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PARIS : Précarité – Le travail ne protège plus de la…

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PARIS : Précarité – Le travail ne protège plus de la faim, alerte le baromètre Andès 2026

Le 2ème baromètre Andès/Ipsos BVA révèle une intensification alarmante de la précarité alimentaire chez les travailleurs pauvres en France.

Avoir un emploi ne suffit plus pour se nourrir correctement. C’est le constat alarmant de la deuxième édition du « Baromètre national sur la vie quotidienne et l’alimentation des travailleurs pauvres », publié par Andès, l’Association Nationale des Épiceries Solidaires, et réalisé par l’institut Ipsos BVA. Si la proportion de travailleurs pauvres confrontés à des privations reste stable par rapport à 2025, l’étude de 2026 met en lumière une intensification préoccupante du phénomène : les restrictions deviennent plus fréquentes, plus sévères et tendent à s’installer dans la durée.

Les résultats font écho au travail quotidien des 635 épiceries solidaires du réseau Andès, où 43 % des personnes accompagnées sont aujourd’hui des travailleurs. Cette étude confirme que l’exercice d’une activité professionnelle ne constitue plus une protection suffisante contre la précarité et les difficultés d’accès à une alimentation de qualité.

Une précarité qui s’intensifie et devient chronique

Les chiffres de l’enquête, menée du 13 au 23 février 2026, illustrent une dégradation nette de la situation en un an. Désormais, 49 % des travailleurs pauvres déclarent être souvent contraints de se restreindre sur le plan alimentaire, contre 45 % en 2025.

Dans le détail, les privations sont multiples :

– 54 % restreignent leurs quantités de nourriture et ne peuvent pas manger à leur faim.

– 40 % doivent sauter plusieurs repas par semaine pour permettre à d’autres membres de leur foyer de se nourrir.

– 70 % s’alimentent essentiellement de féculents (pâtes, riz, pommes de terre).

– 68 % ne consomment pas suffisamment de fruits et légumes frais, une proportion en hausse de 5 points.

Pour faire face, 80 % des sondés ont dû diminuer l’ensemble de leurs postes de dépenses, y compris des postes vitaux comme le chauffage, les soins médicaux ou l’hygiène. L’alimentation, premier poste de dépense (65 %) devant le logement (61 %), apparaît ainsi comme la principale variable d’ajustement des budgets les plus modestes.

Les enfants et les familles monoparentales en première ligne

La situation est particulièrement critique pour les ménages avec enfants, et plus encore pour les familles monoparentales, majoritairement composées de femmes. Près de 37 % des parents restreignent les portions de leurs enfants (+3 points) et 24 % leur font sauter des repas.

Chez les familles monoparentales, les chiffres atteignent des sommets : 66 % des chefs de famille restreignent leurs propres rations et 54 % sautent des repas pour que leurs enfants puissent manger. L’impact dépasse l’alimentation : 82 % d’entre eux ont dû réduire souvent des dépenses vitales (+13 points en un an). Malgré les sacrifices des parents, les enfants subissent les conséquences : 67 % ne mangent pas assez de fruits et légumes, et 65 % sont nourris principalement avec des féculents.

« Le signal envoyé par ce baromètre est particulièrement inquiétant. Non seulement les travailleurs pauvres peinent à faire face à leurs dépenses essentielles, mais ils sont aussi de plus en plus nombreux à ne plus croire en une amélioration de leur situation », analyse Yann Auger, Directeur Général d’Andès.

« Lorsque trois quarts d’entre eux anticipent une précarité encore plus forte dans les mois à venir, nous ne sommes plus face à une difficulté passagère, mais à un véritable décrochage social », poursuit-il.

Un sentiment d’abandon face à des aides jugées inaccessibles

Le deuxième enseignement majeur de l’étude est un paradoxe inquiétant : alors que la situation se dégrade, le recours à l’aide alimentaire recule, passant de 36 % en 2025 à 32 % en 2026. Ce phénomène nourrit un profond sentiment de désarroi : 85 % des travailleurs pauvres se sentent abandonnés par les pouvoirs publics.

Près de 6 sur 10 estiment les aides inaccessibles à cause des effets de seuil, gagnant trop pour être éligibles mais pas assez pour s’en sortir. À cela s’ajoutent la complexité des démarches administratives et un sentiment de honte qui s’aggrave : 42 % des personnes en difficulté éprouveraient de la gêne à demander de l’aide, un chiffre en hausse de 10 points en un an.

Pourtant, pour ceux qui y ont recours, l’efficacité des dispositifs comme les épiceries solidaires est plébiscitée. 74 % de leurs bénéficiaires déclarent mieux gérer leur budget alimentaire et 72 % accéder à des produits frais de qualité. Des solutions existent, mais elles demeurent insuffisamment connues et accessibles pour un public de travailleurs de plus en plus fragilisé.

À propos d’Andès

Andès est l’Association Nationale des Epiceries Solidaires. Depuis plus de 25 ans, elle fédère, anime et développe sur tout le territoire français un réseau de plus de 630 épiceries solidaires. Celles-ci accompagnent chaque année plus de 260 000 personnes en leur permettant de reprendre la main sur leur alimentation et leur avenir.

Plus d’informations sur : https://andes-france.com

À propos de l’enquête

Cette enquête a été réalisée par Ipsos BVA pour Andès auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 travailleurs en situation de précarité et/ou de pauvreté, âgés de 18 à 67 ans. Les critères d’inclusion comprenaient le fait de travailler en CDD, intérim, apprentissage, temps partiel subi, et/ou de vivre sous le seuil de pauvreté. Le terrain s’est déroulé en ligne du 13 au 23 février 2026. L’étude complète est disponible sur demande auprès de l’association.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).