STRASBOURG : Pierre KLEIN (ICA) à Georges BISCHOFF : « Vous…
Partager :

STRASBOURG : Pierre KLEIN (ICA) à Georges BISCHOFF : « Vous n’aimez pas l’Alsace »
L’ICA, par la voix de son président Pierre Klein, accuse l’historien Georges Bischoff de défendre une vision jacobine niant l’identité alsacienne.
Dans une lettre ouverte au vitriol publiée le 18 juin 2026, l’Initiative Citoyenne Alsacienne (ICA) s’attaque frontalement à l’historien Georges Bischoff, suite à la parution de son dernier pamphlet. Signé par son président Pierre Klein, le texte accuse l’universitaire de promouvoir une vision politique qui étouffe la singularité alsacienne au nom d’un universalisme républicain dévoyé. Reprenant à son compte une remarque attribuée au professeur Bernard Vogler, le président de l’ICA lance une charge sans équivoque : « Georges, vous n’aimez pas l’Alsace ».
Le « national-républicanisme » en accusation
Au cœur de la critique de l’ICA se trouve le concept de « national-républicanisme », une idéologie que l’association attribue à Georges Bischoff. Selon Pierre Klein, cette conception politique cherche à « étouffer les différences culturelles et à imposer une uniformité ainsi qu’une homogénéité au sein de la communauté nationale ». Elle défendrait un État-nation rigide, caractérisé par « un amalgame entre l’État et la nation, la nationalité et la citoyenneté, la culture nationale et la culture politique ».
Pour l’ICA, cette vision présente une France repliée sur elle-même, une « francité » définie par l’unicité de sa langue et de son histoire, qualifiée de « national-communautarisme ». L’universalisme revendiqué par ses tenants ne serait en réalité qu’un « uniformisme » où l’intégration se mue en assimilation pure et simple. L’association dénonce une forme de nationalisme qui, en affirmant la prédominance de l’intérêt national unitaire, nie de fait la richesse des composantes qui forment la nation.
Une identité alsacienne menacée d’effacement
Les conséquences d’une telle philosophie pour l’Alsace seraient, d’après la lettre, désastreuses. En considérant la nation uniquement dans son unicité, les nationaux-républicains « s’interdisent de concevoir l’identité nationale comme étant une et plurielle ». Cette posture reviendrait à rejeter les identités régionales « en dehors du collectif, dans le magma du non-dit, l’approximation du non travaillé et le confinement de l’intimité ».
Pierre Klein dénonce une vision où les cultures régionales sont tout au plus tolérées comme un élément du « patrimoine », mais jamais reconnues comme des entités vivantes, dotées d’une « existence pleine et entière dans la société française d’aujourd’hui et de demain ». Dans cette logique, la région n’est qu’un simple espace administratif, un « clone de “territoire” neutre d’histoire et de cultures propres », que l’on peut redessiner ou fusionner « selon la bonne volonté du prince, sans tenir compte de réalités spatiales et sans demander l’avis à personne », une allusion claire à la création de la région Grand Est.
Plaidoyer pour une Alsace rhénane et ouverte
Face à ce qu’elle qualifie de « rêve loufoque d’une Alsace ratatinée », l’ICA oppose sa propre vision. Pour Pierre Klein, il s’agit « d’aimer l’Alsace pour ce qu’elle est, c’est-à-dire elle-même ». L’association rappelle que l’identité alsacienne est d’abord géographique : ni une fin de terre française, ni une simple périphérie, mais un carrefour, « l’extrémité occidentale de la Mitteleuropa ». De cette situation découlerait la « rhénanité », caractéristique fondamentale de l’Alsace.
L’ICA plaide pour une région « ouverte au monde qui l’environne, qui vit, qui doit pouvoir vivre à 360 degrés ». Loin de tout repli identitaire, le projet est de faire de l’Alsace le lieu où les cultures française et allemande, qui s’y sont tragiquement affrontées, peuvent à nouveau se rencontrer et se féconder mutuellement.
« Le temps est à la résilience », conclut Pierre Klein.
Pour l’association, cette ambition passe impérativement par « la mise en œuvre du bilinguisme français-allemand standard et dialectal et des cultures qui s’y rattachent ». Une condition sine qua non pour affirmer ce que l’ICA considère comme une évidence : une identité pleinement française, mais résolument alsacienne.
Pour plus d’informations sur la position de l’association, consulter son site internet : https://www.ica.alsace.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

