique dans le bâtiment – énergéticiens, industriels et professionnels. Ses membres sont convaincus de la pertinence d’une approche basée sur la sobriété, la complémentarité des énergies et le rôle des gaz verts dans la stratégie énergétique de la France. L’association œuvre pour préserver la souveraineté énergétique du pays, la sécurité d’approvisionnement et le pouvoir d’achat des Français. Elle se mobilise pour apporter des solutions innovantes et durables aux défis de la transition énergétique, en s’inscrivant dans le sens de l’intérêt général.

Pour en savoir plus : www.coenove.fr – Retrouvez Coénove sur LinkedIn (https://www.linkedin.com/company/coenove/), X (https://x.com/coenove) et YouTube (https://www.youtube.com/channel/UC_6ODV4hEKXG2afrmNP7OVQ).

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).