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PARIS : Charles DEPLANQUE : « Le TEM ne peut plus être un simple centre de coûts »
Face à la consolidation du marché télécom, Saaswedo alerte sur le rôle désormais stratégique du Telecom Expense Management pour les entreprises.
Le paysage des télécommunications françaises est à la veille d’une transformation majeure. L’annonce, le 17 avril 2026, de l’entrée en négociations exclusives entre Orange, Bouygues Telecom, Free et SFR pour le rachat de ce dernier, valorisé à 20,35 milliards d’euros, redessine les contours du secteur. Pour les entreprises, ce passage de quatre à trois opérateurs n’est pas anodin et impose une révision profonde de la gestion de leurs actifs technologiques. Dans cette tribune, Charles Deplanque, Directeur Marketing (CMO) de Saaswedo, analyse les implications de ce bouleversement et appelle à un changement de paradigme.
Un marché télécom en pleine mutation
Le retour à trois opérateurs, s’il se confirme, devrait entraîner une hausse structurelle des tarifs, comme l’ont montré tous les précédents internationaux. En Autriche, une consolidation similaire avait provoqué une augmentation des prix de 20 à 90 %. En France, la tendance est déjà perceptible, avec une progression des forfaits mobiles de 17,4 % entre 2025 et 2026, avant même la finalisation de l’opération.
Pour les entreprises, les conséquences sont directes : renégociation forcée des contrats, redistribution des flottes mobiles et réévaluation des dépendances vis-à-vis des fournisseurs. Celles qui ne disposent pas d’une vision claire et consolidée de leur parc télécom risquent de subir ces changements de plein fouet, sans capacité d’anticipation.
Une gestion des coûts souvent dépassée
Trop souvent, la gestion des dépenses télécoms (Telecom Expense Management – TEM) est encore perçue comme un simple levier ponctuel d’économies, activé en période de tension budgétaire. Cette vision est un héritage d’un monde informatique centralisé qui n’existe plus. Aujourd’hui, les environnements sont distribués, multi-contrats et multi-pays.
Les chiffres publiés par le cabinet Gartner illustrent l’ampleur du problème : environ 80 % des factures télécom contiendraient des erreurs, générant un surcoût annuel de 12 à 20 %. Dans le même temps, plus de 40 % des dépenses cloud échapperaient au contrôle des Directions des Systèmes d’Information (DSI). Le marché mondial du TEM, estimé à près de 5 milliards de dollars en 2025, témoigne de l’importance croissante de cet enjeu.
« Le problème n’est pas de commencer par la réduction des coûts. Le problème est d’y rester », souligne Charles Deplanque.
Selon lui, cette focalisation exclusive sur les économies a enfermé le TEM dans une logique court-termiste, masquant son véritable potentiel stratégique.
Du pilotage tactique à la gouvernance stratégique
Un TEM moderne doit aller bien au-delà de la chasse aux coûts. Sa véritable valeur réside dans sa capacité à éclairer les décisions stratégiques en reliant les actifs, les usages, les coûts et les responsabilités. Il permet de répondre à des questions fondamentales : les services souscrits sont-ils adaptés aux usages réels ? Où se situent les risques invisibles de dépendance ou de continuité de service ?
Saaswedo, éditeur de logiciels spécialisé dans la gouvernance des dépenses technologiques et numériques, propose un cadre de maturité en trois niveaux pour accompagner cette transformation :
- Tactique : audit ponctuel, optimisation des coûts.
- Opérationnel : automatisation des processus, fiabilisation des données, garantie de la continuité de service.
- Stratégique : gouvernance partagée, pilotage des risques, arbitrages multi-pays et contribution aux objectifs ESG.
L’enjeu n’est plus seulement de savoir combien l’on économise, mais de comprendre ce que l’on pilote réellement.
La sobriété numérique, nouvel impératif
La dimension environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) s’impose désormais dans le pilotage technologique. Les obligations de reporting extra-financier, notamment via le Scope 3 du bilan carbone, exigent des entreprises qu’elles mesurent l’empreinte de leur parc numérique (terminaux, réseaux, data centers). Une telle mesure est impossible sans un inventaire précis des actifs et une analyse fine des usages, précisément ce que permet un TEM structuré. La sobriété numérique ne se décrète pas ; elle se pilote avec des données fiables.
Dans ce contexte de consolidation du marché et de complexité technologique croissante, les entreprises qui persistent dans un modèle de gestion archaïque s’exposent. Les vrais dangers ne sont pas les coûts visibles, mais les angles morts : services non maîtrisés, actifs oubliés, contrats obsolètes et non-conformité réglementaire.
« La question que chaque DSI et chaque direction financière devrait se poser aujourd’hui est la suivante : sommes-nous prêts à gouverner nos dépenses technologiques comme des actifs critiques, ou acceptons-nous d’en subir les angles morts ? », conclut Charles Deplanque.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

