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PARIS : Climat – La Fondation de la Mer alerte sur l’épuisement de l’Océan, régulateur thermique de la planète

Alors que la France subit des chaleurs extrêmes, la Fondation de la Mer rappelle que l’Océan, notre climatiseur naturel, est en surchauffe.

Face à la multiplication des épisodes caniculaires, la Fondation de la Mer tire la sonnette d’alarme sur une réalité scientifique souvent sous-estimée : le rôle vital de l’Océan dans la régulation du climat mondial. Dans une communication publiée ce mardi, l’organisation souligne que sans cette immense masse d’eau, les températures que nous connaissons aujourd’hui seraient considérablement plus élevées. L’Océan, longtemps perçu comme une simple victime du changement climatique, est en réalité un allié majeur dont la capacité d’absorption arrive à saturation.

Pour approfondir cet enjeu crucial, la Fondation a récemment organisé un webinaire, dont la rediffusion est accessible en ligne (https://www.youtube.com/watch?v=tjZLprlQygo).

Un rempart climatique qui s’affaiblit

Le rôle de l’Océan est colossal : il absorbe quotidiennement entre 25 et 30 % des émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO₂) issues des activités humaines. Plus encore, il capte plus de 90 % de l’excès de chaleur généré par les gaz à effet de serre. Cet effort titanesque a permis de limiter l’ampleur du réchauffement atmosphérique jusqu’à présent.

Cependant, ce bouclier naturel montre des signes d’épuisement. Les projections scientifiques sont alarmantes : d’ici à 2100, si le réchauffement est contenu à 2°C, l’Océan pourrait devoir absorber deux à quatre fois plus de chaleur. Dans les scénarios les plus pessimistes, ce chiffre pourrait être multiplié par cinq ou sept. Cette absorption massive n’est pas sans conséquences : en se chargeant de carbone, l’Océan se réchauffe, s’acidifie et, par un effet de cercle vicieux, perd progressivement son efficacité à capter le CO₂.

Des conséquences en cascade pour la biodiversité

Le réchauffement des eaux océaniques a des impacts directs et dévastateurs sur la vie marine. Il entraîne une diminution de la concentration en oxygène et en sels nutritifs, indispensables à la survie des espèces. On observe déjà des migrations massives d’espèces vers des latitudes plus froides, bouleversant l’équilibre des écosystèmes.

Parmi les autres conséquences dramatiques, la Fondation de la Mer cite l’intensification des vagues de chaleur marines, provoquant une mortalité massive de certaines espèces comme les coraux, l’acidification croissante des eaux qui fragilise les organismes à coquille, et l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements météorologiques extrêmes, tels que les inondations côtières.

Restaurer le vivant pour renforcer la résilience planétaire

L’Accord de Paris a fixé comme objectif de limiter le réchauffement bien en deçà de 2°C, idéalement à 1,5°C, seuil critique au-delà duquel la perte de certains écosystèmes (coraux, glaciers, banquise) pourrait devenir irréversible. Pour y parvenir, une réduction drastique des émissions de CO₂ est impérative, mais elle doit s’accompagner de solutions de restauration des milieux naturels, notamment marins.

Selon les études scientifiques, une reconstitution significative des écosystèmes marins reste possible d’ici 2050, à condition d’agir vite et fort. La Fondation de la Mer soutient activement des projets de restauration de puits de carbone naturels puissants, comme les herbiers marins et les mangroves. Une mangrove, par exemple, stocke environ trois fois plus de carbone par hectare qu’une forêt tropicale. De même, la protection des récifs coralliens, qui abritent 25 % de la biodiversité marine bien qu’ils ne couvrent que 0,1 % de la surface de l’Océan, est une priorité.

« L’Océan est une victime du réchauffement climatique mais c’est également notre principal allié pour y faire face. C’est le climatiseur de la planète. Aujourd’hui il atteint ses limites et nous en subissons les conséquences. Protéger l’Océan, c’est protéger notre climat et l’avenir de l’humanité. Il est vital d’en prendre conscience et de contribuer à sa sauvegarde », alerte Alexandre Iaschine, Directeur Général de la Fondation de la Mer.

À propos de la Fondation de la Mer

Depuis plus de 10 ans, la Fondation de la Mer (fondationdelamer.org) œuvre pour la protection des écosystèmes marins en mobilisant le grand public, les entreprises mécènes et les pouvoirs publics.

Elle identifie, soutient et accompagne des centaines d’acteurs de terrain engagés dans la protection de la biodiversité, la lutte contre les pollutions, la promotion d’une gestion durable des ressources et le soutien à la recherche. L’organisation développe également des ressources pédagogiques en partenariat avec l’Éducation nationale.

Son statut d’observateur au Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) lui confère une voix dans les grandes décisions internationales en faveur de l’Océan. Il est possible de suivre ses actualités sur LinkedIn (linkedin.com) ou via sa newsletter (www.fondationdelamer.org/newsletter).

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).