PARIS : Loi de Programmation Militaire – Le Sénat arr…
Partager :

PARIS : Loi de Programmation Militaire – Le Sénat arrache un compromis budgétaire mais Cédric Perrin alerte
Le Sénat obtient une anticipation de 1,2 Md€ pour le budget 2028 de la défense, mais son rapporteur dénonce une solution à enveloppe constante.
La commission mixte paritaire (CMP), réunissant députés et sénateurs, est parvenue à un accord ce mardi 23 juin 2026 sur le projet de loi d’actualisation de la Loi de Programmation Militaire (LPM). À l’issue des négociations, le Sénat a obtenu une révision de la trajectoire budgétaire, mais le compromis laisse un goût d’inachevé face à l’urgence des enjeux stratégiques.
Concrètement, l’accord prévoit d’anticiper 1,2 milliard d’euros de crédits initialement prévus pour des années ultérieures sur l’annuité 2028. Cette manœuvre vise à accélérer la montée en puissance des armées face à un contexte international de plus en plus tendu. Cependant, cette augmentation pour 2028 se fera à « enveloppe constante », ce qui signifie que les budgets alloués pour 2029 et 2030 seront diminués d’autant. Il ne s’agit donc pas d’une rallonge budgétaire globale, mais d’un simple lissage des crédits sur la période.
Un compromis jugé insuffisant face à la menace
Pour Cédric Perrin, Président (Les Républicains) de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées et rapporteur du texte pour la chambre haute, cette solution n’est pas à la hauteur des défis. S’il salue l’avancée obtenue, il ne cache pas ses profondes réserves sur une méthode qui, selon lui, ne fait que reporter le problème.
« Naturellement, je regrette que cette amélioration se fasse à enveloppe constante, car elle reporte le problème à plus tard. Notre commission avait plaidé pour accélérer l’effort, parce que la menace est là et que le temps presse. Force est de constater qu’il n’y a pas, aujourd’hui, une majorité de parlementaires français pour tirer les conséquences du contexte stratégique dans lequel nous vivons désormais. Espérons que les événements ne nous le fassent pas payer très cher », a-t-il déclaré dans un communiqué.
Des garde-fous pour protéger la trajectoire
Au-delà de ce réaménagement calendaire, le Sénat a également obtenu l’intégration de plusieurs mécanismes de protection budgétaire. Portées par le sénateur Dominique de Legge, ces dispositions visent à sanctuariser la trajectoire financière de la LPM contre les aléas de la gestion budgétaire de l’État.
Ces nouvelles clauses prévoient notamment de mieux compenser les surcoûts imprévus liés aux opérations extérieures (OPEX), qui pèsent souvent lourdement sur le budget des armées. Elles visent également à prémunir les crédits de la défense contre les « gels » budgétaires décidés en cours d’année par le gouvernement pour maîtriser les finances publiques. Enfin, le coût du remplacement des matériels et équipements perdus ou cédés lors d’opérations sera mieux pris en compte, garantissant ainsi le maintien des capacités opérationnelles.
Prochaines étapes parlementaires
Le texte issu de la commission mixte paritaire va maintenant devoir être formellement adopté par les deux chambres du Parlement. Le Sénat se prononcera sur les conclusions de la CMP le 30 juin prochain, suivi par l’Assemblée nationale qui examinera le texte le 1er juillet 2026. L’issue de ces votes entérinera définitivement cette nouvelle trajectoire pour les forces armées françaises.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

