PARIS : Marc SANCHEZ (SDI) : « Qui travaille et qui paie lo…
Partager :

PARIS : Marc SANCHEZ (SDI) : « Qui travaille et qui paie lorsque l’entreprise compte trois salariés ? »
Le Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI) s’alarme d’un projet de « congé climatique », jugé inapplicable et dangereux pour la survie des petites entreprises.
Face aux propositions visant à instaurer un « congé climatique » autorisant les salariés à s’absenter lors des pics de chaleur, le Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI) tire la sonnette d’alarme. Tout en reconnaissant la nécessité de protéger la santé des travailleurs, l’organisation patronale juge qu’un nouveau droit à absence généralisé serait économiquement insoutenable pour les plus petites structures, qui constituent l’essentiel du tissu économique français.
Un risque de paralysie pour les petites structures
Le cœur de l’inquiétude du SDI réside dans la réalité opérationnelle des très petites entreprises. Contrairement aux grands groupes, une TPE ne dispose pas des mêmes ressources pour gérer les absences imprévues. Dans une structure de trois ou quatre personnes, l’absence d’un seul salarié représente une perte de 25 % à 30 % de la force de travail disponible. Une situation qui peut rapidement paralyser l’activité d’un artisan, d’un commerçant ou d’une profession libérale.
Le syndicat souligne que ces entreprises fonctionnent sans service de ressources humaines dédié, sans vivier de personnel de remplacement mobilisable rapidement et avec des marges de manœuvre organisationnelles et financières très limitées. La création d’un droit automatique à s’absenter ferait donc peser un risque disproportionné sur leur pérennité, sans mécanisme de compensation viable.
« Une mesure pensée pour les grandes organisations »
Pour Marc Sanchez, secrétaire général du SDI, ce projet illustre une déconnexion entre les décideurs politiques et la réalité du terrain des TPE. Il dénonce une mesure qui semble calibrée pour les grandes organisations, au mépris des spécificités des plus petites.
« Les TPE sont les premières exposées aux conséquences du changement climatique, mais elles ne peuvent pas devenir la variable d’ajustement de chaque nouveau dispositif social. Avant de créer un congé climatique, il faut répondre à une question simple : qui travaille et qui paie lorsque l’entreprise compte seulement trois salariés ? », déclare Marc Sanchez, secrétaire général du SDI.
« Une mesure pensée pour les grandes organisations peut devenir ingérable dans une boulangerie, un commerce de proximité, un atelier artisanal ou un cabinet libéral. Les réalités des TPE doivent être prises en compte dès l’origine des textes », ajoute-t-il.
Privilégier la prévention et des solutions ciblées
Le SDI rappelle que les employeurs sont déjà soumis à des obligations légales strictes en matière de prévention des risques liés aux fortes chaleurs, avec des réglementations récemment renforcées imposant des adaptations concrètes des conditions de travail.
Plutôt que la création d’un nouveau droit uniforme, le syndicat appelle à privilégier des solutions pragmatiques et déjà existantes, comme l’adaptation des horaires ou l’aménagement des postes. Si des mesures supplémentaires s’avéraient nécessaires, le SDI suggère d’orienter la réflexion vers des dispositifs ciblés, spécifiquement dédiés aux métiers les plus exposés. De telles aides devraient, selon l’organisation, être activées sur décision des autorités compétentes et adossées à des mécanismes assurantiels adaptés, afin de ne pas laisser les TPE seules face à cette nouvelle charge.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

