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PARIS : Guillaume NESA : « Le dépistage en entreprise doit…

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PARIS : Guillaume NESA : « Le dépistage en entreprise doit allier technologie et cadre légal »

La proposition de généraliser les tests salivaires relance le débat sur la prévention des addictions, un enjeu de sécurité majeur pour les entreprises.

La récente déclaration de Sébastien Lecornu sur une possible généralisation des tests de dépistage salivaires pour les fonctionnaires et les salariés du secteur privé a ravivé un débat complexe, à la croisée du droit du travail, de la santé publique et de l’impératif de sécurité. Si la proposition soulève des questions juridiques, elle met surtout en lumière les défis auxquels les entreprises sont déjà confrontées en matière de prévention des conduites addictives. Pour les experts du secteur, l’enjeu n’est plus de savoir s’il faut agir, mais comment le faire de manière efficace, équitable et technologiquement adaptée.

Une obligation de sécurité déjà en place

Le dépistage en milieu professionnel n’est pas un sujet nouveau. Dans le cadre de leur obligation de sécurité de résultat, de nombreux employeurs, notamment dans les secteurs à haut risque comme les transports, la logistique, le BTP, l’industrie ou l’énergie, ont déjà mis en place des dispositifs de contrôle. Ces mesures, encadrées par le Code du travail et le règlement intérieur, visent principalement à prévenir les accidents liés à la consommation d’alcool ou d’autres substances sur des postes dits « de sûreté et de sécurité ». Elles ont pour objectif de protéger non seulement le salarié concerné, mais aussi ses collègues et les tiers. L’enjeu est donc à la fois humain et économique, tant les conséquences d’un accident peuvent être dramatiques.

De l’éthylotest connecté aux nouvelles substances

Spécialiste de ces solutions depuis plus d’une décennie, la société Olythe accompagne les entreprises dans cette démarche de prévention. Son cofondateur, Guillaume Nesa, observe une évolution rapide des besoins et des technologies. L’entreprise, qui a développé OCIGO, un éthylotest connecté de haute précision utilisé par de nombreux employeurs pour sécuriser les postes sensibles, souligne la complexité croissante de la question.

« Le débat public se concentre sur le « oui » ou le « non » au dépistage, mais pour les entreprises, la réalité est plus nuancée. Il s’agit de trouver le juste équilibre entre prévention, sécurité et respect des libertés individuelles », analyse Guillaume Nesa.

« La question n’est plus seulement de savoir s’il faut dépister, mais surtout comment le faire de manière efficace et juste. Quelles substances cibler ? Avec quelles technologies fiables ? Et surtout, dans quel cadre réglementaire clair pour protéger à la fois les salariés et l’entreprise ? », poursuit-il.

Le défi des nouvelles addictions et des cadres réglementaires

L’un des défis majeurs est l’émergence de nouvelles consommations, qui échappent parfois aux outils de dépistage traditionnels. Le protoxyde d’azote, ou « gaz hilarant », en est un exemple préoccupant. Ses effets sur la vigilance et les réflexes posent de réels problèmes de sécurité, poussant les acteurs technologiques à innover. Olythe travaille ainsi en collaboration avec plusieurs forces de l’ordre européennes pour développer des outils capables de détecter ces nouvelles substances.

Cette course technologique met en exergue la nécessité d’une adaptation constante du cadre légal. La généralisation des tests, telle qu’évoquée par le gouvernement, ne pourra se faire sans une définition précise des substances à rechercher, des méthodes de contrôle validées, des postes concernés et des garanties offertes aux salariés. Pour les entreprises, la clarté réglementaire est la condition sine qua non d’une politique de prévention efficace et sereinement appliquée. Le débat ne fait que commencer.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).