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PARIS : Réforme des CEE – Le réseau Cler alerte sur un « détournement de l’objectif initial »
Face au projet gouvernemental de rebaptiser les CEE en « Certificats d’Électrification », le réseau Cler craint un abandon de la sobriété énergétique.
Le gouvernement envisage de réformer en profondeur le dispositif des Certificats d’Économie d’Énergie (CEE) pour soutenir son nouveau plan d’électrification des usages. Cette mesure, qui verrait les CEE renommés « Certificats d’Électrification », vise à accélérer la sortie des énergies fossiles. Cependant, le réseau Cler, acteur historique de la transition énergétique, alerte sur les risques d’un tel changement, qui pourrait détourner le dispositif de son objectif premier : la baisse globale des consommations d’énergie.
Un levier menacé
Si l’électrification des modes de chauffage et de transport est reconnue comme une étape nécessaire à la décarbonation, le réseau Cler insiste sur le fait qu’elle ne doit pas se faire au détriment des actions de sobriété et d’efficacité énergétique. Pour l’association, le dispositif actuel des CEE doit continuer de financer un large éventail de solutions afin de protéger durablement les ménages face à la volatilité des prix de l’énergie, que ce soit pour le logement ou la mobilité. Le risque, selon le réseau, est de privilégier le remplacement d’équipements sans traiter en amont le besoin de réduire la consommation à la source.
Flécher les aides vers les solutions les plus ambitieuses
Pour garantir un impact durable et socialement juste, le réseau Cler appelle le gouvernement à orienter plus strictement les CEE vers les opérations garantissant les plus fortes baisses de consommation. Trois axes prioritaires sont mis en avant :
- La rénovation énergétique globale des « passoires thermiques », en synergie avec le parcours accompagné de MaPrimeRénov’, ainsi que le déploiement de systèmes de chauffage performants, alimentés par des énergies renouvelables, dans les logements déjà partiellement isolés.
- Le financement de solutions alternatives à la voiture thermique individuelle, pour encourager un report modal et des mobilités plus sobres.
- Le renforcement des programmes de lutte contre la précarité énergétique, qui accompagnent les ménages et les territoires dans leur transition.
L’enjeu est de s’assurer que les plus fragiles ne soient pas les grands oubliés de cette nouvelle orientation politique.
« Le gouvernement doit mobiliser les CEE en complément du budget de l’État pour soutenir en priorité des solutions de baisse des consommations d’énergie auprès des personnes les plus vulnérables afin qu’elles sortent durablement de la précarité énergétique », explique Isabelle Gasquet, experte en efficacité énergétique au sein du réseau Cler.
Membre du Conseil Supérieur de l’Énergie, le réseau Cler a d’ores et déjà annoncé qu’il resterait particulièrement vigilant sur ces points lors des futures discussions et arbitrages concernant cette réforme majeure du dispositif.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

