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STRASBOURG : Pierre KLEIN (ICA) : « Georges, vous n’aimez pas l’Alsace »
Dans une lettre ouverte à l’historien Georges Bischoff, l’Initiative Citoyenne Alsacienne dénonce une vision jacobine niant l’identité régionale.
Suite à la récente parution de l’ouvrage de l’historien Georges Bischoff, « L’affaire du « bendele » ou le rêve loufoque d’une Alsace ratatinée et confite dans le rot un wiss », l’Initiative Citoyenne Alsacienne (ICA) a réagi vivement. Dans une lettre ouverte au ton offensif, son président Pierre Klein accuse l’auteur de promouvoir une vision « nationale-républicaine » qui étoufferait l’identité alsacienne au profit d’une uniformité culturelle.
Le « national-républicanisme » en accusation
L’ICA articule sa critique autour du concept de « national-républicanisme », une idéologie qui, selon l’association, chercherait à « étouffer les différences culturelles et à imposer une uniformité ainsi qu’une homogénéité au sein de la communauté nationale ». Pierre Klein qualifie ainsi Georges Bischoff de « national-républicain », l’inscrivant dans un courant jacobin qui amalgamerait État et nation, et refuserait toute réforme de peur d’affaiblir la République.
Pour l’association, cette conception aboutit à une vision fermée de la France, une « francité repliée », définie par une langue et une histoire uniques, qui s’apparenterait à un « national-communautarisme ». Pierre Klein estime que les tenants de cette vision sont en réalité les porteurs des maux qu’ils dénoncent.
« Ils ne s’abstiennent pas d’accuser les défenseurs des identités régionales de repli identitaire. En cela, ils font une belle projection et sont en réalité les porteurs des maux dont ils les affublent ».
Selon l’ICA, cette approche relègue les cultures régionales au rang de simple patrimoine, sans leur accorder « une existence pleine et entière dans la société française d’aujourd’hui et de demain ».
Plaidoyer pour une identité alsacienne ouverte et rhénane
Face à ce qu’elle dénonce, l’Initiative Citoyenne Alsacienne défend une autre conception de la nation, la « nation subjective », fondée non sur des données objectives mais sur « le sentiment d’appartenance et la volonté durable d’un vécu et d’un agir communs ». Dans cette optique, l’identité nationale est à la fois « une et plurielle », capable d’intégrer pleinement ses composantes régionales.
L’association rappelle que l’identité de l’Alsace est avant tout géographique et culturelle, marquée par sa « rhénanité ». Elle ne se conçoit pas comme une simple « extrémité orientale de la France », mais aussi comme « l’extrémité occidentale de la Mitteleuropa ».
« Aimer l’Alsace, c’est aimer une région ouverte au monde qui l’environne, qui vit, qui doit pouvoir vivre à 360 degrés et en vivre », écrit Pierre Klein.
Cette position unique aurait permis à l’Alsace d’être le lieu de rencontre et de fécondation des cultures française et allemande, un atout majeur pour la région comme pour la France.
Un appel à la résilience et au bilinguisme
En conclusion, la lettre ouverte est un appel à la « résilience ». Pour l’ICA, il est temps que l’Alsace retrouve pleinement conscience d’elle-même, en dépassant les inhibitions du passé. Cela passe, selon Pierre Klein, par une dénonciation du « national-républicanisme » au profit d’un « postnationalisme » respectueux des diversités.
La clé de cet épanouissement résiderait dans la mise en œuvre concrète et ambitieuse du bilinguisme.
« Aimer l’Alsace, cela suppose (…) la mise en œuvre du bilinguisme français-allemand standard et dialectal et des cultures qui s’y rattachent ou qu’il porte, c’est-à-dire une identité de France, alsacienne en l’occurrence ! », conclut le président de l’ICA.
L’Initiative Citoyenne Alsacienne, présidée par Pierre Klein, milite pour cette reconnaissance identitaire et culturelle.
La lettre ouverte est disponible dans son intégralité sur le site de l’association (www.ica.alsace)
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

