PARIS : Paul-Emmanuel REIFFERS : « J’ai besoin de l’âme »
Partager :

PARIS : Paul-Emmanuel REIFFERS : « J’ai besoin de l’âme »
Portrait de Paul-Emmanuel Reiffers, entrepreneur du luxe et collectionneur, qui a fait de sa passion pour la création le moteur de son succès.
« Pour que ça soit bien, il faut que ça fasse mal… »
C’est avec cette formule paradoxale que Paul-Emmanuel Reiffers, homme d’affaires et collectionneur, résume son approche. Une quête d’adrénaline qui le pousse à se sentir « fou », que ce soit en réalisant ses premiers achats d’art marquants – une paire de singes Lalanne et une œuvre de Gérard Garouste – ou en bâtissant un empire mondial. À l’aube de ses soixante ans, celui qui carbure « au champagne et à la salle de gym six fois par semaine » ne ralentit pas, convaincu que la jeunesse est avant tout une affaire d’énergie et de projets.
Un empire bâti sur l’audace
Il y a 35 ans, alors étudiant à La Sorbonne et président du Bureau des Élèves, Paul-Emmanuel Reiffers démontrait déjà une ambition hors norme. Il parvenait à réunir devant des amphithéâtres de 2 000 à 3 000 étudiants des personnalités comme Jean-Claude Trichet, Bernard Arnault, François Pinault ou Édouard Balladur. « Inspiré mais pas impressionné », se souvient-il de cette période formatrice.
Cette assurance le conduit, à seulement 27 ans, à fonder ce qui deviendra le groupe Mazarine. Aujourd’hui, l’entreprise est un leader de la communication spécialisée dans le luxe, la mode, l’art et la culture. Avec 21 agences réparties entre Paris, Milan, New York, Shanghai et Dubaï, et près de 600 collaborateurs suite au récent rachat de l’agence Bacchus, le groupe est un acteur global. Ses filiales, comme La Mode en Images pour l’événementiel de luxe et Arter pour l’ingénierie culturelle, lui permettent de conjuguer ses deux passions : la création et l’engagement artistique, au service des plus grandes marques.
La Fondation Reiffers, un tremplin pour la jeune création
Cet engagement s’est pleinement concrétisé en 2021 avec la naissance de son projet le plus personnel : le Studio des Acacias, un espace d’exposition parisien depuis rebaptisé Fondation Reiffers Initiatives. La vocation de la fondation est de soutenir et de promouvoir la jeune scène artistique française à travers un programme de mentorat unique : un artiste de renommée internationale parraine un talent émergent.
Ce fut le cas en 2025, lorsque le maître de l’art conceptuel Daniel Buren a accompagné le jeune performeur et sculpteur canadien Miles Greenberg. L’implication de Daniel Buren s’est d’ailleurs pérennisée à travers une œuvre permanente, « La Façade aux Acacias », qui transfigure aujourd’hui le bâtiment. Pour Paul-Emmanuel Reiffers, ce projet incarne une philosophie.
« Ce qui est excitant, c’est de rêver », affirme-t-il.
Saint-Tropez, refuge et écosystème
Face à une vie internationale trépidante, Saint-Tropez constitue son point d’ancrage. Il y passe trois semaines chaque été, dans une maison de village à l’abri des regards, un lieu de ressourcement où il a rencontré sa seconde épouse. Loin de n’être qu’un havre de paix, le village varois est aussi un lieu d’inspiration et d’action.
Passionné par le passé artistique du lieu, il salue et accompagne son renouveau, marqué par l’installation de galeristes prestigieux comme Thaddaeus Ropac et par le succès d’événements comme le PAD (Pavillon des Arts et du Design), dont il a intégré le comité d’honneur. Cette implication locale s’inscrit dans une vision plus large, qui l’a vu faire l’acquisition du prestigieux magazine Numéro en 2014, complétant ainsi son écosystème mêlant luxe, art et médias. Mais au-delà des stratégies et des investissements, c’est une autre quête qui anime le collectionneur.
« J’ai besoin de l’âme », résume-t-il.
via Presse Agence.

