Passer au contenu principal

LE CASTELLET : Grand Prix de France – La Cour des com…

Partager :

LE CASTELLET : Grand Prix de France – La Cour des comptes épingle un gouffre financier à plus de 100 M€ d’argent public

Un rapport de la CRC révèle la gestion calamiteuse du GP de France, un fiasco financier de 102,9 M€ aux retombées économiques plus qu’incertaines.

Le retour de la Formule 1 au circuit du Castellet (Var) entre 2017 et 2023 laissera une trace indélébile, mais pas celle espérée. Dans un rapport accablant rendu public ce mercredi, la Chambre régionale des comptes (CRC) de Provence-Alpes-Côte d’Azur dresse le bilan d’un naufrage financier et d’une gestion défaillante, dont la facture totale pour l’argent public s’élève à plus de 102,9 millions d’euros pour seulement quatre éditions.

Un modèle économique structurellement déficitaire

Créé le 9 janvier 2017 pour orchestrer le retour du Grand Prix, le Groupement d’Intérêt Public (GIP) « Grand Prix de France-Le Castellet » était, dès sa conception, voué à l’échec financier. Le rapport de la CRC souligne un contrat léonin conclu avec le groupe britannique Formula One Management (FOM), propriétaire des droits commerciaux de la F1. Ce contrat imposait au GIP une redevance annuelle exorbitante de 23 millions de dollars, tout en le privant de l’essentiel des recettes commerciales les plus lucratives.

Pire encore, la billetterie, principale source de revenus du GIP, s’est révélée très insuffisante pour couvrir les coûts. Face à cette situation, les dirigeants du groupement ont opté pour une politique commerciale qualifiée de contre-productive par la CRC : au lieu d’augmenter les tarifs, ils ont décidé de baisser le prix des billets pour attirer plus de public, creusant ainsi davantage les déficits. Le modèle économique était donc, selon les termes du rapport, « structurellement déficitaire ».

Une facture colossale pour le contribuable

Le coût final pour les finances publiques est astronomique. Le rapport chiffre à 102,9 millions d’euros le montant total mobilisé. Cette somme se décompose en 63,5 M€ de subventions d’exploitation déjà versées par les collectivités membres (Région Sud, métropoles, départements), 3,7 M€ de l’État, auxquels s’ajoute un passif net colossal évalué à 35,7 M€ à la date du 30 juin 2025.

Le plus alarmant est que cet investissement massif n’a pas produit les effets escomptés. La CRC conclut que les « retombées économiques régionales » de l’événement ne sont absolument « pas avérées », jetant un doute sérieux sur la pertinence de l’engagement financier des collectivités.

Défaillances de gouvernance et décisions opaques

Le rapport pointe également de graves « défaillances » au sein des instances de gouvernance du GIP. Une « insuffisante implication des administrateurs » et une confiance aveugle accordée à l’équipe dirigeante ont permis d’approuver des déficits importants sans réel contrôle.

Plusieurs décisions posent question, notamment le financement, en août 2022, d’une étude pour un projet de Grand Prix à Nice à hauteur de 550 000 dollars, payée par le GIP du Castellet sans que ses administrateurs en soient informés. De plus, les magistrats financiers ont relevé que dix marchés, notamment pour des prestations de conseils juridiques et sportifs, ont été passés sans aucune publicité ni mise en concurrence, en infraction avec les règles de la commande publique.

Une liquidation coûteuse et en suspens

Dépourvu d’objet social depuis la fin du contrat avec la F1 en 2022, le GIP se trouve aujourd’hui dans une situation de blocage. Sa dissolution est enlisée dans des contentieux relatifs à la répartition du passif de 35,7 M€ entre les anciens membres. Cette « situation coûteuse d’attente », selon la CRC, continue de générer des frais, prolongeant l’agonie d’une aventure sportive qui a tourné au fiasco financier pour le contribuable.

Le rapport complet et les réponses des dirigeants concernés, dont Christian Estrosi et Renaud Muselier, sont disponibles sur le site de la Cour des comptes.

Pour consulter le rapport d’observations définitives : Rapport d’observations définitives sur la gestion du Groupement d’Intérêt Public « Grand Prix de France-Le Castellet », pour les exercices 2017 à 2023

via Presse Agence.