HYERES : Max BAUER : « Une justice qui exige l’exemplarité…
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HYERES : Max BAUER : « Une justice qui exige l’exemplarité doit commencer par l’appliquer à elle-même »
Pour l’affaire Lyhanna, des magistrats varois se sont rassemblés à Toulon pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une logique du bouc émissaire.
Max Bauer, ancien syndicaliste varois, ne cache pas sa colère : « Ils estiment que leur collègue, ainsi que les deux gendarmes sanctionnés, servent de fusibles, alors même que les moyens de la justice, bien qu’en hausse, restent selon eux encore insuffisants. Cette affaire ne pose pas seulement une question judiciaire. Elle pose une question politique majeure : celle de la capacité de l’État à faire respecter ses propres priorités lorsqu’il s’agit de protéger les enfants. Si la circulaire pénale donnant la priorité aux affaires impliquant des enfants victimes n’a pas été appliquée dans le traitement de plaintes visant Jérôme B., suspect dans l’enquête sur la mort de Lyhanna, alors il ne s’agit pas d’un simple incident de procédure. Il s’agit d’un manquement potentiellement grave, qui doit être regardé avec toute la rigueur nécessaire ».
L’ancien président de la Coordination Rurale du Var dénonce ce corporatisme indécent : « L’État ne peut pas multiplier les discours sur la protection de l’enfance tout en acceptant, dans les faits, des défaillances aussi lourdes. Une priorité affichée n’a de valeur que si elle est appliquée sans relâche, partout, et sans exception. Sinon, elle devient un slogan de plus, déconnecté de la réalité du terrain. Ce sujet appelle une réponse ferme. Si des fautes sont établies, elles doivent être sanctionnées sans délai. Les magistrats ne sont pas au-dessus des lois, et il n’existe aucune raison de leur accorder un traitement différent de celui exigé de tout autre responsable public. Le corporatisme n’a pas sa place lorsqu’il s’agit d’examiner des dysfonctionnements qui pourraient avoir eu des conséquences dramatiques. Il faut aussi avoir le courage de nommer le problème : en matière de protection des mineurs, l’idéologie du déni ou de l’auto protection institutionnelle ne peut plus servir d’alibi ».
Engagé dans la politique du territoire, ce pratiquant catholique de la paroisse de La Garde estime cette manifestation déplacée sinon indécente : « Ce que l’opinion attend, ce ne sont pas des explications qui prennent du temps, mais des actes, de la transparence et des sanctions lorsque la faute est avérée. Cette affaire doit donc marquer un tournant. Car une justice qui exige l’exemplarité des autres doit commencer par l’appliquer à elle-même ».
Photo PRESSE AGENCE.

