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PARIS : Feda WARDAK : « Raconter la résistance afghane par…

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PARIS : Feda WARDAK : « Raconter la résistance afghane par l’eau et les sous-sols »

L’artiste Feda Wardak dévoile « Ce que le ciel ne sait pas », une œuvre monumentale sur la résistance afghane par l’eau, présentée à Marseille et Paris.

Après un passage remarqué à Lyon début juin, l’œuvre plastique et chorégraphique « Ce que le ciel ne sait pas » de Feda Wardak arrive au Festival de Marseille. Mêlant architecture, danse et arts visuels, cette création met en lumière les luttes et les résistances de la société paysanne afghane face aux dynamiques impérialistes, à travers le prisme crucial de l’accès à l’eau. Le projet, fruit d’une longue recherche, se déploiera également à Paris en fin d’année, puis à la Fondation Cartier pour l’art contemporain.

L’artiste et architecte afghano-français Feda Wardak puise dans son histoire personnelle pour nourrir cette œuvre ambitieuse.

« Ce que le ciel ne sait pas s’appuie sur des recherches et une pratique de terrain que j’ai engagée depuis 15 ans, dans les pas de mes parents, de mes grands-parents et de mes ancêtres qui, depuis des siècles, sont installés dans un territoire rural appelé le district de Jeghatu — ils font partie d’une société paysanne qui vit du travail de la terre dans des zones très arides, où l’eau est un enjeu crucial », explique Feda Wardak.

Une enquête sur l’impérialisme et l’extractivisme

Au centre de la scène, une structure monumentale : un immense escalier en colimaçon sur trois niveaux, tournant sur son axe. Cette installation évoque la vis sans fin, un outil antique utilisé pour remonter l’eau, mais aussi, dans une version moderne et gigantesque, pour l’extraction des ressources minières. L’œuvre, activée par une performance chorégraphique de Saïdo Lehlouh, se veut une enquête sur les différentes formes d’extractivisme en Afghanistan : celui des sols (matières premières), des corps (exil, épuisement) et des identités culturelles (assimilation).

La création explore un même événement, comme une frappe de drone, selon trois perspectives spatiales : le ciel (espace de contrôle militaire), les sols (interface marquée par les cicatrices de la guerre) et les sous-sols (lieu de pillage mais aussi de résistance). Il s’agit de donner à voir le point de vue de l’oppressé, en rupture avec les récits dominants construits par l’oppresseur.

Le « karez », un savoir-faire millénaire au cœur de la résistance

Le projet met en lumière les « karez », un système d’irrigation souterrain utilisé depuis plus de 1 500 ans dans les zones tribales afghanes. Ces galeries, qui captent l’eau des nappes phréatiques, ont été massivement détruites par les bombardements des cinquante dernières années, notamment ceux de l’armée américaine. Leur effondrement a provoqué sécheresses et exodes, menaçant la survie des populations et la pérennité de savoir-faire ancestraux.

Depuis 2012, un réseau d’artisans, dont fait partie Feda Wardak, travaille à la restauration de ces voies d’eau. La vis sans fin redevient alors un outil de vie, permettant de forer des puits pour réalimenter les karez. L’œuvre de l’artiste met en tension ces deux usages du même outil : l’un symbole d’exploitation et de destruction, l’autre de résistance et de préservation culturelle.

Un projet protéiforme, de la scène au musée

« Ce que le ciel ne sait pas » est l’une des pièces maîtresses d’un répertoire plus vaste intitulé « Chercheurs d’eau ». Ce corpus vise à construire des contre-récits afghans, loin des clichés véhiculés par les forces d’occupation.

Ce travail se prolongera dès l’automne à la Fondation Cartier pour l’art contemporain à Paris, du 22 octobre 2026 au 28 février 2027, dans le cadre de l’exposition « Le temps des récoltes » de l’artiste ghanéen Ibrahim Mahama. Feda Wardak y présentera trois œuvres inédites faisant écho à son travail sur les karez.

« Ces œuvres se veulent être des contre-récits, en rupture avec les récits dominants impérialistes qui ont légitimé les invasions et occupations étrangères en Afghanistan », précise Feda Wardak.

L’artiste y dévoilera une installation vidéo (« De terre nous sommes, à la terre nous retournons, et de la terre nous reviendrons »), une installation plastique (« Supporter la terre, avant qu’elle ne s’effondre ») et un centre d’archives.

Agenda des représentations

Après les représentations à Lyon aux SUBS (du 4 au 6 juin), l’œuvre sera présentée du 16 au 18 juin à la Vieille Charité, dans le cadre du Festival de Marseille. Elle sera ensuite à l’affiche à la Grande Halle de la Villette du 17 au 19 décembre, dans le cadre du Festival d’Automne à Paris.

Un entretien complet entre Feda Wardak et la critique d’art Horya Makhlouf est disponible sur le site postculture.org (http://r.jigsaw.postculture.org/mk/cl/f/sh/1t6Af4OiGsFxgBDvXk7tsmPWr40n9V/pyJlGPxd0XI2).

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).