PARIS : Hugues PINGUET : « La dyslexie est un atout managér…
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PARIS : Hugues PINGUET : « La dyslexie est un atout managérial, pas un handicap »
Dans une tribune, le fondateur de l’agence Glory Paris, lui-même dyslexique, redéfinit ce trouble comme une source de compétences clés pour entreprendre.
Loin des clichés qui associent la dyslexie à un frein professionnel, Hugues Pinguet, fondateur et CEO de l’agence de publicité Glory Paris, propose un changement de paradigme. Dans une tribune engagée, il soutient que les caractéristiques cognitives des personnes « dys » constituent un vivier de talents pour le monde de l’entreprise et du management. Pour lui, ce qui est souvent perçu comme une difficulté est en réalité une école de formation intensive à des compétences aujourd’hui très recherchées.
Face à un marché du travail qu’il qualifie de « champ de mines », où chaque étape de recrutement peut virer à l’épreuve, de nombreux dyslexiques choisissent de créer leur propre emploi. Un choix qui, selon Hugues Pinguet, n’est pas un repli mais l’expression d’une vocation entrepreneuriale.
Des super-pouvoirs nés de la contrainte
Le dirigeant identifie cinq compétences fondamentales, forgées par la nécessité de contourner les obstacles liés à la dyslexie. La première est l’agilité mentale.
« Pour un dyslexique, la ligne droite n’existe pas. On contourne, on passe par la porte dérobée, on évite les chemins tout tracés », explique-t-il.
Cette flexibilité cognitive est aujourd’hui plébiscitée par les entreprises. Le World Economic Forum, dans son rapport « Future of Jobs Report 2025 », classe d’ailleurs la résilience et la flexibilité parmi les dix compétences les plus critiques pour l’avenir.
La deuxième force est une capacité innée à déléguer. Confrontés très tôt à leurs propres limites, les dyslexiques apprennent à s’appuyer sur les talents des autres, non par faiblesse, mais par lucidité. Une étude de Julie Logan, chercheuse à la Cass Business School de Londres, corrobore ce constat : 35 % des dirigeants de PME aux États-Unis se déclarent dyslexiques, contre seulement 10 % dans la population générale. Selon la chercheuse, cette surreprésentation s’explique par leur aptitude précoce à la délégation.
« Déléguer, ce n’est pas renoncer au contrôle. C’est choisir de faire confiance pour se concentrer sur ce que l’on maîtrise le mieux », souligne Hugues Pinguet.
Créativité, résilience et intelligence situationnelle
La créativité et la capacité à improviser sont également des atouts majeurs. Le rapport « Made By Dyslexia », co-publié avec KPMG en 2019, identifie la pensée créative et la résolution de problèmes complexes comme des forces surreprésentées chez les dyslexiques. Dans un monde professionnel en perpétuel changement, cette aptitude à créer sous contrainte devient un avantage concurrentiel indéniable.
La résilience face à l’échec est une autre compétence cardinale.
« La chute n’est pas un échec. L’échec, c’est renoncer à se relever », affirme le CEO.
Habitués dès l’enfance à gérer l’erreur, les entrepreneurs dyslexiques développent une ténacité et une persévérance qui leur permettent de naviguer dans les contextes économiques incertains. Enfin, Hugues Pinguet met en avant « l’intelligence situationnelle », cette capacité à décrypter le non-dit, à lire entre les lignes et à percevoir les dynamiques interpersonnelles. Dans un monde saturé d’informations, cette écoute fine est devenue aussi rare que précieuse.
Un plaidoyer pour la neurodiversité
En France, l’INSERM estime que 5 à 10 % des écoliers sont dyslexiques. Autant de futurs professionnels dont les modes de pensée alternatifs pourraient enrichir les entreprises. Pour Hugues Pinguet, la dyslexie n’est « ni magnifique, ni catastrophique », mais une particularité qui fabrique de la résilience, de l’agilité et un sens aigu du collectif. Un « combo parfait », conclut-il, pour quiconque aspire à diriger. Son témoignage est un appel à reconsidérer la neurodiversité non comme un problème à corriger, mais comme une richesse à cultiver au sein des organisations.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

