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PARIS : Hugues PINGUET : « Être dyslexique est un atout pou…

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PARIS : Hugues PINGUET : « Être dyslexique est un atout pour diriger une entreprise »

Le fondateur de l’agence Glory Paris, Hugues Pinguet, démontre dans une tribune comment la dyslexie forge des compétences managériales essentielles.

Et si la dyslexie, souvent perçue comme un obstacle dans le monde professionnel, était en réalité une force pour entreprendre et diriger ? C’est la thèse audacieuse que défend Hugues Pinguet, fondateur et CEO de l’agence de publicité indépendante Glory Paris. Dans une tribune où il partage son expérience de dirigeant dyslexique, il déconstruit les préjugés et met en lumière comment les troubles « dys » peuvent forger des leaders agiles, résilients et créatifs.

Loin de l’image d’un parcours semé d’embûches, il propose une relecture de cette particularité neurologique, la présentant comme un terreau fertile pour des compétences managériales de premier plan.

« Le marché du travail pour un dys est un champ de mines », affirme-t-il d’emblée, avant de nuancer. « J’ai eu la chance de faire de ma différence une vocation. J’ai choisi d’entreprendre. Ou peut-être est-ce l’entreprise qui m’a choisi ».

De la contrainte naît l’agilité

Pour Hugues Pinguet, la première force des dyslexiques réside dans leur capacité à naviguer en dehors des sentiers battus. Confrontés en permanence à des obstacles, ils développent une flexibilité cognitive et une aptitude à trouver des solutions alternatives qui s’avèrent cruciales dans le monde des affaires.

« Pour un dyslexique, la ligne droite n’existe pas. On contourne, on passe par la porte dérobée, on évite les chemins tout tracés », explique-t-il.

Cette compétence, longtemps sanctionnée par le système scolaire, est aujourd’hui plébiscitée par les entreprises. Le World Economic Forum, dans son rapport « Future of Jobs Report 2025 », classe d’ailleurs la résilience et la flexibilité parmi les dix compétences les plus critiques. De même, l’échec, compagnon de route précoce pour un « dys », devient une leçon de persévérance.

« La chute n’est pas un échec. L’échec, c’est renoncer à se relever », insiste le dirigeant.

« La persévérance n’est pas le lot de consolation de ceux qui ne gagnent pas du premier coup. Plutôt ton meilleur avantage concurrentiel pour l’emporter au prochain essai ».

Savoir déléguer, une compétence clé

Une autre compétence distinctive, selon Hugues Pinguet, est l’art de la délégation. Conscients de ne pas pouvoir tout maîtriser seuls, les dyslexiques apprennent très tôt à s’entourer et à faire confiance, une qualité que de nombreux dirigeants peinent à acquérir.

« Il n’y a point d’homme-orchestre chez les dys. Très tôt, il nous faut intégrer l’idée qu’on doit s’appuyer sur ceux qui lisent juste. Non par faiblesse, mais par lucidité », analyse-t-il.

Il appuie son propos sur une étude de Julie Logan, chercheuse à la Cass Business School de Londres, qui révèle que 35 % des petits patrons américains se déclarent dyslexiques, contre seulement 10 % dans la population générale. L’explication, selon l’étude, réside précisément dans cette capacité innée à déléguer pour se concentrer sur ses propres points forts.

Créativité et intelligence situationnelle

Dans un monde en perpétuel changement, la capacité à improviser est un atout majeur. Hugues Pinguet souligne que la pensée créative et la résolution de problèmes complexes sont des forces cognitives surreprésentées chez les personnes dyslexiques, comme l’identifie un rapport de « Made By Dyslexia » co-publié avec KPMG en 2019.

À cette créativité s’ajoute une perception accrue des dynamiques non verbales, qualifiée par les chercheurs d’« intelligence situationnelle ».

« Quand les mots dansent, les espaces entre eux vibrent. Un dyslexique sait mieux lire les tensions, les vides habités. Et comprendre les enjeux du dialogue sans forcément déchiffrer les lettres », décrit-il.

Alors que l’INSERM estime que 5 à 10 % des écoliers en France sont dyslexiques, cela représente un vivier de futurs professionnels dotés d’une capacité d’écoute et d’analyse particulièrement précieuse. Pour Hugues Pinguet, la conclusion est claire : la neurodiversité n’est pas un handicap à compenser, mais une richesse à valoriser.

« Comme toute difficulté, elle fabrique aussi de la résilience, de l’agilité, de la capacité managériale et du jeu collectif. Un combo parfait pour quiconque se sent pousser des ailes de boss », conclut-il.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).